2Z2 RELATION HISTORIQUE
ne sçache que ce Jésuite qui ait parlé de cet oiseau.Ni le Pere Go-digno, ni le Patriarche Mendés, ni le Pere Tellés, ni ceux que cedernier cite,n’en ont fait aucun mention.
Si le rninga n’est pas l’oiseau du Paradis, il lui ressemble fort ; ilest vert Sc jaune. Sc de la grosseur d’un pigeon, il a les jambes sicourtes qu’on ne les voit jamais. II fe repose furies arbres dont ilmange le fruit. Lorfqu’il veut voler, il fe laisse tomber, Sc en tom-bant il déploie ses ailes, Sc fend les airs ; s’il pofoit à terre , il nepourroit fe relever. Quand il veut boire, il vole fur la surface deî’eau, Sc nes’arrête jamais.
On dit que dans le Mexique, il y a un oiseau qui n’a point depieds, les gens du pais rappellent cincoës ; il ne fe nourrit que de larosée du Ciel, son plumage est de diverses couleurs Sc d’une très-grande beauté ; les Indiens en font des tableaux avec tant de dex-térité Sc de délicatesse, que le plus habile pinceau ne fçauroitlesimiter que très-imparfaitement. Le curvanés a les ailes du plusbeau noir du monde, Sc le ventre d'un blanc à éblouir ; il a le coutrès-long , Sc au-dessus de la tête une grosse houpe toute noire, Scde cette houpe sort une efpece d’aigrette blanche haute d’une pal-me. Ses plumes sont toutes égales, il les épanouit comme le paon& la poule d’inde épanouissent leur queue ; il s’en fait une efpecede parassol. Les Caftes Sc les Ethiopiens estiment cet oiseau plusque tous les autres, Sc disent qu’il est le Roi des oiseaux.
QUATRIFME