L A C O-CHlSCHI-N E.
I4 MEMOIRES DE L’EGLISE.
va à son arrivée ; on fut contraint d’en établir encore deux
autres.
La plupart des autres Chrétiens du Pais font fort bons&: fort dévots. Ils rendent aux Prêtres un respect égal à ce-lui qu’ils ont pour le Roi, Sc ils témoignent le dernier em-pressement à les servir. Ils ont une profonde vénération pourles Images. Ils assistent au Sacrifice de P Autel avec un sigrand respect , qu’iîs font presque tous la face contre terredepuis l’élevation de la sainte Hostie , jusqu’à la fin de laMesse. Leur charité pour leurs freres, leur patience à souf-frir les injures &: les calomnies, &: la pureté de leurs mœurs,feroient rougir beaucoup de Chrétiens de l’Europe. Leyrpieté est si grande, qu’ils veulent tous avoir un petit Autel ouOratoire dans leurs maisons , qu’ils tiennent néanmoins ca-ché , à cause des persécutions qu on pourroit leur susciter.C est une pratique dont ils n’ont fait peut-être que changerle principe ; car les Païens y ont aussi chacun chez eux unAutel dédié à l’Esprit tutelaire de la maison , outre celui quiest élevé à l’Esprit tutelaire de chaque village dans une ca-bane particulière.
Enfin on peut dire que la haute estime que les Grands Scles Petits y ont de nôtre Religion , est un grand présage pourla Conversion entiers de ce Roïaume, Sc qu’il semble mêmeque ce changement ne tienne presque plus à rien. Tout lemonde est convaincu que les Missionnaires n’y demeurentque pour le seul interest de l’Evangile Sc du salut des âmes.Les Chrétiens y font voir tous les jours des prodiges de con-stance Sc de ferveur. Les Païens y goûtent nos Mystères Scla morale del’Evangile; Sc à la reserve de la multiplicité desfemmes q u il faut quitter , Sc de indissolubilité du mariage,qu’on a de la peine à leur persuader, on ne peut pas voirles esprits mieux disposez, qu'ils semblent letre; ni les Ou-vriers qui y travaillent, en plus beau chemin pour y réussir;puisqu ils font librement toutes leurs fonctions jufqu’aux extre-mitez du Roïaume, qu’ils y marchent publiquement en habitEcclésiastique par la tolérance du Roi, Sc à la veuë de tous lesGrands, qui les respectent autant que le peuple les honore.
Etat deí’Eguss
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RoÏAUM L
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L s n’ - on t pas moins de liberté à Siam , où ils-oat mêmebâti des Séminaires , des Eglises publiques &; des Hôpitaux;