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Memoires De L'Eglise, Ou L'On Voit L'État Présent Du Christianisme, tant en Europe, que dans les autres parties du monde, & toutes les revolutions qui y sont arrivées au sujet de la Religion Catholique / Jean Paul Abbé de la Roque ; Dédié à Monseigneur Francois de Harlay
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L A C O-CHlSCHI-N E.

I4 MEMOIRES DE LEGLISE.

va à son arrivée ; on fut contraint den établir encore deux

autres.

La plupart des autres Chrétiens du Pais font fort bons&: fort dévots. Ils rendent aux Prêtres un respect égal à ce-lui quils ont pour le Roi, Sc ils témoignent le dernier em-pressement à les servir. Ils ont une profonde vénération pourles Images. Ils assistent au Sacrifice de P Autel avec un sigrand respect , quiîs font presque tous la face contre terredepuis lélevation de la sainte Hostie , jusquà la fin de laMesse. Leur charité pour leurs freres, leur patience à souf-frir les injures &: les calomnies, &: la pureté de leurs mœurs,feroient rougir beaucoup de Chrétiens de lEurope. Leyrpieté est si grande, quils veulent tous avoir un petit Autel ouOratoire dans leurs maisons , quils tiennent néanmoins ca-ché , à cause des persécutions qu on pourroit leur susciter.C est une pratique dont ils nont fait peut-être que changerle principe ; car les Païens y ont aussi chacun chez eux unAutel dédié à lEsprit tutelaire de la maison , outre celui quiest élevé à lEsprit tutelaire de chaque village dans une ca-bane particulière.

Enfin on peut dire que la haute estime que les Grands Scles Petits y ont de nôtre Religion , est un grand présage pourla Conversion entiers de ce Roïaume, Sc quil semble mêmeque ce changement ne tienne presque plus à rien. Tout lemonde est convaincu que les Missionnaires ny demeurentque pour le seul interest de lEvangile Sc du salut des âmes.Les Chrétiens y font voir tous les jours des prodiges de con-stance Sc de ferveur. Les Païens y goûtent nos Mystères Scla morale delEvangile; Sc à la reserve de la multiplicité desfemmes q u il faut quitter , Sc de indissolubilité du mariage,quon a de la peine à leur persuader, on ne peut pas voirles esprits mieux disposez, qu'ils semblent letre; ni les Ou-vriers qui y travaillent, en plus beau chemin pour y réussir;puisqu ils font librement toutes leurs fonctions jufquaux extre-mitez du Roïaume, quils y marchent publiquement en habitEcclésiastique par la tolérance du Roi, Sc à la veuë de tous lesGrands, qui les respectent autant que le peuple les honore.

Etat deíEguss

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L s n - on t pas moins de liberté à Siam , ils-oat mêmebâti des Séminaires , des Eglises publiques &; des Hôpitaux;