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Mtiïttftr,
x% MEMOIRES DE L’EGLISE. ”
douce d’avoir chacune ses Sectateurs, cela ne causât quelquedésordre ou quelque broiiillerie dans l’Etat, fit qu’on lui eninspira une autre , qui dans la fuite devint funeste à la Reli-aion Chrétienne. Ce fut de suivre celle de ces deux Reli-gions dont les Docteurs arriveroient les premiers auprès defa personne. On l’y fit même engager par serment ; &: c’estce qui ruina cntiercment toutes les espérances qu’on avoitpu concevoir pour la propagation de la Foi dans ce Roïau-me ; car les longues remises, dont les Officiers de Malaca.uscrent pour une affaire de cette importance, qui demandoit ledernier empressement ,aïant donné lieu aux Prêtres de Maho-met d’arriver les premiers dans le Macaçar, quoi que Suma-tra soit bien plus éloignée que Malaca , le Roi se vit con-traint de sc faire circoncire pour ne pas violer son serment,& s’attirer la haine d’un grand nombre de fidèles Musulmans,dont on le menaçoit, qui ne laisteroienc pas impuni saisirontqu’il auroit fait à leur grand Prophète. La chose sc fit avec unegrande solemnité. Plusieurs de ses Courtisans se firent cir-concire avec lui. La plus grande partie du peuple le fut quel-ques jours âpres, U en moins d’un mois la Religion Maho-métane devint la Religion dominante du Pais.
On dit que le Roi, qui avoit toujours eu plus de penchantpour la Loi de Jesus-Christ que pour celle de Maho-met , se repentit de son serment à la vue des Caris, &: qu’àla solicitation des nouveaux Chrétiens , qui le prierent desuspendre l’execution de son dessein jusqu’à l’arrivée des Mis-sionnaires qu’ils attendoient incessamment, il eut l’adresse deles amuser pendant plusieurs jours de belles promesses ; maisenfin il salut subir la loi qu’il s’étoit imposée lui-même : Etlorsque quelque temps âpres ( quelques-uns disent trois ansentiers ) deux Missionnaires Jésuites arrivèrent à Macaçaravec les Vaisseaux Portugais, ils trouvèrent ce Prince si bonMusulman , qu’il ne voulut seulement pas les écouter, &.illeur parla de fa nouvelle Religion en des termes si avanta-geux , qu’il leur fit perdre d’abord toute espérance de le voirjamais embrasser la nôtre.
II en usa pourtant tres-bien avec eux , car non seulementil permit le negoceaux Marchands Portugais dans toutele-tenduë de son Roïaume, mais il leur donna même la liber-té d’y faire l’cxeixice public dc leur Religion : &: il eut tant