24 MEMOIRES DE UEGLISE.
--— Z u inutile à la Cour de l’Empereur de la Chine.
Macaçar Depuis ce temps-là l’Eglife a tout perdu dans le Macaçar.Les Chrétiens de Soppen, que les Rois de Macaçar onc vou-lu obliger plus d’une fois de se faire Mahométans, ont faitdoire de mourir en partie les armes à la main pour la dé-fense de la Foi , &. les autres font allez chercher un aziledans des terres étrangères, où l’on assure qu’ils ont vécu &:qu ils font morts en fort bons Chrétiens. Ainsi non feule-ment il ne reste plus aujourd’hui de Chrétiens dans toutes cesProvinces, mais on n’y voit même rien qui marque que leChristianisme y ait été autrefois reçu.
Madu*b’ O N s’est appliqué pendant long-temps fans aucun fruitconsidérable à prêcher la Foi a Maduré , qui est un petit Etatvers Bengale , soumis autrefois au Roi de Bisnagar. L’on a cepen-dant appris de divers endroits , & depuis peu par un Mission-naire François , qui avoir été à San-Thomê , que les chosesavoient enfin changé de face, par îe zele & la constance desJésuites Portugais qui y travaillent. Un deux qu’on avoitétabli Supérieur de cette Mission, aprés avoir long-temps im?ploré le secours du Ciel, faisant réflexion à rattachement dccette Nation pour les Bracmanes, ou Bramines , qui fontleurs Prêtres & leurs Religieux , jugea que s’il prenoit l’ha-bit de ces Bramines , &: qu’il vécût, a leur maniéré , il pourroits’attirer la confiance de ces peuples, & les gagner à Jesus-Christ. II communiqua ce dessein à ses Supérieurs , qui leproposèrent à la Congrégation de propagandajìde. Onl’exami-na à Rome, & fur ce qu on exposa aux Cardinaux que leshabits de ces Bramines n’étoient pas une marque de Reli-gion , mais d’une Noblesse & d’une qualité distinguée , ilspermirent à ce Pere , & à quelques autres Jésuites, qui ap-puïoient son sentiment, d'éprouver ce dernier moïen pour la■Conversion de ces peuples.
A’iant donc pris la marque des Bramines, ils commencè-rent à vivre comme eux. Ainsi parce que ces faux Religieuxne portent point de chaussure SL ne fe couvrent jamais latête, on vit depuis ce temps-la, ces jHommes Apostoliquesexposez fans Leste aux ardeurs du Soleil, qui font extraordi-naires en ce p aïs-là ; marcher les pieds & la tête nue fur lesfables brûlans, qui entrant dans les plaies que la chaleur