LIVRE PREMIER,. , 71
soit bien éloignée du Caldéen ordinaire. On la nomme en- “***core Langue Ethiopienne , quelque disserente qu’elle soit CopTïS -aussi de l’Ethiopien vulgaire.
COmme les Abyssins ont témoigne plusieurs fois de vou- R _loir te réunir avec l’Eglise Romaine , les Papes aussi de leur tions decôté ont tâché de tout tems de venir à bout de cette réii- LG S L *. S £ Bnion, fur tout depuis que les Abyssins fe furent séparez- de “mon*,'l'Eglise Grecque, 8 c qu’on eût établi un Métropolitain enEthiopie. Ils écrivoient quelquefois des Lettres de compli-ment Sc de civilité à ce Métropolitain , Sc àl’Empereur d’E-thiopie , pour entretenir du moins quelque correspondanceavec cette Eglise, qui dans son Schisme même , ÔC sa séparationd’avec l’Eglise de Rome a toujours reconnu le Pape , aussibien que l'Eglise d'Alexandrie, pour le premier de tous lesPatriarches.
Tous ces foins n ont pû cependant les faire résoudre a fesoumettre à fa jurisdiction, ni les obliger à reconnoître d’au-tre Supérieur fur ce fait, que le Patriarche d'Alexandrie.
Et l'on peut dire , qu’excepté les Ambassadeurs que Zera-Jacob envoïa à Eugene IV. fur la fin du Concile de Floren- 143?.-ce, il y avoit plus a’un siécle, qu’on n'avoir vu naître aucunfruit de toutes ces entreprises.
Cette Ambassade fut, à la vérité, fort illustre pour la Kc-Hist ztbiofcligion : Mais celle que le Roi de Portugal avoit envolée cn Lutll>l>Ethiopie, lui fut plus avantageuse. Car François Alvarez ,Aumônier de cette Ambassade, apporta au Pape ClementVII. des Lettres de la part du Roi David qui regnoit alors.
Ces Lettres lui furent présentées avec grand appareil en pre- ,fence de l’Etnpereur Charles-Quint ; St Alvarez en les ren-dant â fa Sainteté l’assura de 1 obéissance 8c de la soumissiondu Roi d’Ethiopie. Cette protestation plut extrêmement àClement; si bien que lorsque Jean Bermudes vint quelquetems aprés à Rome pour demander du secours contre lesAdeleens, qui avoient ruiné 8c presque entierement abbatules forces Sc la puissance du Roi David , non feulement' onlui en promit ; mais lorfqu’il eut fait connoîtreque Marc, Mé-tropolitain d’Ethiopie , l’avoit nommé 8c ordonné pour sonsuccesseur, le Pape qui étoit pour lors Paul III. ne fit pointde difficulté de confirmer cette Ordination,