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Memoires De L'Eglise, Ou L'On Voit L'État Présent Du Christianisme, tant en Europe, que dans les autres parties du monde, & toutes les revolutions qui y sont arrivées au sujet de la Religion Catholique / Jean Paul Abbé de la Roque ; Dédié à Monseigneur Francois de Harlay
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LIVRE PREMIER. 8r

d’hommes qu’on leur faisoit, ayant été abolis pour toujours, la m sR eligion Chrétienne y fut établie avec beaucoup de fuccez. R1 ^ H ,Elle y est; aujourd’hui professée avec tant d’éclat, que sui-vant un Manuscrit Espagnol, qui contient plusieurspiecessé-crétés LL authentiques , trouvées dans les Archives de laChambre des Comptes des Indes Occidentales, d’où l’on atiré tout ce qui fera dit ci-aprés, touchant l’état des EglisesEspagnoles de l’Amerique , l'on compte dans ce qui appar-tient à la Couronne d’Efpagne en ce nouveau Monde, cinqArchevêques, trente-huit Evêques, deux Abbez, &C un grandnombre d’autres dignitez Ecclésiastiques, qui ont en toucenviron deux millions huit cent quatre-vingt Ducats de re-venu , fans parler de plus de six mille Eglises, tant Parroif-siales, que Conventuelles qui ont leur revenu particulier. Cenombre d’Eglises dans l’Amerique est encore bien plus croïa-ble, que celui que Jean de Solerzano donne aux Eglises qui dese trouvent dans les Iíles Philippines aux Indes Orienta- jure md.les , qu’il fait aller au nombre de soixante-dix mille.

Un Professeur deLeipsic a cru, queles Apôtres avoient été ^ &è ^ iS Thprêcher l’Evangile dans l’Amerique, §2 qu’ilsy avoient passé à-rheoì de 'pié des Indes : II s’appuïe x°. fur ce passage du nouveau Testa- orac. ong.ment, qu’il prend à la lettre, que l’Evangile a été prêche partout le monde. z°. Sur le désir ardent que Dieu a de sauvertous les hommes. ;o. Et fur quelques vestiges du Christianis-me , qu’il dit que l’on a trouvez parmi ces Peuples barbares.

Mais comme nous n’avons point de tradition, ni de preuveparticulière de ce passage des Apôtres dans l’Amerique; quela raison de cet Auteur prise du désir ardent que Dieu a dusalut de tous les hommes, prouve trop, puisqu’elle prouve-roit que Dieu n’auroit pas laissé les Américains pendant plu-sieurs siécles auísi profonde de l’Evan-

gile, que on les a trouvez plongez en ces

derniers ces vestiges du Christianisme sont .

trop grossiers établir une vérité de cette im-portance , nous n’oscrions assurer la même chose. sement* - '

N D E l E-

Ous dirons seulement que la Foi fut plantée dans I e dans* lhnresii en particulier environ Pan mil cinq cens quarante, çntsn ,par six Peres de la Compagnie de Jésus, qui succédèrent à ® _ S ° N

des Religieux dc Saint François,lesquels avoient eu plus de PRE s]Tome /. L

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