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Memoires De L'Eglise, Ou L'On Voit L'État Présent Du Christianisme, tant en Europe, que dans les autres parties du monde, & toutes les revolutions qui y sont arrivées au sujet de la Religion Catholique / Jean Paul Abbé de la Roque ; Dédié à Monseigneur Francois de Harlay
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MEMOIRES DE L’EGLISE.core acquis un domaine Sc un Empire temporel 3c Monarchi-que. Mais pour le bien expliquer, il faut prendre les choses deplus loin.

Les Apôtres s’étant séparez pour porter l’Evangile à tou-tes les Nations du monde, ils se dispersèrent en differentesProvinces, selon que l’Efprit de Dieu les poussoir , Sc apparem-ment suivant le partage qu’ils avoient fait entr’eux dans 1 as-semblée qui fut tenue avant leur séparation. On ne peutregarder que comme un miracle Sc comme un effet de lapuissance divjne , l’accroissement prodigieux que 1’Eglise re-çut en peu de temps par leur moyen.

Les Villes Métropoles de l’Empire Furent les premieres ;qui reçurent la Foi. Les Apôtres, jugeant que la Religionse répandroit facilement dans toute í’étenduë des Provinces,quand elle feroit déja établie dans les Capitales, commencè-rent leur Mission par ces Villes qui donnoient la Loi aux au-tres. Les Eglises qu’ilsy fondèrent,ou immédiatement par eux-mémes, ou par ceux qu’ils y envolèrent, furent les meres Sc lesíuperieures des autres, qu’on établit dans les Villes dépendan-tes de ces Métropoles ; & les hommes Apostoliques qui les gou-vernèrent , conservèrent sur les Evêques de ces Villes inférieu-res Sc fur leurs Eglises,l’autorité Sc la jurifdiction qu’ils avoientacquise fur eux en les ordonnant Sc en leur donnant la Mis-sion.

De cette sorte ces Eglises reçurent toujours dans la fuite,,leurs Evêques de la main de celui qui templiffoit le Siège 1Métropolitain d’ou elles tiroient leur origine ; si bien que quoiqu’elles élussent leurs Evêques, le Métropolitain présidoit auxélections, Sc c’étoit lui qui avoir droit d’ordonner celui quiavoir été élu. II avoir auss droit de convoquer les Evêquesde fa dépendance, c’est à dire de fa Province, ou ( comme ona parlé depuis) les Evêques ses Sussragans, quand il lejugeoità propos pour le bien de l’Eglise ; Sc ces Assemblées s’appel-loient Conciles Provinciaux. Enfin il poiwoit revoir, exami-ner Sc reformer les Jugemens rendus par ces Prélats dansleurs Diocèses. C’étoient-là les principaux .droits dont joui-rent ces premiers Evêques, qui d’abord furent simplementappeliez Evêques des Métropoles ; Evêques des premiers Sié*ges, Sc enfin Archevêques*

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