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LIVRE SECOND. 53
Zonare &c Balsamon racontent la chose autrement, Scdisent que TEmpereur ordonna à l’Evêque de Rome & auxEvêques qui étoient avec lui, d’examiner les charges propo-sées contre Paul de Samosathe, & de le jetter hors de l’E-glifedcs Chrétiens, s’il avoit été justement déposé. De quel-que maniéré que la chose se soit passée, on voie toujours queles Païens même reconnoissoient une supériorité dans les Evê-que de Rome à 1 égard des autres Eglises particulières.
Outre cette dignité de Chef de VEglise ,qui donnoit à l’Evê-que de Rome une grande autorité dans toute l’Eglise , il avoircelle de Métropolitain , qui -étendoit sa Jurisdiction particu-lière sur tous les Métropolitains de l’Italie, des Provinces &des Istes voisines, comme l’Evêque d’Alexandrie exerça lasienne fur les Métropolitains de l’Egypte, de la Lybie & de laPentapole : &: celui d’Antioche fur les Métropolitains desquinze Provinces de l’Orient.
Dés le commencement du quatrième siécle,, les Métro-politains du ressort d’Alexandrie voulurent se retirer de ladépendance de leur premier Métropolitain. Chacun d’euxprétendit ordonner les Evêques' de fa Province indépendam-ment de l’Evêque d’Alexandrie. Le Concile de Nicée s'op-posa à leur entreprise, & confirma tous les pouvoirs des troisgrands Métropolitains , & principalement celui d’ordonnerles Evêques des Provinces soumises aux autres Métropoli-tains , selon qu’ils en étoient en possession. Cette contestationfut cause que l’Evêque d’Alexandrie assecta de se distinguerdes autres Métropolitains qui lui étoient soumis,par un titrenouveau &C inconnu jusqu’alors, qui marquât l’éminence deson rang audessus d’eux, & pour cet essec ii prit le titred 'Archevêque.
Le troisième Concile de Carthage jugeant que ce titreresserìtoit le faste & la domination du siécle , défendit à l'E-vêque d’Alexandrie de le prendre, fc voulut qu’il se conten-tât de celui d’Evêque du premier Siège. Néanmoins dansla suite des tems on s’accoûtuma à ce titre, &c le Concilememe Oecuménique d’Ephese le donna aux trois Evêquesdes premiers Sièges. II s’étendit après généralement à tousles Métropolitains, quoiqu’il n’ait pas été beaucoup usitéavant le septième siécle; il n’a même commencé à hêtre enFrance qu’environ l’an 7 4 4.
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