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Memoires De L'Eglise, Ou L'On Voit L'État Présent Du Christianisme, tant en Europe, que dans les autres parties du monde, & toutes les revolutions qui y sont arrivées au sujet de la Religion Catholique / Jean Paul Abbé de la Roque ; Dédié à Monseigneur Francois de Harlay
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LIVRE SECOND. ,67

sent obtenu fur l’Empereur Sigifmond &: sut les autres Prin- Eg L , s Eces d’Allemagne qui se mêlèrent dans leur querelle , des avan- d 'Au e-tages par lesquels ils prétendirent s’être aquis avec la liberté magn e.de Conscience, une liberté absolue une exemption entic-re de la sujétion de l'Allemagne ; la Bohême s’est détachéepeu-à-peu de l’Empire dont elle étoit un desprincipaux mem-bres. Cependant le Roy de Boheme étant toujours le premierElecteur Séculier , & cette Couronne étant aujourd’hui possé-dée par l'Empereur avec celle de Hongrie, on fait suivre or-dinairement ces deux Etats aprés l’Allemagne , & nous ob-serverons cet ordre dans la description de leurs Eglises.

Nous avons vu que celles de la Boheme dépendoientautrefois de l’Archevêché deMayence. La distance des lieu*fit souhaiter à tout le Roïaume, qu’elles relevassent de quel-que Métropole plus voisine, &c pour cet esset Innocent IILfut prié»par le Roi, d’en vouloir eriger une en Hongrie. L'Em-pereur Charles IV. cro'iant que la Boheme meritoit bien d’a-voir fa Métropole particulière, fit ériger l’Eglise de Pragueen Archevêché l’an 1344. avec cet avantage, que l'Arche- fi-ne**vêque joiiiroit de la prérogative que celui de Mayence avoir s!hem!^‘auparavant , de couronner les Rois de Boheme. ClementVI. donna en même tems à ce Métropolitain, le titre deLe-gat-né du Saint Siège, & dans la fuite il a pris la/jualité dePrimat & Prince du saint Empire Romain : Titre que Ma-thieu Ferdinand de Pilenberg élevé à cette Dignité en 1669.a porté ou repris le premier dans ce siécle. L’Archevêque dePrague ne rend pas hommage au Roi de Boheme, commele relie du Roïaume : II lui prête seulement le serment de fi-délité.

Les Vaudois ou Picards , les Wiidesistes, les Huílites ,les Taborites , les Luthériens & les Calvinistes ont infecté~ rour à tour de leurs erreurs la Boheme, & y ont causé d’é-tranges ravages.

Lc Vviclefisme y fut introduit environ l’an 1409. par un i°*-Cochh.G:ntil-homme de Boheme, qui revenant d’Oxfordod il s’é-toit laissé surprendre aux erreurs de Vviclef, avoir apporté Mneassiiv*à Prague quelques Livres de cet Hérésiarque. II fut suivi h Jfi‘ Sûhem -quelque tems aprés par un Anglois , nommé Pierre Peyne, n» b™v.lequel y apporta le plus pernicieux de tous, qui étoit celuide la Feritê. II ne manqua pas de le communiquer aux plus ùJpst.hift,