,68 MEMOIRES.DE L’EGLISE.
curieux : Sa lecture , avec celle des autres, sit glisser peu à peule venin de l’héresie dans la ville de Prague , Sc ils’y répanditensuite avec tant de fureur , que quelques foins que prît l’Uni-
E c t i s iï'Aliï-
M A G N I.
y vtclef. c. ver g t £ âe condamner Sc de faire connoître ces nouvelles er-v.'rit. j. reurs, elle ne put d’abord les étouffer : Sc elle vit même Jeanlíifi. »niv. jq us ? qui étoit un de fes plus célébrés Docteurs, les embraf-p 1J ' fer avec une chaleur extrême.
jEneas L’Archevêque Swinco Hafeimberg, homme d’uneillustresíiviushist. naissance, d’un rare savoir, d’un zele incomparable pour la9 * ' Foi, Sc d’un courage à ne rien craindre, quand il s’agissoitdu service de Dieu , &: des intérêts de l’Eglife , étant accou-ru à Prague d’où il étoit absent,aux premières nouvelles dece désordre, l’arrêta d’abord un peu par fa prudence &: parson autorité- 11 -sit même tous fes efforts pour ramener JeanHus Sc le faire rentrer dans son devoir ; mais cet Hérésiar-que fe votant appuie de la faveur de la Reine Sophie , quiétoit devenue fa Penitente , Sc ne craignant rien d’ailleursdu côté du Roy Vvenceflas qui étoit un Prince lâche, foible,fans autorité, Sc qui ne fe mettoit point en peine des affairesde la Religion , il rejetta opiniâtrement tous les foins charita-bles de l’Archevêque : Et ajoutant de nouvelles erreurs à cel-les de Vviclef , il eut l’impudence d’enfeigner toujours, SCdepréchei;publiquement les unes Sc les autres. Alors S w incovolant qu’il n’y avoir plus rien à ménager , imposa silence auxHussites aufquels il interdit la Chaire, Sc il tâcha d’abolir leursLivres en les faisant briller. Mais parce que Jean Hus conti-nuoit toujours de mépriser fes bons avis, Sc de ne pas obéirà fes ordres, il le poussa vigoureusement Sc le contraignit,malgré toute la protection de la Reine , de sortir de Pra-gue.
La mort de ce digne Prélat fut suivie d’un désordreencore plus grand, que celui qu’il avoir arrêté avec tant defermeté pendant fa vie ; car Jean Hus, aïant trouvé moïen deretourner à Prague , y fit revivre fes erreurs, Sc releva sonparti, qui devint plus fort Sc plus puissant que jamais : de-là vinrent, bien-tôt aptes , ces horribles troubles, ces Sa-crilèges , ces Séditions, ces Révoltés Sc ces sanglantes Guer-res , qui font les fuites ordinaires des hérésies, Sc qu’on peutvoir dans les Ecrivains des Histoires de Boheme Sc des Huf-sites.