LIVRE SECOND. 101
de la Primatie , auquel on appelle des Jugemens rendus parles Officiaux des Metroplitains sujets à.sa Primatie. Francs.*
C’est en quoi consistent aujourd’hui les fonctions de ladignité Primatiaíe. On doute si le Primat a droit d’en exer-cer dautres beaucoup moins considérables que celles-là , com-me de paroître en habits Pontificaux, Sc de faire porter de-vant lui la Croix Patriarchale dans toute l’étenduë de fa Pri-matie. Sans examiner quel est le Droit, nous pouvons rap-porter un fait singulier, par lequel on pourra juger de çe quiest en usage. L’an 1619. Louis de Marquemont, Archevêque rêvret,de Lyon, voulant faire honneur à PEglise Parroiffiale de saint J, r ^ té ‘j eEustache de Paris,dans laquelle il avoir été baptisé , désira A Hi ' hd’y celebrer la Messe Pontificalement : il en demanda, Sc enobtint la permission du Cardinal de Gondy, qui étoit alorsEvêque de Paris. Ce Prélat craignant que cette action faitepar son Primat ne passât pour un acte de jurisdiction, prittoutes les précautions nécessaires pour Pempécher. II fit dres-ser un Acte par le Curé de saint Eustache de la maniéré dontla chose s’étoit passée. Cet Acte porte, que l’Archevêque deLyon avant que de celebrer, a reconnu qu il ne le faisoit quepar la permission de l’Evêque de Paris, Sc non par aucun droitattaché à fa Primatie ; qu’effectivement il n’avoit pris que lesOrnemens ordinaires des Evêques, fans Pallium Sc fans CroixArchiépiscopale ; Sc qu’ensin il étoit monté en Chaire, Sc avoirprêché dans cette même Eglise, sans faire porter devant lui laCroix ni la Crosse.
Quant aux Chapitres de toutes ces Métropoles Sc de tou- c H A ptes les simples Cathédrales du Roïaume, il n’en est pas com- T res desme de ceux d’Allemagne, qui jouissent du droit d’élire leurs Eotl £“Evêques. Depuis le Concordat passé entre le Pape Léon X. d r ALe sSc le Roi François Premier l’an 1 y 1 y. l’ufage des Elections est o- Fran-aboli en France : nos Rois font renrrez dans le droit qui CE ‘avoir été possédé anciennement par leurs Prédécesseurs, denommer aux Evêchez Sc aux Abbaïes de leur Roïau-me, &: le Roi y nomme encore aujourd’hui en vertu dece Titre. Pour les autres Eglises qui font venues depuisce tems-là dans la dépendance de la France, ou par des Trai-tez particuliers, ou par le droit de conquête, le Roi nommeà quelques-unes en vertu des Induits que les Papes ont ac-Tome I. C c