£41 MEMOIRES DE L’EGLISE.
-la fie tomber dans le schisme.Elle y a persévéré avec tant dseB-
Mosco- fl-i nat ion, quelle n'a jamais voulu avoir commerce avec l’E-TIÏ ’ glise Romaine. Aprés le Concile de Florence, Isidore , Mé-tropolitain de Russie, étant allé en Moscovie comme Légatscion! 1*4. du Pape pour y publier l’Union, ces Peuples croîans, & sec. S í. plaignans qu’il les avoir vendus aux Latins, se saisirent defa personne comme d’un Séducteur , 1 e traitèrent d’Apostat &defeript. de traître, & le mirent en prison, d’où cependant il trouvas*rm. Evr. m 0 ïen de s’évader, le Ciel l’aïant réservé à une autre épreuveplus dangereuse. Si bien qu’il semble que les Moscovitesfassent aller de pair l’aversion qu’ils témoignent pour les La-tins, avec celle qu’ils ont naturellement pour les Juifs ; aussipermettent-ils toutes sortes de Religions, à la reserve de laCatholique, &; il n’y a seulement que deux ans qu'il s en ontpermis l’exercice, comme nous dirons en son lieu.
II y a dans la Moscovie, comme dans toutes les EglisesGrecques , un Primat ou Métropolitain, & des Evêques. IIy a long-tems que ce Métropolitain ou Primat de Moscovie,s’est soustrait de la dépendance du Patriarche de Constan-tinoble, par lequel il avoir coutume d erre confirmé. Autre-fois il étoit élu comme tous les autres Evêques de Moscovie,&; tiré du Corps des Religieux de l’Ordre de saint Basile j.aujourd’hui aprés qu’il a été élu ou nommé par le GrandDuc de Moscovie, il est sacré par deux ou trois Evêques duPais.
Le Métropolitain LL les seuls Evêques ont droit de con-sacrer & de bénir les Prêtres. Ceux-ci ont une si grande vé-nération pour leurs Prélats, qu’ils ne se couvrent jamais èreleur présence, estimant qu’ils doivent cette soumission & cetteforte de déférence au caractère Episcopal. Ils ne se mettentjamais à table qu’à leur gauche; &i ils croiroienr avoir fait ungrand péché, s’ils s’étoient mis à une autre place. Ils obser-vent encore par respect, de n’y manger d’aucun mets que l’E-vêque n’y ait touché le premier ; & ils disent agréablementlà-dessus ces paroles de l’Evangile, le fils ne fait rien qu’ìl n’aitvâ faire à son pere.
Ces Prêtres ne disent point la Messe hors des Eglises con-sacrées par leurs Evêques ; ce qui fait que les Moscovites, nileurs Ambassadeurs ou Résidons, ne l’entendent point hors deleur Pais, quoiqssils aient de leurs Prêtres avec eux. Mais