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Memoires De L'Eglise, Ou L'On Voit L'État Présent Du Christianisme, tant en Europe, que dans les autres parties du monde, & toutes les revolutions qui y sont arrivées au sujet de la Religion Catholique / Jean Paul Abbé de la Roque ; Dédié à Monseigneur Francois de Harlay
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LI VRE TROISIË’M É. fn

Qùe nous reste-t’il donc maintenant, nos tres chers Frères, sinon depratiquer à vôtre sujet le conseil du saint Esprit : Bíen-bcureux les Pa-cifiques , parce q» Us seront nommez, les enfant de Dieu , & de vousconjurer par les entrailles de la miséricorde que vous déchirez depuisfi long-tems , par le sein de TEglife vôtre Mere que vous avez quit-té , par la charité fraternelle quë vous avez tant de fois violée ,par les Sacrcmens de Jesus-Christ que vous avez méprisez , par lesAutels du Dieu vivant que vous avez renversez ; enfin par tout cequ’il y a de plus saint & de plus sacré , soit dans le Ciel, soit fur laTerre , de songer sérieusement à vôtre correction , à vôtre retour &à vôtre réconciliation avec TEglife. Et que peu t-il vous rester , sinond’oublicr pour jamais le Schisme dans lequel vous estes tombez ; deVous ressouvenir des tendresses de TEglife qui vous a tant aimez , Scde revenir au plûtost dans vôtre maison paternelle , où les mercenai-res mêmes vivent dans l’abqndance , pendant que vous , qui estes desenfans égarez par vôtre révolté dans un pais fans habitation ; fanschemins & fans eaux , ne trouver pas seulement des miettes pourvous soutenir dans vôtre langueur contre la faim spirituelle , qui vousconsume & vous dévore. Est-ce que vous avez honte de reprendre laqualité d’enfant de l’Êglise , pendant que Louis le Grand son Filsaîné , fait le capital de fa gloire d’élever tous les jours dé nouveauxtrophées à l’honneur d’une fi digne Mere ’í Son bonheur ne se trouvedonc borné que par vôtre opiniâtreté seule ; puisque dressant tous lesjours tant de saints & pieux Monumens à l’avantage du Christianis-me , l’unique chagrin qui lui peut rester , c’est de voir encore aunombre de ses Sujets des ennemis de fa Religion Sc des déserteurs deí’ancienne Milice Chrétienne , qui non contens d’avoir abbatu lesAutels de leurs Áncestres , pour s’abandonner à un Culte inconnu &âdes cérémonies étrangères, s’opiniâtrent encore maintenant à vouloirdemeurer dans leurs premieres erreurs. Ce grand Prince s'est expliquédepuis peu à nous mêmes fur les souhaits qu’il fait de vôtre retour ,,d'une maniéré qui feule lui feroit mériter le nom de Tres-Chrétien ,quand il nous protesta qu’il desiroit avec une si forte passion vôtre réu-nion à TEglife > qu’il s’estitneroit heureux d’y contribuer de son propresang & par la perte même de ce bras invincible , avec lequel il a domptétant d’ennemis & fait tant de Conquestes. Hé quoi donc, tres chers Frè-res, empêcherez vous plus long-tems qtìc vôtre Roi, âpres avoir vaincu *de si redoutables Puissances , emporté de si fortes Places , assujetti de sigrandes Provinces , & entassé triomphes fur triomphes, nc cueille main-tenant cette derniere Palme , qu’íl estime plus que toutes les autres1Au reste, nos tres chers Frères, quand nous vous conjurons avec tantd’instances Sc que nous vous exhortons si tendrement d’écoutcr les con-seils de paix Sc de réconciliation que nous vous donnons, ne nousré-pondez-pas pourquoi nous cherchez-vous ? Cette répliqué est le langa-ge de l’opiniâtreté qui vous retient dans le Schisme ; mais ce ne fut ja-mais celui de la Charité qui fait les Chrétiens & les ré uni t dans une

t

France.

I é S J.