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LIVRE TROISIEME. m
Cest ainsi cn esset , que les Pcres du Concile de Nicée■condamnèrent les Livres d 'Arius : Ceux du Concile d’Ephe-fe, les ouvrages des Nestoriens : Ceux du Concile de Calcé-doine , les Livres des Eutychiens, & que fans parler de plu-sieurs autres , les Conciles de Constance &c de Trente or-donnèrent qu’on poursuivît, comme fauteurs d’hérésie, ceuxqui liroient les mauvais Livres, qui les soutiennent.
Les Empereurs Constantin, Theodose & Marcien ajoutè-rent aux censures de ces trois premiers Conciles, des peinestres severes pour ceux qui retiendroient les Livres de ces Hé-rétiques, ordonnant., à la prière des Evêques, qui eurent re-cours à leur autorité pour en arrêter plus efficacement l’im-pieté , qu’on sist des recherches exactes de tous ces Livres, òCqu’on les brûlât.
L’Empereur Arcadius condamna de même au feu les Li-vres d 'Eunomìus &C des Manichéens , à la sollicitation de saintChrysostome. Ceux de Severe d’Antioche & des autres Hé-rétiques censurez au Concile de Constantinople sous le Pa-triarche Mennas , ne furent pas traitez avec moins de ri-gueur , non plus que ceux que Photius avoir écrits contre lePape Nicolas ; lesquels aïant été condamnez par le VIII. Con-cile Oecuménique , furent brûlez par Tordre de TEmpereurBasile, qui étoit présent à ce Concile.
II s’est trouvé en Occident des exemples de cette con-duite des Princes Chrétiens, avant le rems deCharlemagne;&C nous lisons entre autres , que Recarede , Roi d’Espagre ,supprima les Livres des Ariens fur les instructions de íaintLeandre , Archevêque de Seville, son parent , ou commed’autres le pensent , ensuite de leur condamnation au III,Concile de Tolède tenu Tan 5513.
Le Roi ne fit donc, en ordonnant la suppression de Livrescomposez contre la Religion Catholique , que ce que lesPuissances Seculieres ont toujours eu droit de faire depuisqu’elles font devenues Chrétiennes , tant en qualité de Pro-tecteurs des Canons, que comme agissant par raison d’Etat.
Le soin de dresser un Catalogue de ces Livres fut ren-voie par le Parlement de Paris , au digne Prélat qui avoitinspiré cette conduite sur ces grands exemples, & lequel ou-tre les lumières 6 C les connoissances , que la nature Tétu-de lui ont données pout en faire le discernement , à l’au-
France.
i 68 y.