LIVRE CINQUIEME. _ 6ztMonarque : que comme Sujets d’ungrandRoi, ils l’informe-j ~roient des grâces qu’ils recevoient, & que comme Serviteursdu vrai Dieu, ils le prieroient instamment de combler son Re- « 1685.gne de toutes sortes de profperitez, & d’éclairer Sa Majesté «de scs divines lumières, afin qu’elle possédât le Ciel aprés avoir «
Régné fi glorieusement sur la Terre. «
Cet écrit non plus que celui que M. le Chevalier de Chau-mont fit presenter quelque-tems aprés au Roi de Siam, pourle supplier de lui donner une réponse positive sur le fait de saConversion, qui pût être agréable au Roi son maître, n'ope-ra pas à la vérité ce grand œuvre , mais tout cela ne laissa pasde produire de grands avantages pour la Religion, car le Roi,aprés avoir chargé M. Constance, de témoigner pour répon-se à M. le Chevalier de Chaumont, qu il étoit extrêmementf a-ehê que le R oi de France lui proposât me chose fi difficile & dontU n’avoit pas la moindre connaissance ; qu'il s’en rapportoit à lasagesse même du Roi Fres-Chrétien , afin qu il jugeât de l'importan-ce (f de la difficulté qui se rencontre dans une affaire aujf délicateque l'efi le changement d’une Religion , receu'ë & suivie dans fisEtats depuis deux mille deux cens vingt-neuf années ; & qu il n’ou-blier ott jamais /’obligation qu il avoit au Roi son maître ^ pour lesmarques qu’il lui donnoit deson amitié Rot ale , pour l’honneurqu’il lui faisait , qui s’étoit déja rendu public dans tout l’Orient ,il redoubla sa bienveillance pour les Chrétiens & les Million-naires , ausquels il donna une liberté entiere de prêcher l’E-vangile , à condition de n’insinuer aucune nouveauté contrai-re au Gouvernement ZL aux Loix du Pais, &: la permission,d’enscigner les naturels du Roïaume à leur volonté, quelquescience que ce fût , &: de les recevoir dans leurs Maisons,
Ecoles & Habitations avec les mêmes Privilèges des autresMaisons de Siam , en enseignant les Sciences, Loix& autresétudes qui ne sont point contraires au Gouvernement &auxLoix du Roïaume.
A cela il ajoûta avec plusieurs autres grâces , 1 ’exemptiondu service les Dimanches &: jours de Fêtes pour les Siamoisqui sc feroient Chrétiens Et fur ce que M. Constance lui re-présenta qu’il méditoit depuis long-tems de faire bâtir unObservatoire à Siam , à l’imitation de ceux de Paris òí de Re-quin , pour apprendre aux Siamois les plus beaux Arts & les-jstus belles Sciences de FEurope& dont on donneroit la con-