é 4 o MEMOIRES DE L’EGLIS E.
__ en temps pour les convertir, ils les onc non seulement toû-
jevrier jours rejet ter avec une opiniâtreté invincible; mais ils ont$6. même osé paroître plus d’unc fois les armes à la main contreleurs Princes légitimés. ^
La pieté de îvíadamc Royale, Marie Jeanne Baptiste de Ne-mours, Duchesse de Savoye , a esté plus heureuse que tout cequ’on avoir fait jusqu’icy ; car par les Missions continuellesdes Peres de la Doctrine Chrétienne, qu’elle y a introduitspendant fa Regence, & par les aumônes abondantes qu elle yfaifoit distribuer à tous ceux qui íe convertissoient , elle atrouvé le secret pendant sa Regence, de vaincre l’heresie dansun de ses plus considérables retranchemens. Calvin qui l’avoitainsi reconnu, demeura long-tems à Angrogne , 6C pour témoi-gner la douceur &c le repos qu'il y goutoit, si pourtant dansl’état où il se trouvoít, il estoit capable d’en prendre, il l'ap-pelloit tant par écrit que de vive voix sa Celeste Hìeru -Jàlem.
Mais la consommation de cette affaire estoit réservés à cetteannée , pleine de merveilles, pour la Religion : 6c là dessusnous ne devons pas oublier une chose, qui est sans doute di-gne d’un éloge particulier : c’est que ce ne font pas feulementles Princes qui ont travaillé de tout tems à cette réunion ; ils’est trouvé parmi leurs Ministres des personnes assez zeléespour vouloir avancer en leur particulier une œuvre de cetteimportance. Le Comte le an Baptiste Ttuchy Ministre d’Erat &premier Président des Finances du Duc de Savoye, a instituépour cela de nos jours une Mifjion de Religieux dans le Bourgde L. Ieah , vis-à-vis de Luccrnei où il a fait bâtir à ses dépensune Eglise magnifique, &; un Couvent pour la demeure desMissionnaires; 6c afin que cet établissement ne pût jamaismanquer, il a pourvu pour toujours à la subsistance des Peres,6c à l’entrenen de ces bâtimens, par un fond tres - conÇde-rable.
On estoit si sensible en France au bon-heur que le zeleduRoi y avoir procuré aux Huguenots , que les Villes mêmes,qui n’avoient jamais eu le déplaisir d’en conter parmi leurshabitans, ne laissoient pas de donner des marques de leur joie6c de leur reconnoissance. Celle de Corhie , fur tout, le fit leyj. de ce mois, fur un mandement du grand Prieur de l’Ab-baïe Roiale de saint Pierre de cette Ville. Le Clergé &-le
peuple