LIVRE SIXIE'ME. 641
peuple s’écant assemblez ce jour-là , conformément à ce man-dement , aptes un bel éloge de S. M. qui fait triompher siglorieusement la sainte Eucharistie de Terreur, on fit une Pro-cession solemnelle, ou Ton porta le Saint Sacrement. La Châs-se de saint Paflchase le précédoit ; C'est un des Abbez de cettecélébré Abbaïe , qui par la profonde doctrine, dont le Livrequ’il a écrit du Corps&du Sang de J. C. est rempli, a méritéd être appelle le fléau des- Sacramentaires ; ses sentimens ortho-doxes se sont tellement répandus dans les cœurs de ceux quidépendent de la Jurifdiction spirituelle de cette Abbaïe, quec’est par-là sans doute qu ils se sont toujours maintenus danscet heureux avantage , qui faisoit dire au même Saint Paflchafledans le IX. siécle, qu 'être Vierge dans la Foi , êtoìt une des f lusanciennes prérogatives de la ville de Corbìe.
L’importance qu’il y avoit de ne donner que de bons exem-ples à un nouveau peuple,dont le retour étoit si cher à l’Egli-se, engageant partout ailleurs les Evêques &: le Clergé à nepas y apport'er moins de foins, qu à ramener ceux qui restoientencore séparez, M. T Archevêque dé Paris en particulier don-na le 2. 6 . Fevrier un mandement pour réprimer les Irrévéren-ces, qui fe commettoienc dans les Eglises : II étoit conçíì endes termes si beaux &C si dignes de la pieté & du zele que cécillustre Prélat a toujours fait paroître pour la Religion, quenous croïons le devoir rapporter tout entier.
Ts RANCOIS par la grâce de Dieu & du saint Siège Apostolique Ar-■* chevêque de Paru , Duc & Pair de France , Commandeur des Or-dres du Roy j Proviseur de la Maison de Sorbonnc & Supérieur de cel-le de Navarre . A tous Doyens , Abbes, Prieurs , Archiprêtres, Curez,Vicaires, Supérieurs,Superìeures,& Prédicateurs des Eglises & des Commu-nautez de Paris j Salut & benediRion. Bien que P homme jufle ait toiifoursété le temple vivant de Dieu , il n a pas laissé de vouloir demeurer par unepresencespecìale en des lieux consacrera sa gloire. Elle se rendit sen-sible sur la pierre qui reçut P onction de Jacob & dans le Vemple ou Salo-mon renferma P Arche & le Tabernacle ; & les Patriarches furent autantsaisis de frayeur qu Us furent touchez de respect pour des lieux qui nè-teient que l’image & la représentation de nos Eglises. Elles doiventd'autant plus attirer nôtre vénération que le mérne Pontife , lequel selonsaint Paul eft entré dans un Tabernacle qui n est p o ft u Pouvrage deshommes & qui s’eft élevé jusques au sein de son Pere , daigne descendresur nos Autels , habiter dans nos Temples , y recevoir nos adorations ,& s'offrir pour nous en sacrifice. Mais par un étrange dérèglement lamaison d’oraison eft devenue la retraite des impies, & les âmes saintes
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Fevrier.
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