86 l’AMBASSADE DE t A G. O*. DES PROV. UNiÉè
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eternelle servitude. Ceux qui íbnt nez dans là misere semblent estre contraints d’y* vivre en quelque façon, ils ne l'endurent pas tant par sagesse que par habitude, Scquoy qu ils semblent paroitre avec un^ visage tousjours égal, il est certain que leurconstance n’est qu une vertu de superficie, & quils font chez eux des imprécationscontre le malheur, qu ils bénissent deísos les théâtres. Mais de voir dçS Princes dela Chine réduits à la mendicité, Sc presque tous les Gentils-hommes n avoir plus rienau monde que l image de la pauvreté, c’est fans doute ce qui est aussi étrange qui!est incroyable, & ce qui est aussi difficile à comprendre qu à supporter. Si je ne l’a«Vois pas veu, Sc appris, j’aurois eu de la peine à croire que la Fortune ût en fi peu detemps fait changer à toute la haute Sc basse Noblesse de ce Royaume d’humeur, Stfie profession, Sc Vobliger de rechercher dans les terres étrangères des charités delameímemain quelle avoir accodstumé d’en donner* Je voUsrepresenteicyparcette figure une partie de leurs miscres.
CHAPITRE XXIL
Arrivée des *AmbaJ]adeuïs d Sanyvum. De diverses %ÏÏlontagnès de laProv. de Canton , entrautres de celle de Sang-won-hab , cbv.
sanyvum ^vs ous privâmes vers la my-nuit du zi . du mois courant à la petite Ville de S a-pmte ville. xN n y v u m. Le Magistrat du heu nous vint à la rencontre avec certains petitsbateaux, Sc nous congratula de nostre heureuse arrivée, méme nous offrit quelquespresens pour la cuisine, que nous refusâmes, pour les raisons sos-alleguées. Cetteplace se void à 220. stades de Xanxui , Sc estoit par cy devant fort peuplée, Sc mar-chande , à causo de son assiette sor la riviere. Mais les Tartares dans ces derniersguerres font tellement ruiné, que les habitans pourroient aujourd’huy moissonnersor la plufpart de ses édifices, s ils avoient aisés de courage Sc de force pour y jetterde la semence.
Cefuticy que le reste de nos rameurs & tireurs recourent ordre de retournerchez eux, d’autant quils ne pouvoient plus nous servir, à cause quils estoient tropharassez. Ce fut merveille qu il en rechapa un, après avoir esté traités avec tant defelonnie. On en prit donc de nouveaux en leur place, pour nous mener le long dela Montagne de Sang-won«hab tres-dangereuse pour ses précipices, Sc presque inac-cessible pour fa hauteur,qui est cause qu elle est denuée de monde.On y voie au piedun petit village qui paroit aussi lugubre en ses masures, qu en ses habitans, qui par