•vers l’Empereur de la Chine. nj
Cette Province de Nanking, nommée d’aucuns Kjangnang a pour ses bor- Limite; di-nes du costé du Levant, & au Zud-Eíl la Mer, du costé du Midy la Province de la Provif!CeCbekiang ; celle de Ifiiangfì la touche au Zud-Oiiest, celle de Hoquang au Couchant ; m * ng 'au Nord-Oiiest elle joint celle d'Honang s & le reíte limite celle de Xantung.
Elle se divise en quatorze Villes principales, comme en autant de petites Provin-y, division,ces (comme vous pouvez remarquer en la Table precedente) qui commandent àcent & dix moindres Villes ou Cités, fans conter un nombre infini d’autres petitslieux. De sorte quelle elìdune tres-grande étendue, & passe pour la plus fertile,
Sc la plus marchande de la Aussi n’ya-il presque point de Ville ou de
Cité, qui ne soit estimée pour une fort grande Ville de trafic, ôc de negoce ; & les richeenMarchands y sont en si grand nombre , qu’il me semble que je ne suis pas aises elo- trafic.quent pour vous le persuader. On y voici par tout des forests de Vaisseaux, qui yabordent de tous les Royaumes voisins par le moyen d une infinité de Canaux faitstant par la Nature que par l'Art, Sc aussi par la riviere de Kìang que les Chinois nom- KUn*,moient jadis la Grande. Et à la vérité on ne la peut mieux representer que par ce vier *.mot, bien qu on employé les pinceaux des meilleurs peintres, & les ciseaux desplus hardis statuaires pour en raire une image : Car disont quelle est Grande, onveut dire qu elle est Grande en toutes ses dimensions, que son cours va presque d u- •ne extrémité de l’Empire à T autre à prendre depuis les Provinces de Suchuen , & deXenfi ,où elle va cueillir ses eaux jusques à la mer. Son Canal est si large qu il ressem-ble à une mer depuis Yocheu, qui est en la Province de Suchuen ,jusques à Change eu encelle de JQangnan : Ses eaux sont si profondes, quelles ne sont guêables en aucunendroit. Elle est aussi Grande en commodités, qu’elle apporte à toutes les Provin-ces qu elle arrouse, par le trafic de ris, de soye, de coton, de porcelaine, & deplusieurs autres marchandises, qui se transportent tous les jours à ses Ports, ou qui serecueillent tous les ans fur ses rivages. Elle est Grande en ses débordemens, quandelle sort de ses bornes, & seípand fort au large enflée par les pluyes, portant partout la désolation, ou la terreur. Esse fut encore Gránde en ses prospérités, pouravoir eu sor ses bords la Cour des Anciens Empereurs, avant qu ils la transportassent séjour de $à Pehing : car ce fut icy que les Faillisses de Cyn , de Sung , de Leang , dF, de Chin , - AK(iensde Tanga - & de Taiminga tinrent long-temps leur résidence, & y choisirent leurs Em ^ rair! ‘Sépultures. Grande encore en ses adversités, ayant veu si souvent les Chinois & les uvagleTartares se battre sor ses rivages, & empourprer de leur sang le cristal de ses flots, P aY l'rfar-ayant oiiy retentir dans ses montagnes le bruit des canons, & de nos jours ayant esté í£tm ‘forcée de servir à la manie des Tartares ; qui abusèrent des avantages quelle donneaux Visses de ce Royaume, pour en chasser le légitimé Monarque.
Cette Province abonde tellement en soye Sc en coton, que l'on dit que la seule^^ enVisse de Xanghaì avec les Bourgs voisins., comprend dans son enceinte plus de/ojf.e^ co -deux cens misse tisserans, dont la pluspart s’occupent à faire de la toile de coton : 3c t0Nice qui est bien plus surprenant, c est que les femmes seules en font leurs mestiers,pendant que les bons maris, comme autant de nourrisses preneur soin de leurs eli-sons , Sc du ménagé. Ne diroit-on pas que ces femmes sont du naturel des Austru-ches qui jettent leurs œufs sor le chemin sons les couver ? Au reste cette façon defaire n'est pas à mon avis si ridicule qu on s’imagine, car comme la capacité, Sc l’in-dustrie des hommes surpasse de beaucoup cesse des femmes, aussi devons-nous croi-re que sous leur conduite on recueille meilleure nourriture, comme estans les meil-leurs instrumens des grandes actions : Aussi le naturel des Enfans se lime, saisine, Sc Nourriturese plie mieux sous la verge d’un pere, que sous la douceur dune mere. Ces Idola- ou-tres tiennent pour un grand crime d'élever les enfans danslamangeaille,danslew<í»M/f,jeu, dans la liberté, les pestes fatales de la jeunesse ; ils leur donnent des occupa-tions continuelles, de peur qu’ils ne s'enrouillent dedans l’oisivité. Un de leurs Sa-ges parle en vray Chrestien, quand il dit, que d’oster le fils du pere, c'est oster lerayon du Soleil, le ruisseau de la fontaine, le membre du corps, Sc la branche del’arbre. O Chrestiens,ne rougissez vous pas à l’oiiie de la belle leçon de ces Payens?EseoutésPeres, Sc Meres, recevés des instructions de ces Infidèles, vous qui aban-donnés vos enfans, pour estre comme une proye de la misere, de l’ignorance, Scde la stupidité. Ne sçavez vous pas que ces leçons sont écrites d’un style de feu parla Nature non seulement au cœur des animaux, mais quelles sont gravées sor lesplantes, qui est de nourir ce qu elles ont produit ? Les raisins demeurent au cep
Q-î dc