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L' Ambassade De La Compagnie Orientale Des Provinces Unies Vers L'Empereur De La Chine, Ou Grand Cam De Tartarie : Faite Par Les S-rs. Pierre De Goyer & Jacob De Keyser, Illustrée d'une tres-exacte Description des Villes, Bourgs, Villages, Ports de Mers, & autres Lieux plus considerables de la Chine / Le Tout Recueilli Par Le Mr. Jean Nieuhoff, Mre. d'Hostel de l'Ambassade, à present Gouverneur en Coylan ; Mis En François, Orné, & assorti de mille belles Particularitez tant Morales que Politiques par Jean Le Carpentier, Historiographe : Enrichie d'un grand nombre de Tailles douces
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VERS L’EmPEREUR DE LA CHINE.

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Nous arrivâmes le melme jour à Tungling, ou Tongling , la troiziéme pe- rungikg .rite Ville de la Capitale de Cbicbeu. Elle est située à 220. stades de celle d’Ankìng , v ^ t%en un Heu fort plaisant,encourtiné de monts 6c de collines. Elle est tellement baítieque son plan represente la forme d’un trefle. Son circuit n est que de demie lieue.

Sa petite étendue n empesche pas qu elle ne soit fort marchande, à cause de la com-modité & de la seureté de íòn Havre, où les mariniers tâchent de se venir íàuver,lors qu ils íònt menacés de quelque tempeste. Ce Port est défendu d’un fort bonChaíteau, qui regarde íur toutes les avenues de la Ville Sc de la riviere. On void encét endroit tant de brisons Sc de falaises (que nous vîmes plus commodément à no-stre retour) que c’est merveille comment tous les navires n y périssent point.

Pendant que nous estions à terre, 8 c que nous visitions ce lieu, les habitans nous Echo admhpersuadèrent de grimper íur une moritagne voisine, pour y entendre les douces re - UÍIe>ibnnances.de cette forestière,que le Prince des Poètes nomme Echo. Nous y fîmesjouer de la trompette, dont les fredons, Sc les efforts furent si vivement recueillis >si souvent renvoyés, & si clairement ramenés par cette fille de l’Air, que Ton ût ditpour un temps que nous estions privés de sentimens, hormis de l’ouye, comme sinos âmes ayant abandonné tous les sens, se fussent retirées au bord des aureilles,pour jouir plus à leurs aises des harmonieux rapports dune langardequinepeutrien celer.

La Montagne de Hìng , qui foisonne en abricots n’est pas éloignée de Tmgling ; cbasteaud’où nous partîmes le lendemain, 8 c le 3. du mois de May, aprés avoir cottoyés plu- £v $ m 'sieurs fameux Villages, nous découvrîmes le Chasteau d'Úpun, basti íur lesbords de la riviere de Kjang ,dont la forme est carrée(comme vous remarquerez patla figure precedente) la structure si admirable, & les fortifications si bien compasfées ôt achevées, que je ne crois pas que nosEuropeans en possedent des plus ac-complies. Ses murs bastis de briques unies Sc extremement dures, ont 1200. pas decircuit, & hors de l’eau 20. pieds seulement de hauteur. Il enferme en son milieuune grande plaine, ornée d’un superbe Temple aux Idoles.

Nous arrivâmes sor le soir à la Ville d’U f u, ou Vvhu', qui est une -des petites Vs* 3 vSh.Villes dependante de la Capitale de Taipìng , au pied de laquelle nous assurâmesnos Vaisseaux. Elle est bastie sor une Iste du fleuve de Kìcmg , qui y divise ses eauxen deux branches, & les rejoint avec plus de vénération Sc de majesté vers la Ville gde Nanking. Ses Fau&bougs surpassent en nombre d’habitans, de bastimens, Scde marchands plusieurs bonnes Villes. Ón y fait un grand trafic d’écíielles deSampsou , Sc d’armes, que les habitans fabriquent avec une justesse, 6c netteté in-

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