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L' Ambassade De La Compagnie Orientale Des Provinces Unies Vers L'Empereur De La Chine, Ou Grand Cam De Tartarie : Faite Par Les S-rs. Pierre De Goyer & Jacob De Keyser, Illustrée d'une tres-exacte Description des Villes, Bourgs, Villages, Ports de Mers, & autres Lieux plus considerables de la Chine / Le Tout Recueilli Par Le Mr. Jean Nieuhoff, Mre. d'Hostel de l'Ambassade, à present Gouverneur en Coylan ; Mis En François, Orné, & assorti de mille belles Particularitez tant Morales que Politiques par Jean Le Carpentier, Historiographe : Enrichie d'un grand nombre de Tailles douces
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ijo l’Ambassade de la C. O r . des Prov. Unies

comparable. Leur industrie paroit aussi en la fabrique des grandes & petites lam-pes. Un Fort garni de bons bastions, 6c contrescarpes défend ce lieu des invasionsde l’ennemi.

Teytong* Le 4. du mesme mois nous découvrîmes à 90. stades d'Ffu la Ville Capitale deville, T e y t o n G, laquelle est plantée dans une Iíle de la riviere de I\iang 3 <k non moinsruinée que les précédentes. Aucuns la nomment aussi Tanyan , 6c quelques autresTaiping. Son territoire, quoy que montagneux, abonde en toutes lòrtes de grains6c de fruits.

t ienmen , Au Zud-Est de cette Ville nous decouvrimes la montagne de Tìenmuen , que les

Montagne, Ohinois appellent, la Forte du Ciel s seroit-ce bien là que ces superstitieux eroyentestre l entrée de leur repos ?

Hiao > ijle. Nous vîmes en passant une autre Iíle nommée Hìao , remplie de pierre 6c de ca-

vernes , qui puise íòn nom de la quantité de hibous 6c d’oiseaux nocturnes qui s'y re-tirent. On la fait si affreuse qu aucuns la tiennent estre la porte de TEnfer. C'est ainsique ces pauvres Idolâtres allient presquel’Enfer avec le Ciel, 6c s’imaginentdetrouver leur béatitude au pied de leur gehenne.

Tan An L’on void aussi és environs de ce lieu le Lac de Tanyang , qui a environ 300. sta-zac. ' des en longueur, 6c qui par ses eaux douces rend les campagnes fort divertissan-tes 6c fertiles. On void encore fur ses bords trois Tours (comme vous pouvez re-marquer par la figure precedente) échapées de la cruauté des Tartares, 6c dont lagentile Architecture pourroit égaler celle de plusieurs riches ouvrages des Ro-mains.

C H A P I T R E XXXIV.

Arrivíe des zAmbajìadeurs à la Ville zJdíetropolitaine de Nankjng ,

a Jejenjeen , <&c.

retombas. 'VT’ous découvrîmes encore le meíme jour la Ville de N a n k i n g , qui donne lefadeur sar- JlN nom à toute la Province ; nous y abordâmes par un canal, qui s’étend biéh uneBanking, demie heure dans le havre ) où nous mouillâmes l’ancre prés la porte de Suifìmon ,c’est à dire la porte à l’eau.

Les Ambassadeurs se firent porter dans des chaises en la Ville, 6c allerent sa-luer les trois Gouverneurs, y conduits par f Agent du Jeune Vice-Roy de Canton ,qui y résidé au nom de son Maistre, comme aussi par deux Mandarins, qui estoientvenus avec nous de Tanton, en l’absence du Mandarin Piment ou , qui estoit demeu-ré derriere.

jy rendent Le premier Gouverneur les reçût dans son anti-chambre, 6c les fit prendre placeauxf-Gou- à ses costés : Et quoy qu il fût de race Chinoise, d ordinaire pleine de vent 6c de fu-verneurs mée, il se rnonstra fort humble ) courtois, débonnaire z 6c généreux, car il j*efuía& âmes. fort civilement les presens qu on luy avoit destinés.

Le deuziéme Gouverneur ne les accueillit pas aussi avec moins de civilité - 5c derespect, quoy qu’il fut Chinois de nation comme le précédent.

Le troiziême qui tenoit fa résidence dans le Palais Impérial, Tartare de race,Prince encore jeune, mais fort gras, 6c robuste, les fit entrer dans fa chambre, quiestoit carée, 6c garnie de larges couches (couvertes de quelques précieux tapis rou-ges) 6c dune étuve faite d’argile. Sa femme vint s’aíseoir auprès de luy, 6c commeelle estoit d un naturel libre, vif, 6c hardi ,îlle ne manqua pas de s’informer perti-nement de tout ce qui regardoit nostre entreprise, 6c ne fit pas méme de difficulté. de tirer hors des fourreaux les eípées des Ambassadeurs, qu elle manioit avec unegentillesse tres-rare en son sexe. .

Apres divers entretiens aises divertissans, plusieurs Damoiselles Tartares apportè-rent un grand bassin d’argent plein de Thé , 6e en emplirent plusieurs écuelles faitesdun précieux bois nommé des Europeans Koladuur , quelles distribuèrent à 1 Assemblée à la ronde. Les Chinois 6e les Tartares avallent avec grand goust ce breu-‘ vage, auquel nous donnâmes le nom de bouillon de feves. Ils boivent d’ordinairele Thé pur (cest à dire IherbeT/;^ cuite dans I eau simple, fans aucun mélange de’ laict,6c de sel) dans des vaisselles de Porcelaine, 6c le breuvage de Samsm dans desgobelets d’argenté 1 -

Les