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L' Ambassade De La Compagnie Orientale Des Provinces Unies Vers L'Empereur De La Chine, Ou Grand Cam De Tartarie : Faite Par Les S-rs. Pierre De Goyer & Jacob De Keyser, Illustrée d'une tres-exacte Description des Villes, Bourgs, Villages, Ports de Mers, & autres Lieux plus considerables de la Chine / Le Tout Recueilli Par Le Mr. Jean Nieuhoff, Mre. d'Hostel de l'Ambassade, à present Gouverneur en Coylan ; Mis En François, Orné, & assorti de mille belles Particularitez tant Morales que Politiques par Jean Le Carpentier, Historiographe : Enrichie d'un grand nombre de Tailles douces
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VERS 1/EmPEREUR DE LA CHINE.

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leurs bonheurs venoient de leurs mains. Lors je leur repliquay que íî ces Dieux depierre estoient Protecteurs de leur Empire, pourquoy ils n’en avoient écarté lesTartares, qui s’en íont fait les maistres, 8c pourquoy leur païs estoit devenu uneboucherie; Et comme je vis qu’ils ne me pouvoient payer que de foi blés raisons, jedis en riant que ce n’estoit pas d’aujourd’huy que semblables Dieux avoient monstreleurs infirmités, 8c pour ne les pas trop offenser, je me mis a discourir en généraldes Romains, qui ont publié hautement qu’ils dévoient leur conservation 8c leursconquestes, non pas aux Dieux qu’ils adoroient, mais au cri d’un oiseau, qui debonne fortune éveilla les sentinelles dormantes ; non pas encore aux entrailles desbestes, mais aux bras des soldats ; non pas à la mort des boeufs, mais à la force deshommes. Et en effet, si Camillus a rapporté les étendars au Capitole que les céré-monies avoient laissé enlever, ce ne fut qu’à force d’armes : Si Scipion l'Africain atrouvé le triomphe,ce ne fut point entre les Autels duCapitole, mais dans lechamp de bataille. Si nous désirons de voir encore les beaux effets de ces fausses di-vinités : Voyons Neron } qui le premier a tiré l’efpée des Césars contre les Chrestiens:

Voyons les Empereurs qui se sent faits 8c défaits par chaque mois comme la Lune rConsidérons cent qui eitoient les plus zélés à ces superstitions, n’est-il pas vray queles uns ont asservi honteusement l’Empire du monde aux étrangers, Sc que les au-tres, en se promettant de grandes victoires sous la saveur de leurs Dieux, ont trouvéla servitude ? N’y avoit-il pas alors un Autel de la Victoire au Capitole ? D’où fontvenus donc tant de sinistres evenemens, si le bonheur est divinement destiné à ceuxqui la servent ? Mais passons outre.

Nous partîmes le mefme jour de ce lieu, 8c continuâmes nostre route trois joursdurans fur les eaux de cette JRiviere Saffranée , 8c arrivâmes le quatrième du meíme * **mois à la petite Ville de TsisaKG, éloignée de 8 o. stades ou environ de la pre-cedente. Elle n’a qu’un Chasteau & un Temple qui la rendent considérable, carelle n’est pas close de murailles, ni embellie de quelques somptueux bastimens, en-cor bien qu elle soit assez pourveiie d’habitans, qui s’addonnent au commerce yconviés par la navigation.

Les habitans nous monstrerent icy un lieu, où plusieurs de leurs camarades furent Lîeii de P inèabyímés Sc engloutis inopinément pour leur rébellion, pour leur impiété envers*"* ím ï us 'leurs Dieux, ou pour avoir altéré quelque cérémonie de leurs loix. Bon Dieu ! sices fausses Divinités scmbloient exiger de ces pauvres Idiots des,peines si épouvan-tables , Sc des morts si subites Sc si rigoureuses, que peuvent attendre ceux qui cra-chent journellement contre le Ciel, deshonnorent Jésus Christ, 8c k bandent con-

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