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L' Ambassade De La Compagnie Orientale Des Provinces Unies Vers L'Empereur De La Chine, Ou Grand Cam De Tartarie : Faite Par Les S-rs. Pierre De Goyer & Jacob De Keyser, Illustrée d'une tres-exacte Description des Villes, Bourgs, Villages, Ports de Mers, & autres Lieux plus considerables de la Chine / Le Tout Recueilli Par Le Mr. Jean Nieuhoff, Mre. d'Hostel de l'Ambassade, à present Gouverneur en Coylan ; Mis En François, Orné, & assorti de mille belles Particularitez tant Morales que Politiques par Jean Le Carpentier, Historiographe : Enrichie d'un grand nombre de Tailles douces
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tre l’estre da Tout-Puissant par leurs blasphèmes, & mefchancetés ? Parcourons tantque nous voudrons les Histoires de T Antiquité, repaíïons en nostre mémoire toutesles expériences que nostre âge nous peut fournir, Sc fi nous y remarquons les impiesfaire une bonne fin, disons hardiment qu’il n y a point sujet de craindre. C ain leurPatriarche banni de la face de Dieu, vescut long-temps comme un loup-garou par-mi les forests, avec un perpétuel tremblement jusques à tant que Lamecb luy ar-racha la vie du corps. Les Caïnifles furent tous abysmés dans les eaux du deluge ;Flmaon submergé dans la mer rouge : N abuchodonosor tourné en b este : Holofermtué dans son lit par la main dune femme : Sennachenb perdit cent Sc octante-cinqmille.hommes pour un blasphème. Antiochus fut touché dune horrible maladie :les oiseaux mangèrent la langue de Nicanor, Sc fa main fut pendue vis à vis du Tem-ple :Heliodore fut chastié visiblement par les Anges: Herode Agrippa porté dutheatre au lit de la mort : le Président Saturnin aveuglé : Hermian rongé de vers enson Prétoire : Léon IV. couvert d’apostumes Sc de charbons : Ramba couronné d'undiadème de poix, âpres avoir eu les yeux crevés : Julien l Apostat frappé d une fiefçhe celeste : Michel 1 Empereur, qui avoit à fa fuite un tas de jeunes frippons, quiçontrefaiíoient par risée les cérémonies de l’Eglife, fut defchiré comme une victi-me par ses propres serviteurs : Olympius foudroyé dans un bain, Sc une infinité d’au-tres ; tant est-il vray que ce grand œil de Dieu est tousjours ouvert fur les Impies dqla terre, Sc spécialement fur ceux qui fe font voulu émanciper de l’hommage deu àson adorable majesté.

villages Nous vîmes aussi fur ce Fleuve Saffrané quelques bateaux, ou pour mieux dire

fiottam. quelques Villages Flottans, dont la structure est si gentille, & si indu-strieuse , qu'on les prendroit pour des vrayes Isles. Ces machines mouvantes íontcomposées de roseaux (que les Portugais nomment Bamboes) qu’ils attachent à dessoliveaux avec des cordes, mais si proprement, Sc si nettement, que la moindre hu-midité hincommode jamais ceux qui demeurent dans les cabanes qui sont plantéesSc élevées par dessus. Toutes ces cahutes font basties de planches, de nattes, & desemblable legere matière, Sc ont leurs rués si bien assignées, qu'on les prendroitpour des petites Villes :& il s’en trouve de si grandes, qu’on y conte par fois deuxcens famillcs.Cest avec ces inventions que les Chinois portent commodément leursdenrées Sc marchandises ,Sc les distribuent à ceux qui demeurent fur les rivagesde cette riviere. Et pour remuer ces pesantes masses, ils ne fe fervent point de voi-les de natte, comme font presque tous les Vaiíïeaux de cét Empire, mais ils les ti-rent au besoin à force de bras, ou fe laissent emporter auflusde l’eau,jusques aux

lieux