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L' Ambassade De La Compagnie Orientale Des Provinces Unies Vers L'Empereur De La Chine, Ou Grand Cam De Tartarie : Faite Par Les S-rs. Pierre De Goyer & Jacob De Keyser, Illustrée d'une tres-exacte Description des Villes, Bourgs, Villages, Ports de Mers, & autres Lieux plus considerables de la Chine / Le Tout Recueilli Par Le Mr. Jean Nieuhoff, Mre. d'Hostel de l'Ambassade, à present Gouverneur en Coylan ; Mis En François, Orné, & assorti de mille belles Particularitez tant Morales que Politiques par Jean Le Carpentier, Historiographe : Enrichie d'un grand nombre de Tailles douces
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VERS l'EmPEREUR DE LA CHINE. i6z

& d’authoriser les plus criminels, ils n ont des plumes que pour voler, des îoix quepour ne les pas observer, des exemples que pour ne les pas imiter, des pensées quepour inventer des chiquanes, des volontés que pour continuer en leur malice, def esprit que pour mal faire, des pieds que pour courir à la proye, des mains quepour prendre, 5c êcorcher, des ongles que pour étriller, & déchirer, des bouchesque pour prononcer des faussetés & des injustices, des yeux & des oreilles que pourvoir 5c entendre la couleur & le íòn des pistolles, qui ont la force de les réveillerd'un profond sommeil qui leur avoir dérobé la parole. J’honnore le dessein, le sça-voir, Sc les mérités des Advocats, dont la conscience droite ne s’égare point dedansles chemins corrompus de l'injustice: ce sont les abrégés des vertus, fomententdes loix, le trésor de la doctrine, l'oracle d’un Empire, la terreur des meschans, laconsolation des hommes de bien, la defence des innocens, bref, ce sont des âmesselon le cœur de Dieu ; auííì seront-ils les sages gausseurs, qui so riront par ce dis-cours des vanités & des malices de ces Vermines de Palais, de ces Vautours atta-chés à la bourse des plaideurs, 5c de ces vieux & vermoulus Chiquaneurs qui profa-nent le métier.

Entre les Lacs les plus renommés sont ceux de Taì 5c de Cienli, ou de mille stades l*cs,proche de Lieyang .

La grande riviere de Hoaì coupe cette Province par le milieu ; elle puise ses eaux Rivíere ^dans la Province de Honan au pied des montagnes de Tungpe , de là elle les porte à mai.la Cité de Hohieu 3 d'où âpres plusieurs détours elle les vient décharger dans le lit dufleuve Saffrané.

La riviere de Fi prend fa source prés de la Cité de S o au Levant du Lac, qu on j eJFiide couvre sous le côteau de Lung .

La riviere de Sìngan qui borde les murailles de Hoeìcheu , se forme de quatre pe- de sìngan,tits ruisseaux, dont le premier vient des montagnes de la Ville, le second sourd ^ s 'proche de Hìeunìng , le troisième proche de Vvyen , & le quatrième non loin deCìeki. Cette riviere roule ses eaux avec violence tout à travers les rochers 5c les val-lées jusques à Sìngan , qui est une Cité de la Province de Ckekiangi On conte dans *»-ce chemin trois cens & soixante précipices, dont le plus dangereux n est pas éloignéde la Ville de Hoeieheu. Il est remarquable pour avoir servi de sépulcre à un detesta- te/ *"

ble avaricieux, qui ayant oiiy dire par un Devin, qu il y avoít de grands thresors,entreprit de fouiller dans ce catadupe, 8c en y fouillant il luy en coûta la vie z ainsifut il payé de fa vilainie. Il me souvient à ce propos, que les Amazones apprirent dequelques captifs, qu il y avoit de grandes richesses au Temple d ’Achille en une Isleproche le Font Euxin. Elles furent alléchées par l’esperance du butin, se mirent surmer,& y arrivèrent. Leur premier dessein fut de couper les arbres plantés aux envi-rons du Temple, les ouvriers au lieu d’abattre les chelnes tournèrent leurs coignéescontr eux-mémes, 5c se massacrèrent, les chevaux de ces guerrières se mirent eufougue,les ruerent par terre, & les aslòmmerent:celles qui prirent la fuite se précipi-tèrent dedans la mer, qui leur sembloit une ferme campagne ; ainsi périt l’avaricieu*se armée des Amazones. De rnelme Pyrrhus se laiíîa emporter au désir des richessesde Proferpìne , envoye à Locres s ses gens forcent le Temple de la Deesse, volent cequ ils trouvent de précieux, en chargent leurs navires, se mettent au vent, maisjamais il ne leur fut possible de prendre terre.Un Grec cherchoit des écus dans l'Islede Paros , la terre l’engloutit. Le Prieur de Margulìna Italien, entre dans unegrotte proche de Poutfù , pour en tirer un thresor ; il y décend, mais onques depuison ne le vit. Ferrier , Médecin de Thouloufe , ayant appris d’un Magicien, qu’il yavoit un trésor dans une maison que l’on nhabitoit pas, à cause des esprits qui legardoient, au pied d’un pillier, l’avarice luy donne courage, y entre, il cherche, iltrouve, 5c comme il le voulut enlever, voila un pan de muraille qui tombe fur leMédecin. Un habitant de Brafilée sc laissa persuader que certains eíprits retirésdans une fosse estoient merveilleusement prodigues, recevoient,humainement ceuxqui les alloient visiter, & les renvoyoient chargés de nionnoye. Il en veut avoir,íe jette dans le Sépulcre, ne trouve que des os,&ylaisla ía peau. Voilà la fín del’odieuse servitude dune ambitieuse avarice. Entrons maintenant dans la Provincede Xantung .

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