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L' Ambassade De La Compagnie Orientale Des Provinces Unies Vers L'Empereur De La Chine, Ou Grand Cam De Tartarie : Faite Par Les S-rs. Pierre De Goyer & Jacob De Keyser, Illustrée d'une tres-exacte Description des Villes, Bourgs, Villages, Ports de Mers, & autres Lieux plus considerables de la Chine / Le Tout Recueilli Par Le Mr. Jean Nieuhoff, Mre. d'Hostel de l'Ambassade, à present Gouverneur en Coylan ; Mis En François, Orné, & assorti de mille belles Particularitez tant Morales que Politiques par Jean Le Carpentier, Historiographe : Enrichie d'un grand nombre de Tailles douces
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VERS L’EMPEREUR DE LA CHINE.

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curées froides qu ils faiíoíent ordinairement en leurs maisons n estoient pas si bon-nes que les chaudes. La chair de ces bestes estoit d’un goust tres excellent, & tresfriand, à cause qu’elles prennent leurs viandes 8c paissons au milieu des roímarins.j, Nous employâmes trois jours à naviger sor ce Canal, qui nous semblèrent bien ^ fêàcourts, à cause des divertifsemens que nous y receumes. Nous arrivâmes deux” 9 *jours aprés à un autre célébré Village nommé J a x-H i n N o, situé prés des eauxde ce Canal , qui estoit bordé de deux collés de trente six belles Tours, 8c de plu-sieurs autres magnifiques bastimens, de sorte qu on diroit à le voir de loin, que c estune tres grande Ville, comme vous pouvez remarquer par la figure suivante.

Nous primes nostre repos dans ce lieu, 8c nous en partîmes le lendemain à l’aubedu jour, 8c nous ne continuâmes nostre route deux jours entiers, que parmi une infi-nité de tres-divertiílantes & de tres-fertiles campagnes.

Le costé Oriental du dit Canal n est pas uni comme le Septentrional, mais estrempli de collines 8c de montagnes fort élevées. Il y en a une proche de Taigan,laquelle depend de la premiere Capitale de Chinan (dont nous ferons mention cyaprés) que les habitans nomment T ai , & la font haute de quarante stades ; 8c ils di- Tàt ' MOn 'sent qu’ils peuvent voir le Soleil de son sommet au premier chant du Cocq. On ytrouve ausiì quantité de Temples aux Idoles, de grottes, 8c de cavernes, qui serventde retraites aux Sacrificateurs, qui y vivent couverts de peaux & de cilices, compa- 'gnons des bestes Sauvages, & y mangent les racines qu’ils arrachent avec les ongles,

8c les détrempent avec la soeur de leur front, 8c y gehennent leurs membres pardes austérités si effroyables, que je crains -que nos Anachorètes Europeans en au-roient de l’aversion, s’ils estoient forcés de les entreprendre : Ils disent que les mor->tifications continuelles des Solitaires leur servent d’ornement comme les fleurs auxprairies.

Non loin de Laìuu , qui est auíïf sous la jurisdiction de la Capitale de Chinan , on raxe. mèH-découvre la montagne de Taxe , qui foisonne en minières de fer. ta & ne '

Quant à la Ville de Chinan, elle est ainsi nommée de la Famille de H ana > cbinm ,elle fut appellée Lìncì fous celle de Tafiga 5 sous l’Empereur Tvttí elle estoit com- r, ^ f *prise dans la Province de Chincheu. Elle est au reste fort grande 8c bien peuplée, 8cembellie de tres-somptueux bastimens, 8c de grand nombre de Ponts élevés sor leLac de Taming , 8c la rivière de Ci , qui par les diverses branches de leurs eaux ap-portent une grande commodité aux habitans & aux mariniers. Ùn Roy de la Fa-mille de Taiminga tint ía Cour dans cette Ville, mais les Tartares, parmi les chaudesbourrasques de leur fureur, la ruinèrent de fonds en comble - 8c n épargnèrent que

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