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L' Ambassade De La Compagnie Orientale Des Provinces Unies Vers L'Empereur De La Chine, Ou Grand Cam De Tartarie : Faite Par Les S-rs. Pierre De Goyer & Jacob De Keyser, Illustrée d'une tres-exacte Description des Villes, Bourgs, Villages, Ports de Mers, & autres Lieux plus considerables de la Chine / Le Tout Recueilli Par Le Mr. Jean Nieuhoff, Mre. d'Hostel de l'Ambassade, à present Gouverneur en Coylan ; Mis En François, Orné, & assorti de mille belles Particularitez tant Morales que Politiques par Jean Le Carpentier, Historiographe : Enrichie d'un grand nombre de Tailles douces
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Nombre desnlleSiCrc.

I§8 ' r^MBASSADE de la t:. 0 R . des Prov. Unies .

contempler ce bel Arc en Ciel, qui environne Pair d’un diadème de gloire ; maisAlcuìn Précepteur de Charle marne efcrit, que ce qui le rend plus admirable, c estque parmi ses beautés il porte les marques de la Justice, il monstre du feu & del'eau en fa couleur rouge & bleue, pour nous apprendre que la Justice tient le feuen fes pouvoirs pour consommer les mefchans, Sc l’eau pour porter le rafreschisse-ment aux ardeurs cuisantes des calamités, qui travaillent les misérables. Bandésdonc toutes vos veines, ô Souverains de la terre, comme ce brave Empereur deTartarie , Sc roidiífés vos bras contre les torrens des iniquités, St la fèlonnie de cesgens de corde, qui troublent I harmonie de vos Estats, St quand il est question defaire une oeuvre de Justice , faites encore comme Carnutes Roy de Dannemarc , quiaprès avoir examiné le procès de douze Voleurs St Bandouliers, St paífé condem-nation, en trouva un qui fe diíòit du íang Royal. C’est raison (dit le Roy) qu on luyface quelque grâce, St pour cela qu on luy donne le plus haut gibet.

Il y a dans cette Province de Xantung six Grandes Villes Capitales, nonante deuxpetites, St quinze Forteresses, comme vous pouvez remarquer en la Table pre-cedente.

des hommes. Les Registres qui contiennent le nombre des hommes de cét Empire, sont men-tion qu’ll y a dans cette Province 770555. Familles & 6759675, hommes. Le tributle tribut, du milet, du ris, Sc du froment est de 2812119. sacs ; de foye filée on en paye 5499o.rouleaux ; de livres de coton 52449. de bottes de paille St de foin 3 8 24290; outre lerevenu des Bureaux, dont il y en a trois fur la riviere âllwi , par où tous les Naviresqui vont à Peking doivent passer : Sc bien que les droits des marchandises qui paf*lent outre, ne soient que tres-petits, toutesfois la quantité en fait monter la sommejusques à dix millions, ou bien cent fois cent mille efcus d or, fans mettre en lignede conte le jeu des Gouverneurs St Officiers - que nous appelions le tour du bajton,O si j’osois dire combien de tour fait ce baston, Sc combien l’efprit évéillé à fes in-terests trouve d’artisices pour venir à bout de fes intentions, jemassureque vousauriés en abomination un grand nombre de ces Suffifans, St Bateurs de pavés quin’ont leurs maisons basties que fur la ruine des pauvres St cimentées que du sang desmisérables. Je veux croire que par fois la conscience en remord quelques-uns, maisà la fin ils font persuadés qu on ne peut plus vivre dans le monde fans tourner lebafion , Sc qu il est maintenant auffi necesiàire que de respirer. Faisions donc làsemblables Ministres, qui fuivans la mode du temps, fervent leurs maistres fans ou-blier leurs propres affaires, & fauchent le pré pendant qu il est encore dans 1 abon-dance , Sc entrons dans cette Province de Xantung , pour y reconnoistre scs per-fections.

K

CHAPITRE XL.

zAr rivée des tAmbafìade urs d Kiakia , Jax-hìnno , Cinningjiu, &c.

. P esche étrange des Chinois .

Les^ímbas. T e Canal de f un qui nous servit dans la Province de Nanking , nous porta le sizié**rfntth*' á^me du mois de Juin dans celle de Xantung , St arrivâmes vers le soir à un fameuxKiakL. Village nommé Kiakia, situé au millieu dune vaste 8t agréable plaine, riche entoutes fortes de grains St de fruits ; St non de merveille s’il enferme de si beaux bâti-mens Sc tant d’habitans. Le rofmarinycroist par tout abondamment, Sc de sonodeur il embaume tout le terroir. Les animaux sauvages St foretiers y foisonnent,Scparticulièrement, les Cerfs, Sc les Biches, comme aúsiì diverses fortes d’oyfeaux,entre lesquels les Faiíans Sc les Francolins y font si communs, que chez nous lesAlouettes. Nous ûines un grand plaisir à la chasse du Cerf, Sc de la Biche, maisparce que nous scellions pas bien informés de leurs erres, Sc de leur gilles, nous re-tournâmes quelques-fois à main vuide, quoy que les Seigneurs Tartares qui nousaccompagnoient,fussent pourveus de tres-bons Lévriers Sc Chiens de Meute. Ils fu-rent fort étonnés de nous voir tirer quelques Faisans en volant,Sc des biches en cou-rant , Sc admirèrent nostre agilité à fendre leur cuir, à les dépouiller (ostans avec lapeau le parement, c’est à dire, une chair rouge, qui est fur la venaison Sc chair de labiche) Sc à faire tout chaudement la curée aux Chiens de leurs testes, de leurscœurs, de leurs cervelles Sc de leurs cous z Sc leur monstrâmes clairement que les

curées

s