VERS l’EMPEREUR DE LA C Hì N E# \Jl
qui ensermoit plusieurs petits lieux propres à recevoir les reliques des corps de cesEmpereurs, Sc de leurs enfans. L'Empereur Adrian se fit baítir un superbe Mauso-lée hors de la Forte Elia. Cette ambition s’etendit jusques aûx Calatins , Scipions ,Serviliens, MeteUes , Sc autres grands Guerriers Romains, qui pour laisser à la poste- 'ricé le souvenir de leurs glorieuses actions, se firent bastir des Temples, des Chapel-les , des Mausolées, des Colomnes, des Pyramides, des Obélisques, Sc semblablesmachines fur les grands chemins ; car on ne pouvoit jadis estre inhumé dans lesTemples dédiés aux Dieux, Sc méme parmi les Chrestiens, il s’est passe plus de dou-ze cens ans, avant que personne ait esté enseveli dans aucune Eglise : mais à présentl’abus est si grand, que chacun tasche d’y estre mis, Sc la pluspart non seulement desFamilles Nobles,mais aussi des moindres Bourgeois y élisent Sc fondent leurs sépul-tures , qu’ils enrichissent de Marbres de Gestes , d’Albastre de Venise , de Porphyrede Candie , d’Yvoire de la Guinée , Sc de mille autres marques fastueuses & super*fluës, pour servir de trophée Sc de mémorial eternel aux: mérités, Sc à la gloire deceux qui y sont ensevelis.
Mais entre toutes les Nations du monde, les Historiens nen ont rencontré de desEgyp-plus curieuses que XEgyptienne , qui employoit la meilleure partie de ses biens en à§, c ruf érection dune infinité d admirables structures, de Pyramides, de Colomnes , d’O-belisques, d'Epitaphes, Sc d’Inseriptions honnorables, non seulement pour récom-penser la vertu, Scies services de ceux, à la gloire desquels ces ouvrages estoientélevés, mais aussi pour inciter les vivans à se pousser aux belles actions. Les Lacedo -miens Sc les Troyens , qui nestimoient rien au prix des armes, dreslòient des Tom-beaux Sc firent des Epitaphes seulement à ceux qui avoient esté tués à la guette.
Les Athéniens firent aussi élever desTombeaux tres-superbes à plusieurs Capitaines,qui les avoient vaillamment servi, comme à Miltiades , à Pericles , Sc à Cimon , Sc ondit quel'architecture de ces beaux Sépulcres sembloit égaler les Temples de leursDieux mesmes. De sorte que la coustume d'eriger des Monumens à la gloire desGuerriers ne fut pas moins receuë parmi nos Anciens que parmi les Chinois. Et siceux-cy enrichislòient semblables machines de statues, & d’inseriptions, qui conte-noient leurs plus louables actions, ceux-là sculpoient Sc tailloient en des colomnesde marbres ou de bronze les faits d’armes, Sc les batailles gagnées de leurs Héros,
& les enrichisiòient de lames, d’Obelifques, de Tymbres, de Pylastres, Sc de plu-sieurs autres singulières inventions.
Au midy de la sus-dite Ville de Chinan on conte plus de septante-deux Fontaines, Kiuto.rt^dont une appellée Kiuto est plus recherchée que les autres, à cause de la bonté Sc de tatne ‘la douceur de ses eaux.
Le seconde Ville Capitale de cette Province est Yencheìj, qui durant le ftnthtu »régné de l'Empereur Tvus avoit son territoire divise en deux parties * dont lune VtUc 'estoit comprise sous cette Ville d 'Yencheu , Sc l’autre sous celle de Siucheu . Tout cepaïs est renfermé de la riviere deéV,qui arrouse leNord,& de la Saffranée,cpi mouil-le le Midy, où l'on void des riches campagnes,des monts fort divertissans,des forestsremplies de gibier, Sc des Lacs Sc des Rivières foisonnantes en poissons.
Non loin de cette Ville on découvre la montagne de Fang, où les parens du tres- fà»g, mons-fameux Philosophe Confusius choisirent leurs sépultures. ta z ne '
Changpìng est une montagne voisine de la Cité de Ceu , qui servit de berceau au changpiHg .,dit Philosophe. On void encore une autre montagne proche de Tungping , qui est™”*^^tellement mestée de forests, Sc de champs, quelle ressemble à une tres-belle pein- tag»Lture, d’où vient que les Chinois la comparent au Damas, ou Tafetas de fleurs.
Nous arrivâmes le 13. dù mois à la Ville de C1 N N1N G s 1 u, ou Cining , depen-dante de celle d Tengcheu. Nos Ambassadeurs y furent tres-bien receus, par l’A-gent du jeune Vice-Roy de Canton , en l'absence du Gouverneur, qui estoit avecion Conseil hors de la Ville, pour réparer les digues contre la violence des eaux dûFleuve Sajfra?ié.
Cette Ville qui est environnée de tous costés de marescages, est plantée au milieudu Canal Jun , à 565. stades de Taujèncien . De sorte que les Vaisseaux qui Veulentmonter ou descendre, sont contraints de passer par icy, Sc d’y payer le droit de péa-ge. Elle ne supasse pas seulement en grandeur, en peuple, en commerce, Sc enmagnificence les autres 2 6. Cités dependantes de la Capitale sus-dite, mais aussi íaCapitale mesme* Elle a produit un Roy de la Famille de Taiminga , Sc son territoi-
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