17z. l’Ambassade de la C. 0\ DEL Prov. Unies
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íe a donné la naissance au dit Cungfutìus , qui fut tellement révéré pour ía rare do-ctrine , qu on luy dédia quinze Temples tres-íòmptueux. Son Fau-bourg du costédu Canal foyal est rempli dé tres-beaux bastimens, & d’un grand nombre de mar-chands , qui y débiteur toutes sortes de denrées. On y voit deux fortes esclufes quiretiennent i’eau du dehors, laquelle est souvent íìx pieds plus haute que celle du de-dans.
ytamangy Non loin d’icy on vóid le grand marais de Nannang , qui foisonne en postions.ZTk On peut découvrir d’icy & vers la Cité de Cao le Lac de Luy , c est à dire le Lac duJ ' ' r tonnerre , car au milieu il y a une pierre, dont le corps reííèmble à un dragon, &la teste à un homme ; les habitans la nomment Teíprit du Tonnerre, & disent que sion luy frappe le ventre, il en sort un bruit tres-efsroyable.
Proche de la Cité de Niuyang , dependante aussi àTencheu ', $c à deux lieues deTaojonm- Cìnìngjìu , on void la fontaine de Tao , c’eít à dire du Brigand, dont le Philosophene - Cungfutìus ne voulut jamais gouster, quoy qu il se soit trouvé tourmenté d une ri-
goureuse soif, tant avoit-il en horreur les actions, & le nom méme des voleurs.
Nous vîmes és environs de la Ville de Cìnnìngfìu une étrange maniéré de pescher,uuwtty d. par le moyen d’un certain Oiseau qu’ils nomment Lourva , que je vous representeà u ìrT* P ar * a % ure suivante. Il est preíque aussi gros qu une Oye , & ne ressemble pas maia ?' C au Corbeau ; il a un long cou, & un bec d’aigle fort courbé.invention Les Pesoheurs voulans faire leur mestier, s engagent fur des petites barques, fai-
de pefcher tes ro seaux fort proprement joints, & se poussent bien avant dans les rivières &seaL ° 1 ' les lacs, où ayans fait choix d un lieu commode à leur dessein, laschent ces Oiseaux,qui se plongent à randon dans les eaux, y attrapent les poiísons avec une vistesse ad-mirable , & s’en gorgent ; & dés qu ils en sont gorgés, ils retournent dans leurs bar-ques , où ils sont forcés de rendre par le bec ce qu ils ont avallé ; Et dés aussi-tostqu’ils se trouvent déchargés de leurs paquets, ils y retournent encore pour se rem-plir de nouvelles proyes, qui sont fort bien receuës par leurs maistres. Les plusgourmands d’entre ces oiseaux ont leurs cous fermés d’anneaux de fer, pour faireque les poissons qu’ils prennent soient rendus tant plus facilement. Quand ils attra-pent quelques grands poissons, qu’ils ne peuvent pas bien maistriser, ils jettent uncry afin d’estre secondés de leurs maistres. Et si lors qu’ils sont hués & réclamés, ilsse rebutent, ou tardent trop long-temps à retourner, ils sont si rigoureusement bat-tus avec des bambous ou roseaux, que leurs plumes tombent de leurs corps par poi-gnées. Quand ils ont assés travaillé pour leurs maistres, on leur oste les anneaux defer, on leur donne les coudées franches, &■ se jettent dun plein íàut sous les ondes,