Les^ímbaf-sadeura ar-rivent auVillage deHanwaig.
thoses ad-mirables .0
174 l’Ambassade de la C. O r 0 des Prov. Unies
que de relevé d’allégorique. Nous prîmes un grand plaisir à voir,& à entendredurant nos repas toutes les mommeries tk gaiiiardiles de ces fallots, qui âpres avoirbien sué dans leurs j eux,se contentèrent presque de rien. Les Hôteliers nous traitè-rent méme si civilement, qu ils ne nous demanderent pour chaque repas, que deuxmacus , qui font douze fous de nostre monnoye, y compris le salaire des Farceurs.
Nous partîmes le lendemain à l’aube du jour de cette Ville de Cinìng , & passâmesun peu aprés par le Village de Nanwaig, planté au collé gauche du CanalRoyal, à l'endroit où il mêle ses eaux avec celles du fleuve de Luen. Les Tartares &les Chinois nous racontèrent des merveilles de ce fleuve, Sc entr’autres qu’en y jet-tant neufs petits ballons, six iroient du collé du Midy Sc trois du collé du Septen-trion. Je ne l’aurois pas crû, sil’experience, Sc mes propres yeuxnem’en ûssentrendu sage, Sc allure. Us nous entretinrent encore de mille milleres Sc secretsmerveilleux qui íe découvrent tous les jours proche d’un certain Temple, quilsnomment le Serpent Royal , proche duquel est une eau qui convertit en pierre unballon qui est mis dedans, Sc une autre qui se met à bouillir au ion d un instrument.Il me souvint à ce propos de cette admirable Fontaine Eleufine } qui estant fort claireLc reposée - elle se met neantmoins si fort à bouillir au bruit de quelque instrument,quelle jette ses eaux par deíïùsfes bords, comme si elle se rejoiiislòit au Ion de laMusique. Cela est rapporté par Aristote en son livre des Merveilles de la Nature,parSolin , Sc par le vieux Poète Ennie. Les mesmes Autheurs font aussi mention d unfleuve nommé Siler , qui change en pierre les branches ou les baguettes que l'on yjette. Plusieurs Historiens nous avancent une infinité de semblables merveilles,dont on ne peut comprendre les causes,mais je n y puis adjouster foy, à moins que jeme trouve vaincu par lexperience, mere de seureté. De combien de telles choiessurprenantes font tissus les Eserits de Pline , de Colúúiellê , de Diodore , de Solin , àôTbeophrastre , d’ Isidore , de Mêla , de Strabon , de Vitruve Lc autres ? Ils disent quele Lac de Judée nommé Alfaltide , à présent dit la Mer morte, ne produit aucunpoisson i ni oiseau, ni aucune chose vivante, Sc méme qu'un homme ne peut synoyer encore qu il fut étroitement garotté. Le Lac d 'Averne , Lc celuy de Po^yuoleen Italie tué les oyseaux qui volent par dessus ses eaux. Il y a une Fontaine en Judéenommée Lie os Lc une autre en Ethiopie , dont les eaux mises dans les lampes brûlentcomme de 1’huile. Il y a en Cìcile un fleuve Lc un aùtire prés de Carthage qui ont cesmesmes propriétés. 1/ìdore parle de deux Fontaines, dont lune rend la femme stéri-le , Sc T autre seconde. Il y en a une en , qui tué subitement celuy qui en
boit. ìl y én a encore en Ehrace Sc en la Satnarie qui font de pareils effets. U ne pe-tite Fontaine de Schitie tombante dans le sein du grand fleuve Hypenù , est capablede rendre si ameres toutes ses eaux qu’il est impossible d’en avaller. Deux Fontai-nes en Boètiefo nt fort renommées, à cause que l une fait perdre la mémoire, Lc quel’autre la conforte. On y en trouve aussi une qui tempere les aiguillons de la chair,& une autre qui les provoque. Une Fontaine deíseiche les yeux d’un parjure, uneautre luy brûle les mains - Lc une treizième couvre son corps de lepre. Uneriviere nommée Chimere > dés aussi-tôt qu elle partage ses eaux, Lc en fait diversesblanches - elle en a aucunes douces, Sc les autres ameres. Eh llllyrique il y a uneFontaine d’eau douce qui brûle tout ce que l'on y jette non plus ni moins qu'un feuconsommante En Epire Une Fontaine esteint un flambeau ardant, Lc allume celuyqui est esteint. En Perse il y en a une, qui fait tomber les dents à tous ceux qui enboivent.En Arcadie on en trouve aucunes qui ont les eaux si froides,quelles brisenttous les vaisseaux, encore qu ils soient d’or, d’argent, ou de quelque autre metail iLc ne peuvent estre contenués Lc recueillies que par des vaisseaux ou gobelets faitsd’un pied de mulle. Il y a deux rivières en Boëtie , l une desquelles fait que toutesles brebis qui font abbreuvées de ses eaux portent la laine noire, Lc l’autre leur fait
F orter toute blanche. Le fleuve Lincestû enyvfe aussi puissamment que le vin. EnIfle de Cea un petit ruisseau rend les personnes hebetées. En P otite une riviere pro-duit des pierres qui s’allument au vent ; une infinité d’autres guérissent de la pierre,de la lepre, de Hydropisie, de la Phtisie, de la sievre, Lc d’autres infirmités - Lc detout cecy qui est-ce qui en apportera des pertinentes raisons ? J’avoué que lesgrands effets de Nature se demonstrent plus evidemment en ce seul element d’eauqu’en tous les autres : mais pour moy j’ay de la peine à me laisser persuader de la vé-rité de tout ce que je viens de rapporter.
CHA-