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L' Ambassade De La Compagnie Orientale Des Provinces Unies Vers L'Empereur De La Chine, Ou Grand Cam De Tartarie : Faite Par Les S-rs. Pierre De Goyer & Jacob De Keyser, Illustrée d'une tres-exacte Description des Villes, Bourgs, Villages, Ports de Mers, & autres Lieux plus considerables de la Chine / Le Tout Recueilli Par Le Mr. Jean Nieuhoff, Mre. d'Hostel de l'Ambassade, à present Gouverneur en Coylan ; Mis En François, Orné, & assorti de mille belles Particularitez tant Morales que Politiques par Jean Le Carpentier, Historiographe : Enrichie d'un grand nombre de Tailles douces
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VERS L’EMPEREUR DE LA CHINE.

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où ils font bientost grosse gorge, & remplissent leur ventre. Les Pescheurs payent àl’Empereur un tribut annuel pour chaque oiseau -, Il s en trouve de íì habiles 8c de sicourageux, qu on en vend par fois 50 . toels d argent la piece, qui font 150 . fransmon noyé de Hollande. Nos Ambassadeurs en marchandèrent un, mais le Peícheurne pût le resoudre à le vendre, parce qu’il en entretenoit ía famille, & qu’il luy estoitmal aise d en recouvrer si-tôt quelque autre, à cause qu ils ne font pas fort seconds,

Sc qu il falloit beaucoup de temps pour les affaicter, c est à dire, pour les rendrefaictis, souples,apprivoises, & instruits au vol, Sc à la pefche. Il semble que Jean Gon-fles appelle dans ses écrits ces oyfeaux Scholfers , mais il nous decnt cette pefcheun peu a une autre façon. Les Chinois,dit-il,ont une méthode de pefcher toute par-ticulière , 8c fort ingénieuse. LEmpereur tient en cage, dans toutes les Villes ba-sties fur les Lacs Sc Rivières, grand nombre de Scholfers , avec lesquels on pefchedans les mois que les poissons jettent leurs œufs. Lors que les Maistres de ces oi-seaux veulent pefcher, ils les lient dune menue corde fous les ailles, Sc serrent mê-me leurs cous d une fìcele, afin qu ils ne-puisient avaller le poiíïòn ; Sc en cette po-sture les lafchent, Sc les font descendre d un vol droit, rude, Sc vigoureux dans leseaux, lesquels y ayans pris en un clin d’œil leur bechée,la viennent ausskôt déchar-ger dans les barques de leurs maistres à demi remplies d’eau. Ce qu ils n ont pas plu-stôt faits qu ils se jettent avec la méme ardeur dans les ondes pour reprendre nou-velles bechées, Sc continuent cét exercice avec une visteíse Sc ordre incroyablejusques au reclam de leurs maistres, qui leur ayans osté les ficelles, les laissent fon-dre dans les eaux pour se gorger, Sc remplir leurs ventres ou musettes, qui sent d or-dinaire bien vuiaes, puis que la veille de la pefche on ne leur donne qu’un tiers dcgorge, on une petite mesure de milet, afin qu’ils soient plus ardans 8c volontaires.

Nos Ambassadeurs acheterent une quantité de poissons de ces pescheurs, dontla pluípart estoient des Carpes preíquelongues de deux ampans, Sc pesoient troisquarts de livre.

Toutes ses Hosteleries Sc tous ses Cabarets ont i cy leurs propres Comédiens 8c chaque ho-Farceurs, de méme que ses Villages de nostre pais ont durant ses foires leursjoueurs de violons. Ces gens font tous richement vestus, Sc sont tousjours prests de à,,reprefenter aux passagers leurs farces Sc comédies durant ses repas. Ils nous mon-strerent un livre dans lequel estoient écrits tous leurs jeux Sc nous importunèrentd'en choisir un à nostre fantaisie pour estre représenté fur 1e champ. Ils récitentpreíque tous leurs vers en chantant, & ils ne disent preíque rien qui approche nosdiscours ordinaires : toutes leurs sornettes font pleines d’entousiafmes, Sc nont rien

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