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L' Ambassade De La Compagnie Orientale Des Provinces Unies Vers L'Empereur De La Chine, Ou Grand Cam De Tartarie : Faite Par Les S-rs. Pierre De Goyer & Jacob De Keyser, Illustrée d'une tres-exacte Description des Villes, Bourgs, Villages, Ports de Mers, & autres Lieux plus considerables de la Chine / Le Tout Recueilli Par Le Mr. Jean Nieuhoff, Mre. d'Hostel de l'Ambassade, à present Gouverneur en Coylan ; Mis En François, Orné, & assorti de mille belles Particularitez tant Morales que Politiques par Jean Le Carpentier, Historiographe : Enrichie d'un grand nombre de Tailles douces
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i8i l’Ambassade DE LA C. O k . DES Prov. Unies

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que loti voit éclorre les coleres, les furies, les désespoirs, qui courent quelques-seiâau feu, au seng, aux précipices, Lc aux cordeaux. Ah ! que des Dames innocentesont esté blesses par ce monstre, en l’honneur qui leur est plus chere que la vie ! Ah !que de femmes déplorables ont servi de victimes à la fureur des maris enragés, quiont passé 1 eípée à travers de la moitié de leur chair, pour contenter leur barbare ty-MvU aux rannie ! Obérés Dames, gardez vous bien, pour eviter semblables désastres, devamet. donner sujet de soubçons à vos maris, que vous connoiíses estre bien-tòt frappés decette maladie. Gardés vous de paroistre libertines,en rodant & courant les rués, lesvergerSiôc les jardins,en espiant les assignations, les promenades, & les collations, enécrivant Ôc recevant des lettres d’amour, en faisent les gentilles, & voulant estreestimées telles, en servant les autres en leur inclination, en désirant estre égalementservies, en portant des habits diíïòlus, & des gorges découvertes, en parlant libre-ment , en vivant licentieusement, & en méprisent tout ce qui se dit pour priser vo-ftre plaisir. Tout cela ne va qu a la prostitution de vostre honneur, au naufrage devostre chasteté,& ne peut qu augmenter les ombrages & les deffiances de vos maris.xamuen Liste de Xamuen est plus grande, & plus peuplés que les deux precedentes ; elle

jjie. ' a un havre fort commode pour les navires, & on paíïe de ce lieu sert aisernent à Co*rêe 3 à Leàotung, & à Peking. On la tient fort riche en mines dor, mais qui sent gar-dées fort soigneusement^ de peur que quel-quun les évente, & les fasse connoiitre.

Par tout où la mer porte ses eaux, & là où il y a des Ports, on y a basti des Forte-resses , ou des Chasteaux, qui font pour la plulpart si bien bastis, & si peuplés, qu ilspeuvent estre estre égalés aux bonnes Villes.

Vcin, ville. Nous arrivâmes le 25. du méme mois à U c 1 n , ou Vchìng , petite Ville depen-

dante de la Capitale de Tungcbang ^laquelle se void à 120. stades de celle de Lincing.

Elle est située au costé Méridional du fleuve de Guet dans une plaine carrée 5 sesmurailles font tres-fortes & tres-solides, comme vous remarqueréz par cette figure ;son Fau-bourg Septentrional est rempli de maisons, & de force habitans. Ge lieu aperdu beaucoup de se premiere gloire par le ravage des dernieres guerres. Le ter*ritoire qui l’environne est fort divertissent , & abonde en toutes sortes de grains ôíde fruits. Les marais, les étangs, & les canaux que fart a inventé pour l’usege & lacommodité des habitans, foisonnent en poissons de bon goust. Ce set icy que sefit n aguerres un furieux combat entre les Tartares, & les Chinois, où la mélée fut siépouventable, & y ût tant de sang versé, que le petit fleuve de Chìnki , qui en estoitproche*, s’enfla comme un torrent débordé > entraînant les corps morts* Entronsmaintenant dans la Province de Pekgng.

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