vers l’Empereur de-ca Chine.
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du Gouverneur de cette Ville, pour satisfaire à la curiosité de ía femme, qui m'avoirmandé expressément par un de ses Domestiques. Dés qu elle apprit mon arrivée -elle me vint recevoir avec grande civilité au pied dune grande salle, où je la vistoute brillante comme une Diane entre trente Nymphes lùperbement atournées.
Elle avoit à son costé gauche un tres-riche Alcatif, où elle me fit aííèoir, pour s J in-former de toutes les particularités d’ 0lança (c est ainsi que les Chinois appellent laHollande) lesquelles je m’efforçay de luy representer sommairement, & sans affe-ctation. Dequoy elle témoigna d’estre extremement satisfaite, me remercia haute-ment de mes peines, me régala de viandes, de boisions, & de confitures tres-exqui-ses, & me chargea de l’excuser auprès de nos Ambassadeurs fur l’absence de íònmary, qui n ut manqué, estant présent, de les recevoir selon leurs mérités. NosAmbassadeurs ayant appris de nos Truchemens que son mary estoit pour lors à laCour de Peking , & qu ii y estoit en grand crédit & respect, ils envoyerent à cettegénéreuse Dame quelques gentils presens, qu elle accepta d’un tres-bon œil, Lc lesen fit remercier tres-courtoiscment.
Nous partîmes le méme jour de ce lieu, & arrivâmes fur le soir au Village de Tonmu ,T o n n a u, vis à vis d’un fort, mais petit Chasteau, qui estoit soigneusement gardé riUa &*par les Tar tares. Lapluípart des maisons de ce Village, comme aussi celles deslieux circonvoisins, estoient fort simples, mal basties, & reflembloient mieux à desfours de Westphalie qu a des maisons rustiques. Estes n avoient au dedans (commecette figure vous le monstre) qu’une petite place carrée, avec un soupirail, unefenestre, & un huis, sens qu’il y ût aucune autre retraite en bas, en haut, ou áuxcostés.
Les peuples d’aux environs sont si sauvages, & si effrénés, quils se prennent auxcheveux pour la moindre bagatelle.
C est icy le pais, où la haine, l’envie, & le larrecin sont en vogue : un chacun yest malin, froid, pernicieux, funeste, & couve tousjours quelque œuf de Serpent,dont il en fait éclorre une infinité de désastres, jusques à pafler le degré dune bru-talité , & d une barbarie execrable, qui fait que les uns saccagent, & embrasent lesmaisons de leurs voisins, mangent des cœurs tout crus, les autres deterrent desmorts, & exercent des cruautés fur ceux qui n’ont plus rien de commun avec les vi-vans. Les autres inventent des supplices non vens, non oiiys, non imaginés, & au-cuns se font des coupes du test de leurs ennemis, pour y boire encore la vengeanceaussi souvent que le The , comme fit cét Alhoin , un monstre digne de f horreur &de l’execration de tous les hommes.
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