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L' Ambassade De La Compagnie Orientale Des Provinces Unies Vers L'Empereur De La Chine, Ou Grand Cam De Tartarie : Faite Par Les S-rs. Pierre De Goyer & Jacob De Keyser, Illustrée d'une tres-exacte Description des Villes, Bourgs, Villages, Ports de Mers, & autres Lieux plus considerables de la Chine / Le Tout Recueilli Par Le Mr. Jean Nieuhoff, Mre. d'Hostel de l'Ambassade, à present Gouverneur en Coylan ; Mis En François, Orné, & assorti de mille belles Particularitez tant Morales que Politiques par Jean Le Carpentier, Historiographe : Enrichie d'un grand nombre de Tailles douces
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^AMBASSADE I>E LA C. O r . DES PROV. UNIES

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Lors qúe nous reposions dans ce lieu, le feu se prit au Vaisseau du Mandarin duvieux Vice-Roy de Canton , sur quoy tout le monde qui estoitàterre s’alama ; lesSoldats méme, qui estoient en garnison dans le Chasteau, coururent aux armes,pournous venir seconder, croyans que nous estions attaqués par quelques bandes de bri-gands , qui foisonnent en ces quartiers là, comme les postions dans les eaux. Nousnous mîmes tous en devoir de secourir ce Vaisseau, dont le cable estoit desja cou-pé pour leloigner de la flotte, & nous fîmes tant par nostre addresle & diligence,que nous arrestâmes d’abord les flammes par le moyen de nattes mouillées,sinkidtn , Nous arrivâmes le troisième du mois de Juillet à la petite Ville de Sinkm-viïïu c i e n , que d'autres par contraction appellent Cing , laquelle depend de la Capitalede Hokierì. Elie est située au costé Méridional du fleuve Gueì dans une tres-belleMontagne plaine, & est éloignée de quarante stades de celle de Sanglo. A quelques stades dedu Trom- ce p eu on decouvre entr autres la petite montagne du Trompeur, ou du PauJsaire,oûímr ' fut abyfmé un Seigneur qui nexercea toute fa vie d'autre ' aétier que de tromper unchacun, mais il apprit par ía malheureuse fin, qùun perfide ne fut jamais heureux.Et je vous priei Lecteurs, où est-ce qu on a jamais veu un trompeur réussir en toutesses entreprises j uíques à la fin ? A-ce esté à òaul , qui aprés avoir tant de fois promisà David la seureté de fa personne, comme il ne cefloit de le persécuter, fut réduit àune telle nécessité d’affaires, qùil se tua de ía propre main, laissant en fin ía dépouil-le à celuy qùil pretendoit d amner ? A-ce esté au malheureux Ammon , qui ayant faitune feinte pour attirer íà soeur Tbavtar en ía chambre, & la deshonnorer, fut de-puis assassiné à la table de son frere Absalon ? A-ce esté à Joab , qui arrouíà de sonsang l'autel où il s’estoit réfugié âpres avoir tué Amass en le saluant? A-ce esté àAmafis Roy à Egypte , qui perdit le Royaume & la vie, pour avoir íupposé une au-tre fille que la sienne,qu il feignoit de donner en mariage à Cambyses Roy de Perse?A-ce esté à Cambyses , qui fut mort aussi-tôt que blessé par son propre eípée, lorsqùil avoit donné charge à Prevajpe de massacrer son frere Mergû ? A-ce esté àHanno , qui, prétendant íe faire Roy de Carthage par le massacre qùil devoit fairede ses Gouverneurs invités au festin de ses nôces, se trouva pris aussi-tôt que dé-couvert j pour estre fouetté, aveuglé, rompu, & crucifié avec tous les siens ? A-ceesté au Successeur de Senanus en Provence , qui voulant empeseher la fortune & lesdesseins des Grecs fondateurs de Marseille par le moyen dune bande de fripponsattitrés, se trouva massacré avec ses gens, aussi-tôt que découvert ? A-ce esté à Ba~goas , l’Eunuque à'0chus Roy de Perse , qui croyant empoisonner Darie , comme ilavoit fait son maître, 8c son fils, fut contraint ae boire son poison préparé ? A-ce

esté