VERS LEMPEREUR DE LA CHINE. 20J
" Throne, lors queJ’y seray assis dans mon Palais nouveau, veu encore que j ay" trouvé bon qu ils soient tres-íplendidement accueillis, magnifiquement traitez,
" & promptement dépêchés, en considération qu’ils font venus de si loin, pour re-" verer ma Grandeur, & qu ils ont traversé tant de mers, tant de terres, & tant de" montagnes pour arriver à Pekìng , s'y reposer sous la douceur de ma protection, &
C£ y admirer la clarté du Soleil dans son Ciel, comment pourroit-on parler à l’encon*e£ tre de telles personnes si respectueuses & si zelées, & comment pourroit-on les re-<c buter en leurs demandes*?
La deuziéme Lettre contenoit à peu prés ces paroles :
" Hauts, Vénérables, St Chers Conseillers, ayant fait relire la Lettre des Hol- u z. Lettre" landois le íìziéme jour du siziéme Mois {qui efl entre nom le 6. d'Aoufl) & en ayant e f crite aH“ bien compris le sens, je trouve que leur Ambassade qu ils ont entrepris de leur C °”‘" propre mouvement, & fans contrainte, est procedée d ames nettes & sincères, &
" appuyée fur un juste fondement, & dautant plus qu ils viennent de bien loin au de" là de la Grande Mer, comme des oyseaux qui volent en lair sans estre forcés de« descendre,& parce aussi que j'estime cette Ambassade & entreprise par dessus tou-" tes choses, que j’aime comme moy méme, & que je la reçois pour la plus agréable<£ des agréables, je vous commande, Chancelier, & vous tous mes Conseillers, qu’à" leur requeste qu’ils font par cette Ambassade, qui est de pouvoir aller, & venir" dans ce mien Royaume, vous ûssiez à prendre & arrester une ferme, prompte, &
" favorable résolution, dont vous m’en aviserez au plustôt.
Le Chancelier, à la veue de ces Lettres, sit demander aux Ambassadeurs par les ventantesCommissaires sus-nommés, s’ils ne pouvoient pas se rendre en cette Cour tous les d c ^ r anmans, ou pour le moins tous les trois ans pour saluer sa Majesté : à quoy les Ambaíïà- "deurs répondirent qu’il leur seroit bien difficile d’executer si precisement ce com-mandement , mais qu au reste, ils feroient leur possible de s'y rendre tous les cinqans, à condition toutesfois qu’il leur seroit permis de venir tous les ans à Canton avecquatre Vaisseaux, pour y trafiquer. Le Chancelier là dessus fit assembler les deuxConseils de Tartarie , & de la Chine , ausquels il propoíà avec grand avantage lesdesseins des Hollandois*, & s’efforça de leur persuader qu on leur devoir permettrede venir tous les cinq ans faire hommage à fa Majesté. Tous les ConteiVittsTartaresse monstrerent d’abord fort portés à conclure en faveur des Hollandois, mais ceuxde la Chine , plus artificieux que ceux là, ôt qui íòus une peau délicate, & une languequi distilloit le miel, cachoient des cœurs de panthères mouchetés de finesses, (com-me les peaux de ces animaux font mouchetées de la diversité de leurs miroirs) di-rent hautement, qu’il falloit estre plus favorables aux Hollandois, & que ce seroitaisés de les obliger de venir une fois tous les neuf ans en ce Royaume, à cause dela longueur, & des cousts du Voyage. Ilsvouloient entendre par ces discours deíòye, comme on reconnut/depuis, qu’on ne devoit permettre aux Hollandois devenir, d’entrer, & de trafiquer en ce Royaume qu’une feule fois en neuf ans.
D’abondant non contens de ces artifices, ils mirent en avant qu’il pouvoit avoir let conseil -de la duplicité & de la feintise dans nostre Ambassade, & que nous estions vray-sem-blablement Anglois, Sc non Hollandois, alleguans que ceux-là avoient encore de- JZbasia-puis trente ans tenté de s’introduire dans ce Royaume, qu’ils avoient forcé le Havre deurs -de Heytamon avec quatre Navires, qu’ils y avoient pris plusieurs caracores chargéesde sel, Sc non contens de cela qu’ils y avoient ruiné la Forteresse, y fait prisonnier leMandarin, & y laissé des marques de leurs cruautés par tout le voisinage z De sortequ on fut obligé de les déclarer par Edict les perpétuels ennemis de cét Estât. Ilsdirent encore qu il importoit fort pour le bien public de ne pas précipiter cette ré-solution , ains qu’il falloit estre mieux informés de la sincérité, Sc de la preud’hom-mie des Ambassadeurs, qu’on devoit bien censurer leurs Lettres de creance, qui necomprenoient pas tout ce qu’on leur proposoit.
Toutes ces procédures surprirent extremement nos Ambassadeurs, puis qu’onleur avbit asseuré dans Canton que fa Majesté leur avoir accordé la liberté du com-merce dedans son Empire, en vertu de la deuziéme Lettre addressée lors aux Vice-Rois, où il estoit aussi spécifié, que les Ambassadeurs dévoient se transporter àPehing , pour remercier personnellement sa Majesté de cet Octroy.
Mais ce qui estonna d'avantage les Ambassadeurs, fut le rapport qu’on leur sit des l t e *X e s“} te d lfausses menées duPere Adam, Sc dc ses complices Jésuites, qui leur avoient fai ulUllx *
Oo z eípe- Hollandois .