VERS L’EMPERE'UR DE LA CHINE. 219
furent contraints par le Maistre d’Hostel de vuider bien souvent leurs gobelets, Scd’en remporter le reste quant & eux. Ce que nous distribuâmes fort libéralementaux gardes des portes,qui n estoient pas accoustumés de recevoir de íì grasses lipées*
Avant que de prendre, congé de la Compagnie, nous fûmes encore obligés deregarder vers le Palais Impérial, & de nous agenouiller avec respect, comme íi nouseussions esté en effet devant fa Majesté : Puis un chacun retourna en son Hostel fanspompe & à petit bruit.
Le lendemain le Vice-Consul vint rendre visite à nos Ambassadeurs, & leur de-manda en outre si nous pouvions vivre trois jours sous l’eau, comme les Jésuites &les Portugais avoient voulu persuader au Grand Conseil. Sur quoy ayant esté satis-fait , il leur fit beaucoup de protestations d’amitié, leur promit de pousser chaude-ment leurs desseins, & dit qu a leur premier retour, ils ne dévoient faire de si grandsfrais, ni apporter tant de presens si exquis, & que de petits ne lairroient pas de fairede grands effets. .
Le mefrne jour nos Ambassadeurs furent conduits avec pompe pour estre traités-- Festinpour la seconde fois. Mais en retournèrent moins satisfaits que la premiere fois,cause qu’ils reconnurent que les autres Ambassadeurs &c Courtisans estoient mieux deurs,caressés qu eux. Estans surpris de ce changement,ils en demanderent le sujet à leursTruchemens, qui leur dirent rondement, que le Vice-Consul estoit mal-content dece qu il n avoit receu aucuns presens venans de leurs mains. Nos Ambassadeurs,quinattendoient pas cette refponse, à cauíe qu'ils avoient crû que les Mandarins deCanton avoient également distribué à tous les Grands de l’Empire tous les Presensqui leur avoient esté mis en mains en la Ville de Nan%ing, ne manquèrent pas de re-médier incontinent à cette faute ; laquelle pourtant fut si sensible à nos Ambassa-deurs, qu’ils en eurent de grosses paroles avec les Mandarins, qui tâchèrent d’étouf-fer ce mauvais bruit, de peur qu il ne parvint aux oreilles de fa Majesté, qui n eut pasmanqué de les en châtier fort rigoureusement.
Le troisième Festin fut delaié jusques au 14. d’Octobre,à cause que nous n avions z. Festin.pas encore receu nos dépêches : Auquel iour nos Ambassadeurs furent pompeuse-ment conduits à cheval avec toute leur íuitte, juíques à l’Hostel du Grand Consul,où nous fiâmes mieux régalés qu auparavant, à cause que nos Presens avoient mis leVice-Consul dans ses belles humeurs. Tant est-il vray que toutes choses sont pres-que vénales dans les Cours & les Palais, où la balance n incline que du costéqu’onrend le plus pesant.
Immediatement âpres le second service, nos Ambassadeurs, & ceux de leur fui-te , furent priés de recevoir à genoux les presens que leur avoit destiné fa Majesté,qui furent tels - selon la liste que j’ay eu entre les mains :
I. Pour le General Jean MaatzuikER.
Trois cent ttyls d'argent. * tnsnsa*
Quatre paquets de simple Damas* voyés par
Quatre paquets de Satin noir, à « 7 /!^
Quatre paquets de Satin bleu.
Quatre paquets de Damas bleu.Quatre paquets de Drap dor , dontD'eux estaient figurés de Dragons .Quatre paquets de Thuys. *
Dou^epaquets de Jfielings. *
Dix paquets de Hofijens. *
bajsadeHrS)
Quatre paquets de Damas bleu à fleurs.
Qimtrepaquets de Gases .
Quatre paquets de Focas *, (5Quatre paquets deVelous noir*
II. Pour les AMBASSADEURSjàchacund’eux,
Cent teyls d argent.
Quatre paquets de Pelings.
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