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L' Ambassade De La Compagnie Orientale Des Provinces Unies Vers L'Empereur De La Chine, Ou Grand Cam De Tartarie : Faite Par Les S-rs. Pierre De Goyer & Jacob De Keyser, Illustrée d'une tres-exacte Description des Villes, Bourgs, Villages, Ports de Mers, & autres Lieux plus considerables de la Chine / Le Tout Recueilli Par Le Mr. Jean Nieuhoff, Mre. d'Hostel de l'Ambassade, à present Gouverneur en Coylan ; Mis En François, Orné, & assorti de mille belles Particularitez tant Morales que Politiques par Jean Le Carpentier, Historiographe : Enrichie d'un grand nombre de Tailles douces
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VERS l’EMPEREUR DE LA CHINE

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ques mots Arabes, an moyen desquels ils prétendent estre préservés de beaucoupd'inconveniens, & fur tout des coups de leurs pagayes : failant méme porter de cesGrigris à leurs chevaux. Voila de quelle façon ces vaines creances font établies partout. On a crû que la feule figure & Alexandre le Grand rendoit heureux ceux quila portoient. Celle d ’Hercule fe mettoit à même deíìein fur les portes des logis. LéDiscours du retour de l’Ambassadeur de Breves parle dune pierre taillée en formede Scorpion dans une des murailles de Tripoli , joignant la Marine, pour en exter-miner toutes les bestes venimeuses, qui lavoient tousjours infectée auparavant ; cequi n est pas appuyé fur de meilleurs fondemens que les contes precedens, Lc milleautres semblables. Fhilofirate reprefente les Indiens qui font cheminer les dra-gons , & les endorment avec de certains mots pour leur couper feurement la teste,où ils trouvent des pierres propres à les rendre invisibles comme Gyges. Les Lettresdes Peres Jésuites méme de l an 1626. nous apprennent, que des Mores d ’Ethiopiey conjurèrent les Sauterelles, qui broutoient tout, en disant de certaines oraisons >

& mettant certains billets íur trois qu’ils avoient prises dans un filet. C’est ainíì quel’imposture ne manque jamais ni a autorité, ni de raisonnemens non plus que lavérité.

Quelque peu de temps aprés nous nous trouvâmes au Village de Faesan,

(dont je vous exhibe le crayon à la page suivante) qui est aífis fur la riviere, Lc estceint d'un territoire fort fertile, & divertissant.

Le 28. du meíme mois nous revîmes en santé la célébré Ville de Canton , où nous ^nìvletrouvâmes les deux Vaisseaux, que nous avions laissé sous la conduite & direction adu S\ François Lantsman , lequel nous receut avec tant de salues de canons, & d'ar- canton.quebufades,que toutes les maisons des Bourgeois en furent ébranlées.LesSeigneursTartares, que l’Empereur nous avoit donné à noítre retour pour escorte, & peurmettre ordre par tout à nostre réception, furent étonnés de voire la grandeur, lasolidité, la fermeté, & la force de nos Navires. Dés que nous fumes arrivés, lesAmbassadeurs entrerent dans la Ville en tres-bel ordre, devant lesquels marcha leS* . Henry Baron fous un Parasol, accosté des deux banderoles, portant en mainavec grand respeà la Lettre de sa Majesté Impériale, & la monstrant au peuple, quifaccompagna de mille applaudiífemens & cris de joye : nos Cannoniers cependantébranloient incessamment la terre par leur artillerie.

Le lendemain nos Ambassadeurs allerent saluer les Vice-Rois, la Mere du jeu-ne Vice-Roy, & le Tutang, aufquels ils donnerent à connêtre l’issue de leurs affai-res. Ils furent traités magnifiquement les jours fuivans par ces Grands Princes,

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