VERS lEMPEREUR DE LA CHINE.
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. Cette Province de X a n s i se decouvre au Soleil Couchant de celle de Pebìng.
Elle peut se vanter d’avoir servie de premier berceau & de séjour à la Nation Qhu Limiteí<ienoiíe, laquelle y fut sans doute attirée par la fertilité du terroir, par la bonté de l’air,
& par la beauté des montagnes remplies de bois & de campagnes tres-divertissan-tes. Les Monts de Heng la séparent de la Province de Pekìng : Elle a pour limites auNord la Grande Muraille, & continué tout le long de la dite Province depuis leSoleil Levant jusques au Couchant : au delà est le Royaume de Tanyu , & 1 * affreuxdesert de Xamo : En aprés elle est resserrée par ce rapide Fleuve Sajfrané , qui cou-lant du Nord au Midy, ramasse une grande quantité d’eau : il passe entre cette Pro-vince & celle de Xenjì , & le poussant tout droit vers le Levant juíques aux extrémi-tés de la dite Province, il la séparé d'avec celle de Honan.
Cette Province ne compte que cinq Villes, quumt plus de nonante-deux Cités «ombre de tfous elles,fans parler des Forteresses,que vous remarquez dans la Table precedente . Cítés>
Le Livre, qui contient le dénombrement des peuples, porte qu’il y a 589959. Fa- des hommesmilles dans cette Province : 5084015, c est à dire plus de cinq millions d’hommes ; letribut du froment, Sc du millet (qui croist icy en abondance) est de 2274022. sacs :elle paye 50. livres de fin lin : 4770. draps de soye de toute serre ; z 5448 50. bottesde paille Sc de foin pour la nourriture des chevaux de l'Empereur ; 420000. poids desel, chaque poids de 124. livres : Tout cela se paye annuellement, fans conter le re-venu des Receptes Sc des Bureaux.
On cultive icy quantité de raisins, qui surpassent en goust & en bonté tous ceux ^«dancedelahaute^/foíde forte que si les habitans en vouloient faire du vin, ils en au- evi & neí 'roient dú tres-bon, & en abondance} mais ils se contentent seulement de les sei-cher, & de les vendre par tout, comme ils font les noix.
On trouve icy des Puits de feu, de méme que nous en avons d’eau parmi nous : -puitsdeon s’en sert pour cuire les viandes, ce qui est fort commode & de nulle deípense./™*
On ferme l’ouverture de ces Puys, en forte qu’on ne laisse que des petits trous, quise rendans à la marmite, la peuvent environner. L’on m’a dit que ce feu est par foisépais, peu luisant & diaphane, Sc qu’il n’est pas capable de brûler le bois qu’on y jet-te. On le met par fois dans de grandes cannes ou roseaux, pour le porter plus aisé-ment là où on veut, Sc s’en servir pour cuire, en ouvrant seulement le trou de lacanne ; le feu qui en sort peut faire bouillir ce qui est tendre juíques à ce qu’il soittout exhalé. On dit qu’on trouve dans ces Puits quantité de Pierres, semblables auxBelemnites , qui causent le sommeil, Sc font avoir la victoire à ceux qui les portent.
Ce sont des admirables secrets de la Nature, si cela est véritable.
Dans toute cette Province on tire du charbon comme celuy du Pais de Liege. charbon àLes Chinois Septentrionaux s’en servent pour entretenir le feu, Sc échauffer leurs brùler 'poiíles & étuves : âpres avoir premierement cassé ces pierres noires, ils les pilent, Scpuis les ayant mélées Sc détrempées avec de l’eau, ils en font des masses de toutesorte de formes à la façon de nos Belges : A la vérité elles ont de la peine à prendrefeu, mais quand il y est une fois, il dure fort long-temps, & si ne laisse pas d’estrevif Sc ardent. Ces postes sont pour la pluípart de briques, comme és Allemagnes ,mais faits en forme de petits lits, de sorte que vous croiriez plustôt voir un lict dansune chambre que non pas une étuve.
La premiere Sc Capitale Ville de cette Province est nommée Taiyven, qui ,a servie de demeure aux Rois issus de la Race de Cheva. Elle fut ainsi nommée de laFamille de Taimìnga , dans laquelle le fils du premier de cette Famille a aussi régné,
Celle de Tanga y tint aussi le siégé de l’Empire, Sc luy imposa lors le nom de P*?-king , qui luy fut osté par la Race à Ft ay , qui la nomma Siktng , Sc depuis celle deSunga , Hotung. On ne doit pas donc s’étonner, si elle est embellie d’un grandnombre de superbes bâtimens, Sc d’Arcs Triomphaux, puis que tant de Monar-
S ont tenu leur séjour. Le plus admirable des Ouvrages qui s’y retrouvent, estlìs Royal, qui peut égaler en grandeur, en magnificence, Sc en architectureles plus beaux des Romains : Dans les Monts qui l’avoisinent, on voít les Sépulcresde tous ces Rois, en quoy les Chinois n’ont pas fait moins parêtre leur somptuositéque leur superstition. Ils sont tous faits de marbre, ou de pierre de taille : ils pre-neur souvent beaucoup de place,pour en rendre la magnificenced'autantplusgrande : On y voit des voûtes merveilleusement bien basties, quantité d’ArcsTriomphaux, des riches statués de divers animaux tres-bien rangées, Sc des forests
mémes