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L' Ambassade De La Compagnie Orientale Des Provinces Unies Vers L'Empereur De La Chine, Ou Grand Cam De Tartarie : Faite Par Les S-rs. Pierre De Goyer & Jacob De Keyser, Illustrée d'une tres-exacte Description des Villes, Bourgs, Villages, Ports de Mers, & autres Lieux plus considerables de la Chine / Le Tout Recueilli Par Le Mr. Jean Nieuhoff, Mre. d'Hostel de l'Ambassade, à present Gouverneur en Coylan ; Mis En François, Orné, & assorti de mille belles Particularitez tant Morales que Politiques par Jean Le Carpentier, Historiographe : Enrichie d'un grand nombre de Tailles douces
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140 l’Ambassade de la C. 0 \des Prov. Unies

mérnes de cyprès plantés en échiquier, qui apportent un grand contentement auxregardans.

Cette Ville est mouillée au Couchant des eaux de la riviere de Fuen , & est déten-due de tres-fortes murailles > & si longues, qu'elles comprennent en circonférencetrois lieues entier es. Elle est située dans un lieu fort agréable ,& fort sain : 1 a ver-deur des côtaux, Sc les montagnes couvertes de bois en rendent auísi la veuë fortdivertissante, & récréative.

Elle est encore ornée de plusieurs superbes Temples dédiés aux Héros, dont il yen a sept fort considérables, entr autres celuy de çuhia basti fur le mont d ’lnsiven , àl’honneur du vaillant General Hanfìnius. Il y en a un autre dans la Ville dédié à ungrand Roy lorti de la Race de Chao , dont on dit que la statue se drelïà d’elle méme,dés aufsi-tôt que le Sculpteur lût gravée fur une pierre precieufe, & quelle allaprendre fa place au lieu,où on la voit, à présent. C’est ainsi que Satan enforcele cettemisérable Nation.

Au Couchant de cette Ville on voit un Torrent nommé Lieu , à cause de la quan-tité de faulx qui le bordent. Leshabitans mettent ces arbres au rang de ceux quidivertissent la veuë, mais ce ne font pas ceux qui poussent leurs branches en haut,mais bien ceux qui fe baissans & plians d’en haut, comme si c'estoient des cordes, &tous couverts de fueilles, touchent presque jusques à terre ; ores ils les dressent dela forte avec artifice : lors que la branche fe jette en haut, ils la rechargent tellementde terre que le tronc paroist au dessus > de façon que la branche qui est desja pliéevers terre, y prend racine, & vient derechef un second arbre, dont les branches ve-nantes toutes à fe courber, divertissent ceux qui les regardent par un tres-beau, &tres-agreable afpet. Les Chinois en font d ordinaire de méme des autres arbres,comme nous avons accoutumé de le pratiquer dans les hayes, & dans les treilles.

Non loin de cette Ville on voit la riviere de ty», dont un bras qui coule vers leNord, fut fait par le Roy Chipeus , à dessein de submerger la Ville, qu il ne pouvoitmaistrifer par la force de íes armes.

Pingyang, qui tient le second rang dans cette Province peut paíîer pour unedes principales Villes de la Haute A fie i le fameux Empereur Javus , y tint fa cour2Z57. ans avant le Naissance de Christ . Elle n’a que douze Temples assés célébrésdans tout ion territoire, dont l'un est de pierres de taille carrées, basti fur la mon-tagne de çuikin , ayant force colomnes de pierre. Il y en a aussi un autre proche deTfaiping , où la Famille de Sunga fit une delpenfe véritablement Royale.

Au Couchant de cette Ville on void la montagne de Golung , qui pousse fes íom-Montagnes. mets jusques à la Province de Xenst. Celle de IÇiâo est célébré,pour renfermer dansíbn enceinte la couronne, avec toutes les marques Impériales du Monarque Hoang.tius . Celle de Xeviang est renommée à cause qu elle servit de retraite à deux Philo-sophes issus du sang Royal, persécutés par 1 Empereur Chevì. La montagne de Liene produit aucunes eípines, ni mauvaises racines qui puissent nuire, à cauíe (disentles habitans) des mérités de l’Empereur Xunus, qui y fut laboureur avant que d'estreappellé à l’Empire. La Montagne de Cìo est auísi fort fameuse à cause de la magnifi-cence de son Temple aux Idoles, & d’un Monastère de Sacrificateurs, qui y viventen commun, & y servent aux Diables. La Montagne de Hukjve est riche en fer, &est pleine de forges, là où on fond un grand nombre d’instrumens.

La riviere de Hoei arrouíe presque tout le territoire de cette Vide, & va rendrefes eaux dans la riviere Saffranée. Non loin d’icy il coule une eau des montagnes,qui est fort chaude en Hyver, & tres-froide en Esté. Ce territoire a auísi un Lac aupied du Mont de Xevyang , où l’on dit que les Empereurs alloient ordinairementpefcher. On fait du sel des eaux du Lac d’Jeu , auquel on donne cent & quarantestades de circuit.

T a i t u n g treizième Ville Capitale de cette Province, n’a pas sujet de fe van-ter de son antiquité, ni de fa grandeur, mais bien de la force de fes murailles, & defa garnison. Elle a cinq Temples considérables, dont l'un est dédié à un Cabaretier,qui ne voulant charger fa conscience des deniers qu’un de fes hostes, mort en sonlogis, luy avoit confié, les restitua au légitimé heritier : La belle vie, la belle foy, lagenereufe charité que voila : cette action auísi fut tellement estimée des Chinois,qu’ils bâtirent ce Temple à 1 honneur de ce Personnage, &le nommèrent Ch'ang»gmg , c’est à dire tousjours pieux.

Auprès

îingydngVille ,

Diverses

HoetyYÌviere, c rc.

Tditung

Ville.