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L' Ambassade De La Compagnie Orientale Des Provinces Unies Vers L'Empereur De La Chine, Ou Grand Cam De Tartarie : Faite Par Les S-rs. Pierre De Goyer & Jacob De Keyser, Illustrée d'une tres-exacte Description des Villes, Bourgs, Villages, Ports de Mers, & autres Lieux plus considerables de la Chine / Le Tout Recueilli Par Le Mr. Jean Nieuhoff, Mre. d'Hostel de l'Ambassade, à present Gouverneur en Coylan ; Mis En François, Orné, & assorti de mille belles Particularitez tant Morales que Politiques par Jean Le Carpentier, Historiographe : Enrichie d'un grand nombre de Tailles douces
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l’Ambassadedela C. O r . des Prov. Unies

Chevalerie en percent les oreilles, comfne on peu t voir dans Garcilasso de, la Vega.César de Federici represente les Naires, qui font les Gentils-hommes de Xlnde Orien-tale , avec de si grandes oreilles, Sc si bien trouées, qu on y peut passer le bras. EtOdoardo Barbosa monstrent en parlant de ceux de ^eilam dans la mérne région,dont nous avons parlé, que cela lé fait par la grosseur, & pesanteur de leurs pendans-d oreilles, qui les font venir iniques fur leurs épaules. Ne potivons-nous pas remar-quer encore avec quel transport d’aífection Antonìa femme de Drusm mit d autrespendans-d oreilles à une Lamproie, dont elle faiíòit ses delices ? Et comme les An-guilles d une Fontaine d z Jupiter Labradien en portoient deméme. Je ne dis rien de• ceux des femmes, parce que de tout temps, Sc en tous lieux, elles en ont fait une deleurs plus grandes vanités. D où vient la plainte de Seneque , qu elles portoient deuxSc trois patrimoines au bout de chaque oreille. Mais qu elle invective n’ût-il pointfaite contre celles qui fe percent les extrémités de leurs plus sécrétés parties, pour ypasser des anneaux d or, qui s’ostent Sc fe remettent quand bon leur semble. Le Ca-pitaine Portugais Pierre de Sintre , témoigne que les Dames de qualité d une certai-ne coite de Guinées fe contentant pas de ceux,dont elles parent le nez Sc les oreil-les , s en ajustent encore au lieu que nous venons de dire, fans quoy elles ne penfe-roient pas d’estre galantes. 11 est vray que les hommes ne font pas plus modestes enbeaucoup de pais. Odoardo Barbosa dit qu’ils portent au Royaume du Pegu de pe-tites sonnettes de disserens métaux, liées à leur membre viril, ou fourrées entre lachair Sc la peau du prépuce, les faisant sonner par les rués, s'ils y voient passer quel-que femme qui leur plaise. Linschot, Sc assés d’autres prennent cette invention pourun remede contre la Sodomie ordinaire dans tous ces quartiers. Mais quoy qu il ensoit,la méme choie s'observe au Royaume de Siam mentionné cy devant, si non quele Portugais qui a fait le sommaire de XInde Orientale traduit par samujìo , adj ousteque les Grands Seigneurs ont souvent, outre les sonnettes, des diamans de prix encette par tie.Nicolas de Conti asseure que les habitans de la Ville à J va ne croiraientpas fe pouvoir rendre agréables à leurs maistreíses, s’ils n’avoient une douzaine deces sonnettes ainsi enchâssées en forme de petites noisettes. Et Pigafetta témoigneque ceux de T Isle de Z^ubut portent par gentilleíïé des anneaux d or de la groslèurdune plume d’oye, qui leur traversent le prépuce ; de méme que je me souviens d’a-voir leu dans Nicolai , qu’il y a des Religieux Turcs, nommés Calanders qui s y enmettent encore de plus gros, Sc de fer, pour conserver leur virginité. En vérité leluxe, Sc la luxure de l'Orient vont bien au delà de ce qui fe pradquoit à Borne dutemps de Seneque , & de celuy de Pline l'aifné, quoy que le dernier ioûtienne que lepremier homme qui mit un anneau au doigt de fa main, commit un crime détesta-ble sejjìmum vit ce fcelus secit , qui annulum primus induit digitìs, C’est bien faire pisdans la doctrine des meurs d’en porter aux doigts des pieds, comme font les fem-mes Indiennes, Sc entr autres les Gu%gerattes , mais encore ceux de nostre sexe.Quand Pierre Alvares receut fa premiere Audience du Roy de Calicut , il le vit toutlumineux de pierreries enchâssées dans des pendans-d’oreilles, des bracelets Sc desanneaux tant aux doigts des mains que des pieds, faiíànt voir par ce moien fur l’unde fes orteils un Rubis, & une Efcarboucle de tres-grand pris. Et Louis Barthemerepresente un autre Roy de Pegu s qui estoit encore plus excessif en cela, n ayant au-cun des doigts de fes pieds qui ne fust chargé d’anneaux garnis de pierreries.tvrterejses. C ette province enterme aussi quatorze Forts tres-bien défendus de garnison, Scde murailles. Celuy de Gueiyven peut égaler une bonne Cité en ía grandeur, enla fomptuosité de fes bâtimens, Sc en,la magnificence de fes Temples, dont l’un estdiTàl’bcZ dédié à Meure,qui ne le ferme jamais, afin que l’entrée en fiìt libre à tous momens.re. Cette cérémonie cache un sens misterieux,qui n est pas de petite considération dansla vie.Les Chinois veulent dire qu’il faut prendre l’heure Sc le temps commodes entoutes choses, si nous voulons les bien faire, Sc quelles nous réussissent parce qu’il ya des certains points, si favorables à ceux qui fçavent les remarquer, Sc s’en préva-loir , qu’ils y trouvent facile ce qui devient incontinent âpres embarassé de mille dif-ficultés. Ce fut pourquoy Lysippe voulut reprefenter le Temps, non pas comme unvieillard tel que Saturne ,mais de la forme d’un jeune homme en la fleur de son âge ;à cause dit Calliftrate , dans l’interpretation de cette figure, que tout ce qui fe fait autemps, Sc à l’heure qu’il faut, est tousjours trouvé beau Sc bien-fait. C’est pour celaque les Latins nommèrent leur Sage un homme de toutes heures. Faisons à la Pro-vince de Xenf qui tient le troisième rang entre les Provinces de cét Empire.

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