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L' Ambassade De La Compagnie Orientale Des Provinces Unies Vers L'Empereur De La Chine, Ou Grand Cam De Tartarie : Faite Par Les S-rs. Pierre De Goyer & Jacob De Keyser, Illustrée d'une tres-exacte Description des Villes, Bourgs, Villages, Ports de Mers, & autres Lieux plus considerables de la Chine / Le Tout Recueilli Par Le Mr. Jean Nieuhoff, Mre. d'Hostel de l'Ambassade, à present Gouverneur en Coylan ; Mis En François, Orné, & assorti de mille belles Particularitez tant Morales que Politiques par Jean Le Carpentier, Historiographe : Enrichie d'un grand nombre de Tailles douces
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VERS L’EMPEREUR DE LA CHINE. 24s

Auprès d’ícy il y a un petit Lac nommé Kìunçu , c est à dire du bon-Homme, enmémoire de ce Cabaretier.

Lugan quatrième Ville Capitale de cette Province, fut ainsi appellée de la ugm ,Famille de Taimìnga , qui y fonda un Palais. Son territoire est mouillé' des eaux du ViUc -fleuve de Chang , Sc enferme deux Temples tres-celebres, dont l’un est élevé sor le \mont de Peco , qui signifie toutes sortes de fruits, où l’on voit un puits, prés duquelon assure qu une Deesse enseigna à l’Empereur Xinnmigus la façon de semer & demoissonner toutes fortes de grains & de legumes. De forte que pour honnorer lamémoire de cét enseignement si profitable à l’homme, ils luy érigèrent un Templeavec beaucoup de frais.

On voit encore en ce Territoire le Mont de Lin proche de la Cité de Tunlieu, íurlaqtielle Heuyus , archer tres-adroit, tua en volant íèpt oiseaux l’un aprés l’autre. Lamontagne de Fakieu abonde en tourterelles, & en forests, Sc est defenduë d’un bonChasteau. Celle de Funien , est renommée pour une Vache enragée, qui âpres avoirtué beaucoup de monde, fut chassée dans une spelonque par un homme inconnu.

Fuencheu cinquième Capitale de cette Province, est embellie d’un tres-soperbe Palais Royal, Sc de quatre Temples dédiés aux Héros. On y fait un breu- Vílle ‘vage de ris fort estimé, qui n est pas moins bon que le vin que nous avons : On y faittremper de la chair de chevreau mêlée je ne sçais comment : Les habitans en fontgrand estât ; la substance en est tres-bonne, a beaucoup de force, Sc a un goust fortagréable & délicieux : ils le nomment communément Tangcieu , comme si l’on di- 'soit, vin de Chevreau. Son territoire est ombragé dune montagne fort haute,nom- Montagnesmée Fanhu , c’est à dire dix mille hommes, qui íe sauvèrent sur les sommets de* cettemontagne, durant une funeste inondation qui desoloit tout le voisinage. Le Mont .de Caotang proche de la Cité de Hìàoy enferme quantité de bains, de puits à feu, &de fontaines chaudes, qui ressemblent en quelque façon à celles de Puteolì , ou Pou»s(pli en Italie ; Je m’aíïeure que si les Chinois recherchoient avec plus d’ardeur tou-tes les commodités Sc qualités de leurs eaux, ils en verroient aisément réussir des e£sets merveilleux. • sin,citê.

S1 n est une des trois Cités plus considérables de cette Province,* 011 l’air est ordi-nairement plus épais Sc plus froid qu’ailleurs, à cause de la hauteur des montagnesqui l'environnent. On y voit trois superbes Temples dont l’un a en garde une fortbelle Bibliothèque, dans laquelle les plus anciens de leurs Monarques ont estudié*

L E a o, est aussi une des grandes Cités, qui est célébré pour le trafic de Ginfeng, teâ », citéSc de Musc, dont son territoire abonde, c e est la troisième des grandes Cités, que ^ c *les Chinois nomment Cbeu s Elle est mouillée des eaux rouges de la riviere de Tan ,que les habitans affirment avoir pris cette couleur de sang, depuis la funeste mortd’un de leurs Gouverneurs de la Race de Chao.

C’est en cette Province que les habitans portent aux nés, aux levres, aux joues, Anneauxau menton, Sc aux pieds des anneaux: Les hommes mémes y portent des petites J*sonnettes attachées au bout du membre viril. Cecy ne vous semblera pas étrange,si parties duvous lisés les Histoires de ces Nations Orientales. Jndré Corsai en dit presque au-"Es-tant des femmes Arabes du port de Calayate, Nous lisons à peu prés la raéme chosedans samufio , des Dames de Narsngue vers le Levant. Et Diodore Sicilien témoi-gne au diziéme Livre de fa Bibliothèque, que celles d Ethiopie avoient accoustu*mé de se parer les levres d’un anneau d’airain. Pour le regard des oreilles, c’estpar tout le monde qu'011 s’est. pieu, hommes, Sc femmes, à y faire pendre des ba-gues de prix. Car bien que *les oreilles percées paíïènt dans le Deuteronomepour une marque entre les Juifs de servitude perpétuelle ; que nous lisions dans lavie de Xenophon écrite par Diogene Laërtius , comme ce Philosophe reprochoità un certain Apollonidès pour luy faire injure, qu’il avoit aussi les oreilles percées % -que la basse naissance de 1 Empereur M.acrinus parut, à ce que dit Dion CaJJìus , ence qu’il en avoit une trouée à la façon des Maures ; & qu’eneore aujourd’huy iln’y ait gueres que les femmes dansí 'Europe qui portent des pendans-d oreilles :

Si est-ce qu’il y a aussi des Cavaliers, qui prennent parmi nous, & ailleurs, la li-cence de s’en parer. Les Perses, dit Diodore ,les Xrabes P anchées mettent ordi-nairement des anneaux’à leurs Oreilles. Les Grecs fans doute en usoient de méme,puisque nous sçavons par l’autorité de Sextus le Pyrrhonien , que Platon estant en-core jeune homme avoit l’une des deux percée,ôù pendoit une bague. Je neveux pas oublier là dessus que les Incrn Empereurs duPmtofdoslnoientl’Ordre de

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