VERS L’ÊMPEREUR DE LA CHINE. 2<5r
Xehoa tres-riche en oranges, Sc la riviere de Miel o qui servit de tombeau à un (Gou-verneur de la Province, qui se votant poursuivi par quelques déterminas mutins,se précipita dans les ondes, Sc ainsi il triompha de la rage de ses ennemis en se per-dant. Ce Prince estoit tellement chéri de ses peuples pour fa bonté, Sc clemence,qu’ils ordonnèrent à un chacun de chommer le jour de ion treípas, Sc de l’honnorerde jeux, de combats, de festins, Sc de resjoúilsances, en fa mémoire : Cette festes appelle Tuotiu , Sc se garde maintenant religieusement par toute la Chine.
P a o k i n g , neulviéme Ville Capitale a son territoire rempli de montagnes, >
dont les plus célébrés font celles de Jun , de íÇinching , Sc de Changmo : celle-cy en àdune si grande étendue, & de si difficile approche, que les hommes y font farouchesSc sauvages, Sc ne se soucient d’aucune Domination.
Hengcheu diziéme Ville Capitale est arroulée des eaux de la riviere âc Hengc j )eft)Ching, Sc de quelques Lacs. Son territoire, quoy que montagneux en divers en-â 3droits ne laiíïè pas d’estre abondant en toutes choses : Il est méme tres-riche en ar-gent , si on avoit la liberté d’en ouvrir les mines.
-C H a n g t e onzième Ville Capitale est mouillée des fleuves de Juen , de Lang, c ^is e gte 3Sc d’un grand Lac. Elle enferme un tres-beau Palais, qui servit jadis de séjour à unRoy de la Famille de Taiminga. Son territoire porte quantité de pierres d’Azur,d’oranges, de manne, de talc, de pierres précieuses, Sc de cerfs.
X i n c h e u, douzième Ville Capitale a un territoire plein de grandes Sc vastes xincheu ,montagnes, qui sont riches en argent vif, en pierres d’azur, Sc autres, Sc en or me- Vl - ik 'me. La montagne de Siaoye conierve encore mille volumes êchapés de la fureurde l’Empereur Xius, qui avoit commandé de brûler tous les livres. Celle de Locungnourrit des oiseaux qui ne chantent ni ne gazouillent jamais, si ce n’est lors qu’il doitpleuvoir, Scc. La pluspart des montagnes de ce territoire fervent de retraites Sc dedemeures à un peuple sauvage, qui, selon la croyance des Chinois, puise son origined'un chien, qui en trois ans fit six fils Sc six filles à la fille d’un Roy, qui s’estoit reti-rée dans ces montagnes : de sorte que de ces six paires fut formée Sc fondée cetteNation.
Jungcheu, treizième Ville Capitale est célébré pour un Palais y basti par la fn»gche» 3Famille de Taiminga } Sc pour la magnificence de quatre Temples dédiés aux Héros . Viile '
Chingtien, quatorsiéme Ville Capitale est mouillée au Couchant des eaux ckingw»,du fleuve de Han , Sc enferme six superbes Temples. Les arbres Sc les pierres que Villc 'l’on void dans son territoire sont toutes rouges, fans en pouvoir donner aucuneraison.
Chingyang, quinzième Ville Capitale a un territoire couvert de tres-rïches v>™gy<tng 3campagnes. L'Estaing y abonde, les Chastaignes y foisonnent, Sc diverses herbes rúle '
& plantes médicinales : il y en a une de celle-cy nommée Munghoa , c est à dire la sieur d»fleur du songe, fort estimée parmi cette nation, à cause qu’une de ses petites bran-^” sí *ches mise sur la chair nue fait reposer une personne d'un fort doux sommeil, Sc luyfaitnaistre des songes tres-plaisans Sc agréables s si cela est vray ,je croiray auíttceux qui disent qu il y a des pierres qui font resver les choses futures, estant misesfous le chevet du lit, comme celle dont parle Solin , à qui la figure a donné le nomde corne de Hammm ; mais je fuis si peu porté à me repaistre de viandes creuses,que je ne fais pas plus de cas de ce qui fe dit des songes que fait une nouvelle mariéela premiere nuict de ses nopces, qu’on veut quils soient tousjours véritables, témoinceluy dont parle le Moine IRorìco qu eut la mère de Theoâoric Roy des Gots , quellesceut si bien déguiser à la femme áldatius. Et peut estre doit-on avoir la méme opi-nion de ce qu escrit Blefkenius en sa description de ï Islande , quand il allure qu àcause que les habitans de cette Ifle font la pluípart de leurs meubles doslemens deBalenes,St qu ils en construisent méme leurs maisons,ceux qui s’y reposent la nuit nesongent jamais que des naufrages ; encore qu’il semble qu’on pourroit rendre quel-que raison physique de ce dernier effét.
Il n’y a plus rien de considérable dans cette Province que les deux grandes Cités cingcheu ,de Cìngcheu , Sc de Chincheu (qui sont riches en peuple, St en toutes sortes de com- T he c u h ^ dw ,modités nécessaires à la vie) Sc onze petites Cités Militaires, remplies de soldats, qui des citís±veillent à la defence Sc conservation du païs. Entrons dans la Province de Chekiang,qui tient le diziéme rang entre celles de 1 Empire.
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