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L' Ambassade De La Compagnie Orientale Des Provinces Unies Vers L'Empereur De La Chine, Ou Grand Cam De Tartarie : Faite Par Les S-rs. Pierre De Goyer & Jacob De Keyser, Illustrée d'une tres-exacte Description des Villes, Bourgs, Villages, Ports de Mers, & autres Lieux plus considerables de la Chine / Le Tout Recueilli Par Le Mr. Jean Nieuhoff, Mre. d'Hostel de l'Ambassade, à present Gouverneur en Coylan ; Mis En François, Orné, & assorti de mille belles Particularitez tant Morales que Politiques par Jean Le Carpentier, Historiographe : Enrichie d'un grand nombre de Tailles douces
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TeganVille .

Hoangcheu,Ville .

160 l’Ambassade de la C. 0 \ des Prov. Unies

ferme, ne laisse pas d’estre fertile & opulent. Les habitans quoy qu’il lenr soit dé-fendu d ouvrir des mines, puisent quantité d or des rivières avee liberté, dont ilsfont un grand trafic. On y trouve encore force perdrix, & beaucoup de vieux pins,fort propres à faire des colomnes selon l'architecture des Chinois. On y voir en-tr autres la montagne de Vutang , renommée pour vingt-sept sommets qui s éleveurvers le Ciel, pour trente-six coteaux qui vont en montant, & pour vingt-quatreLacs ou étangs, qui abondent en poissons. On y trouve divers Temples magnifi-ques, Sc Couvents de Sacrificateurs, qui reçoivent leur ordre Sc leurs statuts de ceuxdu Mont de Tìentai dans la Province de Chekin , Sc s'addonnent inceííàmment à lacontemplation, Sc se croyent trop subtils, Sc spirituels pour vivre avec un mondegrandement corrompu, qu ils disent estre un monstre dont lentendemenr est unpuits dë tenebres ; la raison, une boutique de malice ; la volonté, un enfer où millepassions gourmandent ; ses yeux, deux canaux de feu, d'oìì volent les eítincelles deconcupiscence ; fa langue, un outil de malédiction ; ion viíage, une hypocrisie pein-te ; son corps, une éponge d’ordures ; ses mains, des griffes de Harpyes ; fa foy, in-fidélité 5 fa loy, fa passion ; Sc son Dieu son ventre. Nous parlerons plus amplementen nostre seconde Partie de leurs cérémonies, & coutumes.

Tegan, quatrième Ville Capitale a un territoire qui produit de petits Vers sau-vages , qui font la cire, non plus ni moins que les Abeilles parmi nous. Cette cireest tellement recherchée à cause de sa blancheur, Sc de son odeur, qu il n y a pres-que que les Grands qui s en servent.

Hoangcheu, cinquième Ville Capitale est fort marchande Sc bien peuplée,

' à cause de la commodité de la Ríviere de ìsiang qui l’arrouse, Sc de la fertilité duterroir qui l'environne, où 011 trouve une espece de serpent, dont on se sert con-tre la gale, la lepre, 5 c autres maladies de cette nature. Vis à vis de cette Ville ondécouvre l iste de Pequey , plantée au milieu des eaux de Kyang , où on dit qu’il arri-va un merveilleux acculent à un soldat, qui ayant esté jetté dans l’eau par ses enne-mis , fut sauvé par une Tortue, qui le porta à bord, en reconnoissance de ce quelleavoir esté autresfois traitée de luy avec toute douceur.

Kbígcheu , K i N g c h e u, siziéme Ville Capitale est ceinte des eaux du Lac dê Tmg , Sc du

fleuve de Kiang , ce qui la met en assurance contre les surprises de ses ennemis. Lecommerce y est tousjours en vigueur. Ses bâtimens y font fort somptueux, Sc spé-cialement ceux qui sont faits par les Rois de p, & de Leanga, qui ytinrent leurCour. Son territoire est grand, Sc de tres-bon rapport ; on y trouve une herbe quise nomme de mille années, ou immortelle, laquelle a la vertu de prolonger la vie ,Sc de teindre les cheveux blancs Sc noirs, si vous croyés ces bateleurs.

Y o c H e u, septième Ville Capitale voit au pied de ses murailles le Lac de Tung-nìng , Sc le confluant des rivières de Kiang , de Siang , Sc de Fung , qui rendent sonterritoire extremement second, Sc riche en toutes sortes de denrées, par le moyendes Vaisseaux qui s y rendent. Un Roy de la Race de Taiminga , qui y tint fa Courcontribua beaucoup à son embellissement. Elle a au Midy la Montagne de Pacio ,qui enferme un Temple aux Idoles, Sc un Monastère qui y est élevé au milieu dedeux Lacs. Au Zud-Est elle a le Mont â’Uxe , où les Médecins trouvent de petitespierres noires, qui ont la vertu de guarir ie mal de gorge. Les autres montagnes,comme celles de Tmg , de Linjìang , de Tiengo , d 'Hoang , Sce, foisonnent en talc ,en pierres tres-exquises, Sc en herbes médicinales. Au Zud-Ouest de cette Ville onvoid le grand Lac de Tungting , qui enferme quantité d’Isles (entre lesquelles il y ena quelques dotantes) embellies de plusieurs Temples Sc Monastères, communs re-fuges des Sacrificateurs de cette Nation.

Changx a, huitième Ville Capitale est mouillée des eaux de la riviere de Siang,Sc peut se vanter d’avoir servie de séjour à quelques Rois de la Race de Taiminga ,qui i’ornerent de plusieurs superbes bastimens. Au Couchant de cette Ville on voidle Mont de Jumo célébré pour le talc qu’on tire de ses entrailles, que les MédecinsChinois soutiennent estre un remede souverain pour prolonger la vie. Son terri-toire quoy que gras Sc fertile, a plusieurs rudes montagnes, comme celles áTolo ,qui s’étend jusques aux coteaux de Heng s celle de Taguei , qui enferme un profondLac foisonnant en poisson ; celle de Xepi , où se void aussi le Lac de Pexa s celle deTungyang , la treizième de celles dont les livres de Tausu font tant d’état ; celle deXeu célébré pour fa fontaine d’eau chaude autres. On y voit encore l iste de

Xehoa

Ville.

Yack eu ,Ville.

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Ville,