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L' Ambassade De La Compagnie Orientale Des Provinces Unies Vers L'Empereur De La Chine, Ou Grand Cam De Tartarie : Faite Par Les S-rs. Pierre De Goyer & Jacob De Keyser, Illustrée d'une tres-exacte Description des Villes, Bourgs, Villages, Ports de Mers, & autres Lieux plus considerables de la Chine / Le Tout Recueilli Par Le Mr. Jean Nieuhoff, Mre. d'Hostel de l'Ambassade, à present Gouverneur en Coylan ; Mis En François, Orné, & assorti de mille belles Particularitez tant Morales que Politiques par Jean Le Carpentier, Historiographe : Enrichie d'un grand nombre de Tailles douces
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Tonìng ,Ville .

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merveilles qui s’y retrouvent servent aííes de matière aux plumes Chinoises. Lemont de Goching est rempli de fort riches marchands, qui trafiquent par toute íaChine. Le mont de Chinyven a le lac de Chung qui fait résonner ses eaux comme unecloche, avant la pluye , ou le mauvais temps. Le mont de Hucung enferme unpuits nommé AfrW, où l'eau entre Sc fort, comme si c’estoit le flux ,& reflux dela mer.

X a o w huitième Ville Capitale fut ceinte de murailles par la Race de Tanga ,qui luy donna le rang & les privilèges de Ville, Sc est environnée de plusieurs For-teresses , qui íònt d'ordinaire pourveuës de bonnes garnisons. On tait dans cet-te Ville de la toile de chanvre crud, qu on recherche fort, Sc qui est chere, àcause qu elle est fraîche en Esté, Sc qu elle ne fe salit point lors qu’on sue. Au Zud-Est l’on voit la montagne de Cietai , où il y a une Fontaine, dont l’eau remet en san-té quantité de malades. Prés d’icy on void un Arc Triomphal érigé à 1 honneurd'un Gouverneur qui chassa tous les Médecins de son domaine, Sc commanda den’escouter leur Art, qu il nommoit un Art de conjecture, & de tromperie. Je neveux pas vous avancer icy ceux, qui ont receu des honneurs immortels, pouravoir enseigné l’art de combattre les maladies; je ne veux pas vous réciter les louan-ges que donnent Hippocrate , H orner e * Pythagore , Achille , Sc autres à la Medecine,qu’ils ont osé accomparer à la Royauté Sc au Sacerdoce ; je dirai icy en paísentqu elle n a pas esté feulement méprisée par aucuns Chinois, mais meíme par la Ré-publique Romaine, la plus sage, Sc la plus puissante de toutes celles dont nous avonseu quelque connoiíïance : Et qu encore aujourd’huy il n’y a point de lieux, où leshommes vivent fl sainement, qu en ceux où elle est le moins en usage. Les Rela-tions du nouveau Monde font fort expresses pour cela ; & je me souviens d’avoir leudans une autre du Capitaine Margeret , voire même j’ay reconnu par expérience,qu en toutes les vastes Provinces de Moscovie , il n’y a pas une seule boutique d’A-poticaire, Sc qu il n’y a jamais eu de Médecins que ceux de l’Empereur. Ce qu’àécrit Platon dans le troisième livre de fa République est aussi fort au désavantagéde cette Profession, quand il assure què la marque la plus expresse qu’on puisse avoird’un Estât mal policé, c’est d’y voir un grand nombre de Juges, Sc de Médecins,de la suffisance Sc entremise desquels il ne sçauroit se passer. On adj ouste que lesAnciens ont eu raison de donner un méme Patron aux Poètes, Sc aux Médecins,Phœbus ne faisant pas dire de moindres fables aux uns qu’aux autres ; Sc qu’à bondroit Circé passe pour estre sœur d ’Esculape s la moindre femmelette qui fe mefle debroier deux ou trois simples, Sc d’en composer un remede, ne faisant pas moins demiracles ordinairement (c est ainsi qu ils nomment leurs cures excellentes) que leplus grand Médecin de la terre. Quand à cette prétendue Royauté qui s’est trou-vée conjointe à la Medecine en la personne de ce Roy de Frété Idomenée , nousvoyons à la vérité qu’encore à présent, il n’y a si petit Galenifle , qui ne commandeau plus grand Monarque, fors qu’il est alitté. Les Médecins estoient fl absolus, Scavoient un pouvoir fl despotiques dans Locres des Epi^ephyrìens , que par une deslóix de leur Législateur Zaleiicus , le malade qui avoit bû du vin pur sens l’ordon-nance de ion Médecin, estoit coupable de mort, encore qu’il eust recouvert sesenté. Et l’Histoire du dernier siecle nous apprend que Fracafior obligea les Peresassemblez à Trente , par la crainte dune contagion future, dont il les menaçoit,de transférer le Concile à Boulogne. Maisàl’egard de ceux qui voudroient parlerd une véritable Royauté, telle qu’estoit celle de ce Roy de Crete , on les peut ren-voyer au passe-temps que se donna le Roy Philippe , d’un Menecrates Médecin assésvaîn pour se dire Sc Roy & Dieu tout ensemble ; ce qui obligea Philippe à le traitterde fumée, comme on faisoit les Dieux d’alors. Athenêe qui rapporte ce conte faitdire ailleurs à quelqu’un cette autre raillerie, Ex cep t ù Medicis , nihil esse Gramma -ticis fiultius. Pour moy qui respecte la Medecine, Sc qui la crois, hors de ses abus,tres-utile au genre humain, je ferois bien fafché d'en dire autant, &je proteste quetout ce que je viens d'écrire, n’a esté que pour chercher du divertissement, Sc megausser de ce Gouverneur Chinois, dont l’opinion fut bien contraire à celle de lapluspart des peuples de ce Royaume, qui y reverent les Médecins, comme desaemi-Dieux.

La Cité de Foking est belle Sc grande, Sc reçoit beaucoup de commoditésSc davantage pour estre proche de la mer. Au reste il y a bien de la peine Sc de la

difficul-