Buch 
L' Ambassade De La Compagnie Orientale Des Provinces Unies Vers L'Empereur De La Chine, Ou Grand Cam De Tartarie : Faite Par Les S-rs. Pierre De Goyer & Jacob De Keyser, Illustrée d'une tres-exacte Description des Villes, Bourgs, Villages, Ports de Mers, & autres Lieux plus considerables de la Chine / Le Tout Recueilli Par Le Mr. Jean Nieuhoff, Mre. d'Hostel de l'Ambassade, à present Gouverneur en Coylan ; Mis En François, Orné, & assorti de mille belles Particularitez tant Morales que Politiques par Jean Le Carpentier, Historiographe : Enrichie d'un grand nombre de Tailles douces
Entstehung
Seite
276
JPEG-Download
 

fUMìcheH 3Province*

nombre dupeuple*

Jet limítei,

qnalité duterroir*

Queìydng ,Ville.

Sttehett yVille .

Suxdn «Ville.

i?6 i/Ambassade de la C.O*.de$ Prov. Unies

Cette Province de Qj; eicheu estla plus rude, St la moins cultivée de Ia>Haute À fie , à cause de ses montagnes inaccessibles, qui sont pourtant habitées parquelques peuples sauvages, qui ne reçoivent ni les loix, ni les mœurs des Chinois,ains leur font íòuvent la guerre, Sc portent la désolation dans leurs terres, fans sesoucier aucunement des menaces de l’Empereur, qui pour brider les invasions deces désespérés, St arrester leurs conquestes, trouva bon de faire bastir quantité deForteresses fur leurs frontières, qui lont toutes munies de bonnes garnisons. CePais ne portoit point jadis le nom de Province, mais une partie dependoit de cellede Suchuen , l'autre dìtìuquang , St des autres Provinces : La Famille de Taìmìngal a réduit en forme de Province, parce que la première Famille Tartare d'Ivena yavoir érigé plusieurs Forts St Chaiteaux ; car c’est par cette Province que les Tar ta-res entrerent, aprés avoir conquis les Royaumes de Mien , de Junchang St autres si-tués au de là du Gange i Ce fut,dis-je, avec eux que Marc Paul de Venise vint,qui delà se poussèrent par la partie Orientale de la Province de Suchuen ,jusques au Royau-me de Tibet, St entrerent jusques dans les Terres du St penetrerent fina-

lement jusques au Royaume de Tanyn : Apres s’en estre rendus maistres, ils retour-nèrent derechef par le costé Occidental de la Province de Xenfi , St entrerent dansCatai(cpi\Q i à.h.Cl 7 Ìne) o\\ aprés avoir combatus St mis en déroute lesTartares deVin , ils s’emparèrent deMaugin, St de diverses autres contrées, comme nous mon-strerons plus amplement en d'autres endroits.

On conte dans cette Province 45325. Familles assujetties au joug de l’Empereur*St 231365. hommes. Le Tribut du ris ne passe pas 47 6 5 B. sacs. Elle paye 5900. pie-res de draps faits de chanvre, St d'herbe : Tout cela ne pouvant suíhr pour entrete-nir les garnisons, 1 Empereur est obligé d'y contribuer de íes épargnes ; ce quil ne-gligeroit de faire, si la conservation de cette Province ne luy estoit si importante,car ce n est que par icy quon peut entrer dans la noble Province de Jmman .

Elle a pour bornes du coite d’Orient St du Zud-Est la Province de Quangfì , ducosté du Nord, & du Nord-Ouest celle de Suchuen , du Nord-Est celle de HuquangySt des autres collés celle de Junnan.

On tient que ce pais a quantité de vallées enfermées au milieu des montagnes,qui sont couvertes de tres-riches St agréables campagnes, St prairies, où ces mon-tagnars nourrissent force porcs, vaches, St chevaux. On assure encore que les mon-tagnes sont pleines d or, d argent, de mercure, St d’autres choses fort précieuses,dont on pourroit jouir, si on avoir maistrifé ces sauvages, qui n'ont pas l’industriede íe servir utilement de ces grands thresors de la Nature. Aucuns d’entr’eux com-mencent à présent à en troquer contre du sel, ou quelques autres denrées nécessai-res à la vie.

Qu e 1 y a N g , premiere Ville Capitale doit fa gloire à la Famille de Taìmìnga ,qui luy donna le privilège de Ville, St le commandement fur dix-neuf Forts, dontplusieurs surpassent de bonnes Cités. Son territoire a plusieurs montagnes, dont 1 esprincipales font Venpi , Nanvang , & Tungeu : on dit quon entend dans celle-cy lebruit a un tambour, lors qu il doit pleuvoir.

Sugheu seconde Vide a auMidy le Mont de Go, St au Couchant celuy deTienin ^, tous deux presque inaccessibles. Son territoire abonde en mercure, enfort bon cinabre, St autres sucs minéraux. Les montagnars de cette contrée sonthardis, St font parade de leurs forces : ils ignorent les bonnes lettres, toutesfois ilsfont parêtre leurs contracts, fur je ne sçais quelles tables de bois : dans les périls Scdifficultés, où ils se rencontrent, ils employeur des morceaux de tuiles pour faireleur sortilège, St offrent de l'encens St des sacrifices anx diables, pour détourner Scdivertir les maux qui leur doivent arriver : ils ont les cheveux volans St éparpillés,vont à pieds-nuds,qui s’endurcissent tellement qu ils ne craignent point de marcherfur les rochers ni fur les epinesraucuns d’entr’eux commencent de recevoir en quel-que façon la langue des Chinois, St quelques-unes de leurs coûtumes, St on espereque petit à petit ils deviendront plus traitables St moins farouches.

S u n a n troisième Ville a sous sii juridiction deux Cités St cinq Forts, St estceinte de plusieurs montagnes : celle de Vmxing , qui est taillée de tous collés au ni-veau St en ligne perpendiculaire, la c,onvre au Midy ; celle de Lungmuen au Cou-chant , St puis des autres collés celle de Tanien , St autres, qui servent de retraites àquelques Colonies Barbares, qui sont encore inconnues aux Chinois.

C h 1-

\