Vers l"Emperêur de la Chine. 277
Chinyven, quatrième Ville n’a qu’une Cité, Sc quatre Forts íòus ion corn-mandement : au pied de ses murailles on voit le Mont de Xepin , qui a cent perches riutde hauteur - Sc puis celuy cte Sukiwig , sur lequel on voit encore les ruines de la belleCité de Suvang. Ces monts font aussi habités par quelque nation grossière Lc barba-re , qui au lieu de sel, se sert des cendres de l’herbe de %ìve quelle brûle.
X e g 1 e n , cinquième Ville commande à trois Forteresses, qui font au milieu xeden ,des montagnes de Heu,*Sc de Pipa, riches en argent vif. Les habitans ont leurs pro- viUe 'prés caractères, & ne se servent point d’encre pour écrire, mais se contentent degraver sur de tendres ak avec une touche lors qu ils veulent se souvenir de quelquechose : Les hommes Sc les femmes y marchent indifféremment à pieds nuds*
" T u n G 1 n , fìziéme Ville (jadis appellé le païs àcIÇiman ) commande à huitForts mentionnés dans la Table preceaente. Ses montagnes abondent en or & en Vllu%cuivre, & principalement proche de Tìki. La montagne de Tung sert de rempart àla Ville : celles de Tungìay Sc de Pechang font couvertes de belles forests, &: celle deVenpì pousse ses sommets au dessus des nues. Ceux qui demeurent dans ces monts,s’estudient maintenant à la civilité, à la justice, Sc aux bonnes mœurs, au lieu quepar cy devant on ne voyoit rien que de cruel, que de perfide, Sc de sanguinaire par-mi eux. On voit proche du Fort de Pìngten une Fontaine nommée Cankeng , quijette par une mème ouverture des eaux claires, Sc des eaux troubles en mêmetemps, qui se séparent à l'instant au pied de leur source, Sc forment divers ruisseaux*
L i p i n g , fétiéme Ville commande à quatre Cités Sc à onze Forteresses, où les upìng »habitans parlent une langue tout inconnue aux Chinois, Sc où les malades offrentles ossemens de leurs poules à leurs Idoles, pour obtenir la guérison. Ils font deshabits de drap de chanvre crud, ou dune herbe, qui luy ressemble fort, nomméeCo, qui sont fort commodes pour l’Esté. On y void un Pont tres-rare,basti par la na-ture fur le torrent de Tanki ,que les habitans nomment Tùnsem ,c est à dire pont faitpar le Ciel : On luy donne deux perches de large & vingt de long. Le Mont de P a*lung est au Zud-Est de la Ville : celuy de Kinping, qu’on nomme la muraille dorée àcause de fa beauté, est à son Levant : Celuy de 'Tungquon haut Sc inaccessible porteune belle campagne fur son sommet , Sc celuy de 7 aìping est renommé pour unebelle caverne qu’il enferme, creusée en forme de maison & carrée, dont un descostés a trois stadefc, avec un petit ruisseau qui la coupe, Sc passe par le milieu, com-me un ruban d'argent.
T u c h o, huitième Ville a sous ía jurisdiction trois Cités Sc neuf Forts, qui sont ‘cmU,habités par des montagnars, courageux, vaillans, & plus doux que leurs voisins. VlUe ‘Non loin du Fort de Pìnglang on decouvre le mont de Caiyang , fur lequel on a éle-vé un Chasteau. Le mont de Chiny n’a qu’un seul chemin pour arriver dans fa cam-pagne , laquelle est defenduë d une bonne Forteresse : celuy de Hinglang ne peutestre grimpé que par une longue échelle de pierre, Sc sert de refuge à aucuns déter-minés. Proche du Fort de Pincheu, on voit la montagne de Lotung , qui est si gran-,de, qu elle a un coteau, qui va en montant, dont le sommet est de mille Sc deuxcens perches de songeur, Sc semble pénétrer dans le Ciel proche du Fort deCmgpìng .
P u g a k , est la premiere grande Cité de cette Province, dont les habitans sont vugan ,fort addonnés au trafic, Sc suivent la Secte des Idoles, Sc la doctrine de la Metemp- Cltt ‘sycose - ou du passage des âmes, adorent IIdole de Fe, qu’ils croyent avoir esté fau-teur de cette Doctrine. Ils sont mieux nourris que leurs voisins, mais ils ne se fientaucunement aux Chinois. Son terroire abonde en argent vif, en vermillon, Sc enfruits de Musa, Sc spécialement dans les monts de Tangpì , Sc de Puonkiang .
Jungning, seconde Cité n’a sous son obéissance que deux petits Forts, qui f mgning,•défendent son territoire, qui est grand, Sc montagneux, Sc sert de retraite à cinq ate 'sortes de peuples sauvages, qui se servent d’arcs Sc de flèches, Sc de petits couteauxfort pointus.
Chinning troisième Cité commande à deux Forts, bastis au milieu desmontagnes de Magan, qui sont tres-riches en or Sc en argent, dont les habitans fontmoins d’estat que de leurs vaches & de leurs bœufs. On y voit la Fontaine de Caìci ,qui jette des eaux tres-froides, quoy quelles soient fort échauffées d’un feu sou-terrain.
G a x u N quatrième Cité n’a aussi sous son pouvoir que deux Forts, Sc a trois c uí *
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