TutìngyVìl-
leMilitaire.
Sintien ,Ville Mili-taire.
Tìngyve ,Ville Mili-taire.
LungliyVil-
leMilitaìre
diverses
Forteresses
178 l’Ambassade de la C. 0 \ des Prov. Unies
ponts fort célébrés battis sur les eaux qui environnent ses murailles :Tun nomméTienseng , c’eít à dire naturel, a plus de mille perches de longueur.
P u t 1N G premiere Ville Militaire, l’ancienne demeure des Lotìens , obéît auxChinois. Les habitans des Monts de Kj , 6 c de Magan , qui lenferment, font fortgrossiers, 6 c sauvages, 6 c se moquent des sciences, 6 c des loix.
Sintien seconde Ville Militaire donne la loy à quatre Forteresses, qui fonthabitées par des peuples fort rustiques & mal nourris : ils ont pourtant cela de parti-culier , qu’ils sont fort tristes 6 c dolents pour la mort de leurs peres 6 c meres, 6 c secoupent tous les cheveux en signe de douleur. Plusieurs d’entr’eux, comme jadisles Bardes peuples de la Thrace , preferent la mort à la vie, 6 c disent que les penséesde la mort ne sont pas à rejettes, Sc quelles en diminuent plustôt qu elles n en aug-mentent la crainte. Et à la vérité, il n y a point de gens qui soient plus touchés ap-paremment de cette terreur panique de la mort, que ceux qui n en peuvent passouffrir la moindre imagination. Lapluspart des Grands Sc des Heureux sont decette trempe, ce qui fait que ne songeant jamais à mourrir, bien qu ils Tapprehen-dent tousjours, l’heure fatale pour eux est passée devant quils s’en soient apperceus.Sc s il est permis de parler encore plus figurément âpres un ancien, ils Rapprennentgueres leur mort, non plus que 1 Empereur Cíaudtus , que par leur fiíherailles. Si est-ce que la faulx de Saturne n a pas plus de respect pour eux, que pour les moindreshommes. Voire méme comme il régné par fois des maladies Epidemiques,qui sem-blent n’estre envoyées du Ciel,que pour diminuer le trop grand nombre du peuple :l'on voit aussi des temps sinistres pour les Puissances de la Terre , 6 c qui semblentavoir conjuré contre leurs vies. Telle fut Tannée 1559. qui dans une révolution dedouze mois,dont quelques-uns pourtant estoient de Tan subséquent,osta de ce mon-de T Empereur Charles-Quint, deux Rois de Dannemarc } un Roy de France , un Do-ge de Venise , un Pape, un Electeur Palatin , un Duc de Ferrare , Sc trois Reines,Eleonor qui l'estoit de France , Marie de Hongrie , 6 c Bonne S for ce de Pologne. EtDieu sçait si tous ces Grands Princes, Sc Princesses ont eu le loisir de bien envisagerla mort, parce que Timagination semble nous la rendre presque tousjours si terri-ble , qu 011 peut dire qu'autant de fois qu’on la médité, Sc conçoit de la sorte, Ton sedonne une mort avancée, Sc qu’ainsi c est íe faire mourir plusieurs fois au lieu d une.
P1 n g y v e troisième Ville Militaire ne commande qu’à deux Forts,dont les ha-bitans font des draps de chanvre crud, Sc recueillent les sieurs de Jasmin , les fueillesde Cba , Sc toutes sortes d'oranges, dont cette contrée est remplie.
L u N g l 1 quatrième Ville Militaire est située au Couchant de celle de Sintien ,
• Sc commande à deux Forteresses, qui ont des territoires habités par quelques mon-tagnars, qui prennent quelque teinture des mœurs Sc des loix des Chinois, depuisqu ils trafiquent avec eux.
Cette Province a encor diverses Forteresses mentionnées dans là Table prece-
• dente, qui sont basties pour garder Sc nettoyer les chemins des montagnars, qui se
ruent par fois à grosses bandes fur les voyageurs, les dépouillent, Sc les massacrent.Le nombre des montagnes de cette contrée sert beaucoup aux embuscades Sc en-treprises de ces gens de corde. Quant au reste,il n’y a rien digne de remarque dansces montagnes, orsmis dans celle de Lochung , où les habitans sont tous boiteux. Ilest certain qu’il y a des lieux 0T1 il semble que la Nature se plaise à produire les hom-mes tout autres quils ne sont ailleurs. Les loupes ou goitres sont particulières auxSavoyars, comme les écrouelles aux Espagnols. T\amuso a observé que les habi-tans des montagnes du Perou naissent presque tous ou louches, ou aveugles. Il y aune nation particulière entre les Malabares , vers S. Thomas , aux Indes Orientales ,dont ceux de l’un Sc de T autre sexe viennent au monde avec une de leurs jambes íîextraordinairement grosse du genoiiil en bas, que les autres Indiens croient pourcela quils sont dans la malédiction du Ciel. Simler remarque dans le premier livrede fa description du païs de V%laù , qu’il y a dans cette contrée des bourgs, où leshommes naissent aussi presque tous boiteux, leurs proches voisins n’estans point su-jets à ce défaut : Et qu'en d autres ce ne sont la pluspart que des fous Sc des insensés,voire si brutaux qu ils se nourrissent de foin, Sc de fiante de cheval. C’est une choseconstante par d’autres Relations, que de neuf mille Citoyens qui sont dans povigo ,Ville de T Estât de Venise y en a bien 7000. qui clochent Sc sont boiteux.Cela suffitpour vous faire trouver moins étranges les anomalies, Sc irrégularités de la Nature.Entrons dans la derniere Province cse cét Empire. L a