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L' Ambassade De La Compagnie Orientale Des Provinces Unies Vers L'Empereur De La Chine, Ou Grand Cam De Tartarie : Faite Par Les S-rs. Pierre De Goyer & Jacob De Keyser, Illustrée d'une tres-exacte Description des Villes, Bourgs, Villages, Ports de Mers, & autres Lieux plus considerables de la Chine / Le Tout Recueilli Par Le Mr. Jean Nieuhoff, Mre. d'Hostel de l'Ambassade, à present Gouverneur en Coylan ; Mis En François, Orné, & assorti de mille belles Particularitez tant Morales que Politiques par Jean Le Carpentier, Historiographe : Enrichie d'un grand nombre de Tailles douces
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de l’Empire de la Chiné. j

8c résolutions, afin que tout le monde en puiíse avoir connoiíïancé, comme ausside l’equité des Juges, qui pour faire paroiltre 1 amour qu ils ont pour la Justice, 8cpour leurs Loix, tranchent également tout ce qu ils rencontrent, 8c n épargnentpas méme leur Empereur, m íes parens, 8c s’opiniastrent tellement à defendre toutce qui est de leurs coustumes, 8c ordonnances, quils aimeroient mieux à choisir lamort que de les violer. A la vérité les Rois ne sçauroient trop estimer les hommesde cette profession, qui la font avec courage 8c intégrité, ni trop récompenser lesbons Juges qui distribuent en leur nom ce sel de la vie, comme parloir Pythagore ,qui preserve leurs Sujets d une corruption inévitable, puisque les Pyrates memes,& les plus scélérats des hommes ne se peuvent passer d‘exercer quelque justice en-tr*eux.Mais aussi ne sçauroient-ils témoigner asiësl’indignation contre ceux qui abu-sent de leurs charges par toutes sortes de corruption z qui ne reconnoissent la balan-ce de Themis que pour limiter, & qui réemploient l’autorité souveraine qu on leurà confiée qu’au service de leurs passions, 8c à l’oppression des peuples. Le méritédes premiers fit couvrir à Marcellm le lieu où I on rendoit la justice, afin qu’onla pûst rechercher plus commodément : Et la malice des derniers obligea l'undes Catons à dire, qu’on devoit paver de chausse - trapes toutes les avenues duméme lieu, qu’il croyoit ne pouvoir estre rendu trop desert. Il me reste à direicy un mot fur la question que quelques-uns font, si les Rois sont tellement audessus de la Justice 8c des Loix, qu’elles ne les regardent point : Car on a veu beau-coup de Législateurs qui ont subi la peine de celles qu ils avoient faites, croyans neles pouvoir mieux autoriser que par leur exemple, ou qui ont de leur propre mou-vement ployé leurs volontés à les suivre aussi exactement que personne, parce qu ilsles reconnoissoient justes, 8c quils faisoient gloire de se soumettre àla raison. Pourle moins est-ce ainsi que les Rois de France en ont tousjours usé, méme quand il n’aesté question que des moindres loix íomptuaires, le plus souvent établies pour lecommun des hommes seulement, à qui pourtant ils ont voulu donner l’exemple deles bien obscrvenquoy qu’entre tous les Monarques de l'Universil n y en a point,quiayenttant de cette authorité absolue, & de cette Souveraineté independante queceux de France , qui ne relevent, comme nous disons communément que de Dieu 8cde l’Espée. Car quant aux Empereurs & Allemagne, ils’en faut beaucoup qu a cétégard f Image de Dieu soit si visible, ni si eminente en eux quelle paroit és Rois deFrance , tant pource que leur election les soumet à des Bulles d’or, 8c à des constitu-tions Impériales,qui limitent tout à fait leur puissance,que pource que l’Empire,à lebien considérer,semble n’estre aujourd’huy qu une grandeCommanderie,qui obligeà beaucoup de dépenses,& qui n’a pas dequoy entretenir son Titulaire,s’il n’apported’aiUeurs un grand revenu y entrant,pour en soutenir la dignité & les Charges. Quesi donc le premier Roy de la Chestienté se reconnoit tenu d’obeïr non seulementaux Loix Divines, dont personne n est dispensé, mais qu’il se porte encore de luy-mesine à l’observation de celles qui ne le lient point, parce qu’il est dessus, & qu ellesn’ont de force qu autant qu’il leur en donne ; y auroit-il apparence de soutenir queles autres Souverains fussent si absolument libres, quils n eussent pour loy 8c pourtoute réglé,comme des Polyphemes ,leur propre volonté ? Dieu méme,de qui ils tien-nent toute lautorité qu’ils exercent icy bas, obéît aux loix de cette raison eternellequi vient de luy,& nous ne voyons gueres qu’il contrevienne à celles du monde, quiest l’ouvrage de ses mains. Les plus Grands Potentats le doivent imiter en cela, 8cse, dispenser ausitì rarement des loix mémes de leur Estât,que Dieu de cellesde la Na-ture, n’usant des prérogatives de leur toute-puissance, que comme il fait de mira-cles , c est à dire fort rarement, 8c en des tres-importantes occasions.

Outre tous ces Conseils, il y en a encore quantité d’autres, dont le principal estnommé Han-Linyven , qui est aussi composé de personnages tres-íçavans, qui sontobligés de prendre soin des écrits 8c registres de la Couronne, des Histoires quirécrivent,des Epitaphes 8c Monumens que l’on érigé dans les Pagodes 8c lieux pub-lics , 8c jugent méme de la capacité 8c des mérités des Graduez. De sorte que ceuxde ce Conseil sont en telle vénération, qu’on ne les avance ordinairement qu’à ce-luy de Calao.

Tous les sus-nommés Conseils 8c Tribunaux, orsrnis celuy de Calao , sont à Nan*'kìng , à cause toutesfois que l’Empereur résidé ordinairement à Peking, tous lesConseils de Nankin? semblent estre en nos jours inférieurs à ceux de Peking.

A 3 Quant