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L' Ambassade De La Compagnie Orientale Des Provinces Unies Vers L'Empereur De La Chine, Ou Grand Cam De Tartarie : Faite Par Les S-rs. Pierre De Goyer & Jacob De Keyser, Illustrée d'une tres-exacte Description des Villes, Bourgs, Villages, Ports de Mers, & autres Lieux plus considerables de la Chine / Le Tout Recueilli Par Le Mr. Jean Nieuhoff, Mre. d'Hostel de l'Ambassade, à present Gouverneur en Coylan ; Mis En François, Orné, & assorti de mille belles Particularitez tant Morales que Politiques par Jean Le Carpentier, Historiographe : Enrichie d'un grand nombre de Tailles douces
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Description Generale

Quant au reste, chaque Province est regie par des loix diíFerentes. Les deuxhsTrZìn- premieres Cours de Justice font à Peking , ôc à Nanfyng. Les autres treize Provin-ce* jont re- ces font gouvernées par des certains Magistrats, nommés Pucìensu , ôc Nagan^afu,L'"- dont le premier corrige ôc menace feulement les mauvais garnemens, & 1 autre lespunit rigoureusement 5 ôc ils tiennent leur résidence en la Capitale de la Provincequi leur est commise ; Geux-cy on beaucoup d’autres Magistrats, & Conseillers fouseux nommés Tauli , qui ont le commandement ôc l'infpection fur les Villes ôc Citéscn particulier. Chaque Ville/oit Ceu, soit Hien> c’est à dire soit grande, ou petite, aun Gouverneur nommé Cìceu , ôc Cihien , qui pour le soulagement de ía Charge à unEcoutette, un Juge j & un Conseiller, nommés vulgairement Bun-Chìn , Cbu-Phu ,ôc Tun-Su , qui ont tous leurs Hostels particuliers, ôc leur Secretaires, Notaires, ôcautres Officiers inférieurs. Ce Gouverneur a un pouvoir si petit quil ne peut mettrepersonne à mort fans l’arrest de fes Supérieurs, je veux dire des Pucienfu , ôc de â-gan^alu , par devant lesquels on peut appeller de toutes sentences.î>heri ofîi’ Et comme il est necelíàire pour le bien de l’Estat, que l’Empereur ait tous les anstien, un tres-exact rapport du gouvernement de chaque Province, il y envoye deux Ma-officedu' gist r ats, ou Grands de fa Cour, qui ont beaucoup plus de puisiànce & d’authoritéducyljven j que tous lesprecedens : L’unest nommé Tutang , ôc l’autre Cìayven. Celuy-là peutà marcher de pair avec les Vice-Rois de nostrc Europe , ôc ne remplit que trois ans íacharge. Celuy-cy ne la poífede qu’un an ; son devoir est de prendre connoiífance,& de s’informer de tout ce qui fepaíse dans une Province, des actions des Magi-strats , ôc du comportement du Tutang méme, ôc à plus juste raison de tous les Man»darins , qu il punit par fois corporellement * lors qu’ils íònt convaincus de quelquesinjustices. 11 s disent qu il faut agir également à chaisier le mérité, ôc reconnoitre lavertu. Et à la vérité, quand le gouvernement des Rois est si mol que les vices profi-tent , & ceux qui les font * c est presque une elpece de péché que de bien faire, ôcquand les vertus font si malheureuses que d’estre privées de Ihonneur qui leur est fibien deu, cest le crime du siecle, ôc la honte des Couronnes.

Il y a encore ún Tutang extraordinaire, dont la charge est de visiter de temps entemps les prisonniers ôc misérables, de rompre leurs chaifnes, & de leur rendre lescoudées franches ; son devoir est de procurer le repos des vefves & des orphelins -de soulager les pauvres, de visiter les Malades* de révoquer les sentences mal jugéescontre les innocens ; bref, toute fa charge ne regarde que la pieté, la miséricorde,ôc la charité. O la belle vertu que d ouvrir de la sorte fes entrailles de compassionaux nécessiteux & aux affligés * ôc que de detremper toutes leurs amertumes dans lesdouceurs inexplicables d’une bénignité plus que Chrestienne ?duTrefo- La Charge du Grand Threforier est aussi fort considérable : celuy qui l’exerce aà. deux Adjoins Ôc vingt-six Mandarins, fans conter une infinité d’autres moindres Of-ficiers , qui dependent de fa conduite. Son devoir est de recevoir, d’augmenter, ôcde protéger avec équité les biens de la Couronne, de tirer conte des droits des péa-ges , des gabelles > ôc imposts * de prendre garde aux poids, Sc messires ; de payerles frais qui se font és examens des Doctes j bref de débourser tous les deniers qu’ilfaut pour l’ornement Sc la réparation de tous les ouvrages publics, & aussi pour lespensions annuelles de tous les Juges, Gouverneurs, & Magistrats de la Couron-ne , Scc.

conseil de Semedo fait mention d’un autre Conseil, quil nomme Gan eba , cest à dire Con-Gan chu , seil des causes criminelles, qui est compose a un Tauli , qui est le grand Justicier*de deux Coadjuteurs, & de plusieurs Conseillers, dont le pouvoir s’étend fur touscrimes de leze Majesté, fur l infolence des soldats, Sc fur les affaires mémes $1 e laMarine. Le méme Semedo trouve encor un Conseil, qu’il nomme Conseil de la Sa-gesse , Sc des belles Lettres, dont le devoir est de protéger les Arts Sc les Sciences,qui peuveut apporter quelque ornement à l'Empire, ôc d’user de libéralité Sc de re-connoissance envers ceux qui excellent en chacune de leurs Professions.les seuls II n’y a que les Philosophes, qui soient appellês aux plus eminentes Dignités deuppeíéstnx Í Estat,& qui osent méme choquer l'autorité Impériale.Les Histoires de la Chine rap-eminantes portent fur ce sujet, qu’autant de fois qu’il a esté question de témoigner dans toutecharges. so r te de périls son affection pour la Patrie, ôc fa fidélité envers le Prince, les Philo-sophes, dont nous parlons, ont tousjours fait paroitre plus de générosité, en s’expo-fant franchement aux hazards, ôc méprisant la mort méme - que ceux de la Proses

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