Description Generale
fort recommandée par tous ceux qui en ont escrit. Ils assurent qu'elle a rendu íbnnom-venerable aux Empereurs mêmes jusques à un tel poinct, qu’ils feroient con-science de contredire la moindre de ses Sentences ; 8c que ceux qui portent encoreaujourd’huy ce méme nom de Confutìus , parce qu’ils font de fa race, jouissent d’uneinfinité de privilèges > 8c de refpets, que tout le monde leur defere. Nous ferionsdonc (poursuit ce bon Pere) bien injustes 8c bien temeraires tous ensemble, si nousn’honnorions pas fa mémoire avec celles des plus grands Philosophes que nousavons desja nommés * 8c si nous désespérions de son salut, ne s ayant pas fait de celuyde Socrate , ni de Pythagore , qui vray-femblablement n estoient pas plus vertueuxqueluy. Car puis qu’il n'a pas moins reconnu qu eux l’unité d’une premiere cause,toute puissante » St toute bonne, il ne fc peut faire qu’il ne luy ait aussi consacré tou-tes fes affections. Et pour ce qui touche la charité envers le prochain, qui fait le se-cond membre de la Loy, les Mémoires du Pere PJccius nous assurent qu il n'y a riende plus exprès dans toute la Morale Chinoise, qui vient de ce Philosophe, que leprécepte de ne faire jamais à autruy ce que nous ne voudrions pas qui nous fut fait.C’est ce qui a obligé ces Bons Peres à penser St à s'imaginer, que Dieu peut avoirusé de miséricorde en son endroit, luy conférant cette grâce fpeciale, quil ne refu-se jamais à ceux qui contribuent par son moyen tout ce qui est de leur. possible pourl’obtenir.
astrologie Ces mémes Peres nous assurent dans leurs Relations,que cette Nation s’addortne
mandation âussi fort à l’Astrologie Judiciaire, jusques à la méme que toutes les affairés de 1 Em-pire se refoluent fur des observations Astronomiques, l’Empereur ne faisant rien'fans consulter son theme natal que luy dressent ceux du Coilege Impérial, à qur ilest seulement permis d’estudier dans le Livre du Ciel. Entre ceux-cy il y a quantitéd’Eunuques qui rendent raison,autant que faire sc peut,de la grandeur Sc du mouve-ment des Cieux, des Planètes, Sc des Eclipses, Stc. Les autres s attachent particu-lièrement aux effets de ces corps supérieurs fur les choses d icy bas, Sc ceux-cy fontproprement nommés Astrologues, qui feroient dignes de louanges, s’ils se conte n-toient de considérer le Ciel comme une cause universelle, donnant leurs jugemensgénéraux des temps, des faisons, Sc des dispositions que reçoit toute la matière,fansrien déterminer de particulier > ni de neceílaire, fur tout aux sujets qui ont la liber-té d’agir comme il leur plaist ; Mais ils se rendent ridicules, lors qu’ils se vantent deprédire les choses singulières, 8c contingentes ; de juger des destinées des Estatsaussi bien,que des Religions ; Sc d’annoncer aux hommes qui font assés simples pourles écouter,la bonne ou mauvaise fortune,qui leur doit arriver. C’est dis-je pour cet-te Science ou Astrologie Judiciaire que les Chinois font dignes de blâme par dessusplusieurs Nations. Je fçais bien que toutes les Histoires Orientales portent que lesAstrologues font en tres-grande considération par tout ; que la coste des Malabaresen est pleine ; que les Insulaires de Ternare aux Moluques pleurent aux Eclipses duSoleil, ou de la Lune, fur la creance qu’on leur a donnée, qu’elles doivent causerla mort du Roy ; qu’en la Province de Tanguth ils avoient une telle authorité,qu’onn’y brufloit pas les corps des hommes de qualité, selon l’ufage de ces lieux là, fansavoir pris l’avis d’un Mathématicien, qui le donne fur l’horofcope du defunct, parune application de la Judiciaire qui feroit bien nouvelle par decà ; Bref, qu’il y a en-core plusieurs peuples imbus des fausses opinions de cette Astrologie, mais je n entrouve pas qui puissent surpasser en icelle les Chinois, dont aucuns sont obligés decontempler toutes les nuits les astres fur une montagne, pour informer l'Empereurde leurs mouvemens, Sc significations ; aussi je ne puis m’empefcher de leur raire laguerre comme à des imposteurs, Sc impies i qu’il nen déplaise à ceux qui les veu-lent appuier. Et véritablement il n’y auroit point d’apparence d’interpreter en fa-veur de cette Astrologie Judiciaire, ce que les grands hommes de l’Antiquité ontprononcé de glorieux touchant la science des Cieux, puis qu’ils n’ont jamais parléde cette vaine connoissance dans toutes leurs œuvres, Sc que le seul nom de Judi-ciaire n’y fçauroit estre remarqué* Platon auroit eu souvent occasion d’en traiter,s’il en eust fait quelque estât, 8c notamment dans son Timée , où il explique tout cequi est de la Nature. Àrìflote feroit inexcusable de nen avoir pas prononcé lemoindre môt, dans tant de Problemes, où il y a une si grande quantité de que-stions des Mathématiques ; dans fa Morale où il discourt des prospérités ou adversi-tés qui dependent de la Fortune s Sc principalement dans fes Livres du Ciel, Sc des
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