DE'L’EMPîRE DE LA CHINE. ly '
c est le Ciel ou la Terre qui poísede le centre du Monde, &si ce n est point nousqui faisons en vingt-quatre heures un bien moindre tour, que celuyqu’on attribueordinairement à ce grand-Astre. N’y en a-t-il pas qui doutent encore de la pluralitédes mondes de Democrite , Sc des intermondes d 'Epicure f La terre Antichthone deTythagore opposée à celle-cy, Sc qui faisoit une de ses neuf Mules, est peut-estreplus ignorée que réfutée. Et ceux qui considèrent le Ciel comme un Océan, qui ades Inès, que nous nommons des Eitoilles, pensent pouvoir faire-revivre I opiniondes premiers Philosophes de la Grece. A^joustez à ces doutes de l'eíprit la trompe-rie de nos sens, avec la fausseté des instrumens, dont nous nous servons aux opé-rations celestes ,& vous serez contraint d’avoiier, qu’il n y a que les Intelligencesquipossedent cette science, s il y en a, la capacité des hommes ne s’estendant pasjusques-là.
En âpres, quelle apparance y a-t-il d’attribuer au Ciel feulement, comme font lesChinois, tous les evenemens de la vie des hommes, s’il n’est pas seul la cause de leurestre ? Aristote a prononcé que le Soleil &l'homme en produifoient un autre/Scnous admettons encore beaucoup d’autres causes subalternes en cela, outre la pre-mière qui est Dieu. Pourquoy donc n y aura-t-il que le Ciel qui soit cause de tout cequi arrive aux hommes ? Et s’il y a plusieurs causes qui coopèrent avec luy en ce quiest de nostre bonne ou mauvaise fortune, comment se pourroit-il faire que la seuleconnoissance des Astres nous donnast celle que disentles Judiciaires P Ilfaudroit
Î >our nous le faire croire, qu’ils nous monstrassent comme ils possedent un Art quieur fait comprendre les choses singulières quoy qu’infinies, Sc les contingentesquoy qu’incertaines. Celuy dont ils fe meílent n ayant rien de tel, Sc les influencesdes Cieux ne pouvans bien souvent pas tant fur nous que les Loix, la Philosophie,oula moindre inspiration divine , sans parler de nostre libre arbitre, ils font ridicules.en ce qu’ils promettent ,& nous trop simples de les croire. Et encore quand lesAstres feroient auflì puiflans qu’ils disent à l’heure de nostre nativité, pourquoy neles çonsideroit-on principalement qu’enceseul instant? Car lors que les Planèteschangent de position, il est certain que selon les réglés jnémes de l’Astrologie, leuraspect change auflì, & de bon se fait souvent mauvais. Comment n’alterent-ellesdonc pas le sujet par ce second regard, Sc pourquoy une autre influence contraire àla premiere ne la corrigera-t-elle pas ? De mefme que les alimens nous transformantquasi, Sc nous rendent manifestement tout autres que nous n’estions, si nous en pre-nons de differente nature aux ordinaires ; il semble qu’une cause si absolue, Sc siagissante qu'est le Ciel dans la Judiciaire, devroit avoir encore plus d’effét íur nous,quand il change ses influences par d’autres aspects, Sc par de difíerentes radiations,pour user des propres termes de la science. Les faiseurs de Genethliaques de laChine pourtant, comme auflì de nostre Europe , ne se fondent que fur le theme dela nativité, Sc ils veulent fans raison que tout le cours de la vie dépende de ce pre-mier moment.
. Mais quelle raison peut-on attendre des Chinois qui disent qu’il faut eviter quand Ridiculeson bastit le quatrième degré du Scorpion , d’autant que la maison qui se feroit alorsseroit sujette à se remplir de dragons, de scorpions, Sc d’insectes ; Qifon doit bien chinois.prendre garde de quel costé on érigé les portes, Sc les fenestres des maisons quonveut bastir, Sc en quelle maison de la Lune , qui disent en avoir vingt-huit z Que seaude pluye n’y doit estre conduite que par le costé gauche; Que le Cuivre ne doit estremanié lors que la Lune est dans le signe de la Balance : qu’on se doit bien garder deprendre Medecine lors que la Lune est dans le signe du Taureau , parce que cét ani-mal estant l’un de ceux qni ruminent, il est cause que la medecine remonte del’estomac en haut, Sc qu’on la rejette: Que ceux qui naissent sous le Capricorneayant la Couronne à l'Orient, sont prédestinés à estre Empereurs ou Grands Prin-ces. Qu 'Jquarius (disent d’autres) fait des Pescheurs, Orion des Chasseurs, laLyre d 'Orphée des Musiciens ,& mille autres telles refveries que je serois hon-teux de rapporter. En vérité il n’y. a pas un grain de bon sens en tout cela j nile moindre fondement raisonnable. Pourquoy est-ce, je vous prie, que Jupiter ScVenus seront bien-faifans, Saturne Sc Mars nuisibles, Sc Mercure de nature commu-ne , s’accommodant à Ihumeur de ceux avec qui il sc trouve ; de sorte qu’il fera dubien estant avec les bons, Sc du mal au contraire en la compagnie des mal-faifans >
Sur quel prétexté ces Meilleurs attribueront-ils à chaque Planète une ou deux mai*
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